OBSERVATION VIII
Van Hassel Kyste ovarique droit rétropéritoneal.
Jeune femme de 30 ans, chez laquelle on avait diagnostiqué un phlegmon refroidi du paroméëtre. On lui avait fait déjà une incision du cul-desac vaginal droit sans pouvoir l’atteindre. Une autre confrère avait diagnostiqué une salpyngite adh ‘rente.
Après laparotomie et incision du ligament large, l’énucléation fut aisée ; les kystes se trouvent d’ailleurs habituellement dans une atmosphère de tissu cellulaire lâche. Quelques vaisseaux les relient aux par-
ties voisines.
OBSERVATION IX (Van Hassel) Kyste ovarique rétropéritonéal
La malade a passé par les mêmes péripéties de diagnostic que les précédentes. Quand une femme a eu des suites de couches fébriles, pendant assez longtemps, on peut songer à l’évolution d’une paramétrite suppurée à noyau latéral. C’est Ce qui trompa le confrère qui me fit appeler. Mais pour des doigts habitués, il y a là un toucher différentiel qui trompe rarement.
Bref après ouverture du ventre, mon diagnostic de kyste du ligament large fut confirmé et l’opération fut rapide. Ici, j'eus assez de vaisseaux qui se déchirérent à l’intérieur de la poche, de petits vaisseaux que je n’eus point à lier. Un bourrage temporaire à la gaze suffit pour arrêter tout écoulement.
Le clivage du kyste avait été facile également dans cette intervention
qui fut suivie de succès.
OBSERVATION X (Bassini)
Résumée par Liebmann de Triest, in Centralblatt für gynæcologie, 1889, N° 36, loc. cit.. 640,
La circonférence du ventre de la malade, âgée de trente-sept ans, mesure quatre-vingt centimètres. La tumeur fluctuante était déjà apparue depuis trois ans et grossit d’une façon ininterrompue. Parla ponction d’épreuve il fut évacué un liquide brun verdâtre contenant une forte proportion d'albumine. Par la laparotomie on trouva les ovaires et l'utérus normaux. La tumeur fut décortiquée du mésocôlon sans ponction (poids total 1.103 gr.). Elle remontait en haut jusqu’au rein gauche qui apparut sain à la palpation. À côté de nombreux autres vaisseaux, l’artère mésentérique supérieure dut être liée pour la décortication. L'examen microscopique de la tumeur fit reconnaître tous les carac-
tères des kystes ovariques. Franche guérison,
Étiologie et Pathogénie
Tous les auteurs s'accordent sur la rareté des kystes de l'ovaire rétropéritonéaux. Le nombre d'observations existant dans la littérature médicale est restreint; nos recherches ne nous ont fait connaître que les dix que nous citons.
C’est surtout à l’âge moyen de la vie qu’on observe l’affection, entre 35 et 45 ans. Quelquefois les malades ont déjà terminé leur vie génitale. L’opérée de M. Heurtaux n’avait que 25 ans.
Laroche étudiant la genèse de l'inclusion des kystes ovariques, rapporte les considérations de Vautrin sur le même sujet et admet des causes prédisposantes de deux ordres:
1e d'ordre pathologique: congestion de l'appareil utéroovarien, déplacements de lovaire, processus inflammatoire ;
20 d'ordre anatomique: dissociation de l'ovaire, disposition anormale des couches qui le constituent, ovaires surnuméraires, anomalies de situation de la glande génitale, absence ou étalement du mésovarium.
En reprenant nos observations nous trouvons que dans: — La première, la malade a eu une fausse-couche à 37 ans;
depuis cette époque elle a toujours eu des crises douloureuses dans le bas ventre.
— La deuxième, la malade a à 33 ans une crise de douleurs
violentes siégeant dans le bas ventre, des vomissements et de PR
la fièvre; une deuxième crise analogue se renouvelle à quelques mois d'intervalle et jusqu’à 46 ans, elle souffre à droite dans la fosse iliaque; les règles sont abondantes, prolongées, douloureuses.
— La sixième, la malade souffre depuis la ménaupose survenue à 49 ans. Elle en a 54, lors de l'opération; la tumeur n’est manifestement apparue que vers 52 ans.
— Quoique très résumées, les observations VIII et IX, nous montrent des phénomènes inflammatoires précédant l’affection, phénomènes si accentués qu'ils sont la cause d’erreurs de diagnostic.
Par contre, dans l'observation III, la malade ne s’aperçoit que par hasard qu’elle est porteuse d’une tumeur au bas ventre; cette tumeur est du volume d’une orange; pas d’antécédents pathologiques du côté des organes sexuels.
La malade de MM. Bérard et Patel entre à l'hôpital pour une tumeur abdominale apparue depuis longtemps et que ne devança point un état congestif ou inflammatoire de l’appareil génital.
Dans l'observation IV, la malade a remarqué une augmentation progressive du ventre survenue sans aucune cause apparente, sans altération de la santé générale.
Ayant passé l’âge de la ménopause, nous n'avons à citer que les malades des observations V, VI, VIT.
Les causes prédisposantes d'ordre pathologique décrites par M. Laroche peuvent donc précéder l'apparition des kystes de l’ovaire rétropéritonéaux. Mais comme nous ne les retrouvons pas d’une manière suivie dans l'histoire des malades de nos observations, leur rôle ne devient plus probant et n’est en tout cas pas toujours nécessaire. Comment agiraient ces causes? Les exsudats fribrineux, les membranes inflammatoires, les adhérerces s’opposeraient à l’épanouissement intrapéritonéal des kystes qui chercheraïient une voie dans le ligament large; telle est l'opinion de M. Laroche. Ne pourrait-on admettre que les résultats seraient identiques, si le rôle des processus congestifs ou inflam-