‹ Contribution à l'étude des kystes dermoïdes de l'ovaire dans leurs rapports avec la Grossesse en particulier de leur complication d'ordre supratifChapitre 12 sur 25 · ETUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE CLINIQUE

Dans l’ensemble un fait constant mérite d’être signalé : l’histoire clinique commence avec la suppuration. Mais aucune symptomatologie précise ne peut être dégagée

de l'étude de nos observations.

Schématiquement :

1° Tantôt les accidents aigus ouvrent la scène peu de temps après l’accouchement et se localisent au petit bassin. Ce sont des poussées de pelvi-péritonite avec douleurs vives, fièvre élevée et signes péritonéaux. Ce tableau alarmant diffère quelsalpingite aiguë (obs. I). Le repos, la glace et la vaccination obtiennent rarement un refroidissement complet. En dépit de ce traitement, la température persiste plus ou moins élevée, les douleurs incomplètement calmées.

L’examen fait percevoir alors dans le pelvis ou dans la partie inférieure de l'abdomen une masse plus ou moins volumi-

neuse, indépendante de l'utérus. EIlé est rénitente et offre au

doigt une certaine sensibilité. Elle n’est pas mobilisable, maintenue par les adhérences contractées avec les organes voisins. Une telle masse, à chaque nouvelle poussée s’accroît et peut même remonter plus haut dans l’abdomen ; ascension paradoxale du foyer de suppuration (obs. I) pouvant faire eroire à une résorption spontanée. } 2° Tantôt la maladie entre en scène par de véritables signes de péritonite aiguë généralisée avec sa symptomatologie classique :

signes péritonéaux, contracture de la paroi réalisant le véri-

table ventre de bois (obs. IT).

douleur violente, transfixiante au creux épigastrique,

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Il s’agit cliniquement d’une péritonite septique. Le toucher: :

montre un empâtement douloureux, des culs-de-sac. Parfois la masse kystique bombe dans le Douglas et se laisse facilement délimiter.

3° Tantôt enfin l’anamnèse de la maladie montre l’existence d’un long intervalle libre où le début de la suppuration se remarque par son extrême insidiosité.

Il y a très peu de douleurs; l’amaigrissement et l’intoxication d'une suppuration chronique peuvent manquer. La fièvre ne donne lieu qu’à une petite élévation vespérale, aux environs de 38°, qui peut passer inaperçue si la courbe n’est pas établie régulièrement.

La notion de tumeur est des plus imprécises, surtout si sa présence n’est pas reconnue antérieurement.

En présence de tels troubles, le diagnostic n’est pas facile, si le kyste est méconnu, et si aux accidents aigus du début s'ajoutent des signes pulmonaires ou des signes digestifs (obs. I). î

Les accidents de pelvi-péritonite se reconnaissent facilement, mais l’on ne songe pas au kyste infecté. Deux erreurs sont possibles : la première consiste à croire à une salpingite aiguë; elle est de peu d’importance pratique. La seconde se produit dans le cas fréquent où le kyste s’infecte à la suite d’un accouchement. On attribue la fièvre à l’une des variétés habituelles, endo ou péri-utérines, de l’infection puerpérale et l'on reste dans l’expectative alors qu’une intervention est nécessaire.

Parfois l’altération notable de l’état général et les signes pulmonaires (obs. I) prenant le pas sur les données imprécises du toucher vaginal, font pencher le diagnostic vers la possibilité d’une bacillose évolutive ou d’une typho-bacillose. Ici encore l'intervention n’est pas envisagée.

Les signes de péritonite septique, par la soudaineté de çon apparition forcent souvent la main du gynécologue (obs. II). Mais à l'ouverture du péritoine le diagnostic reste encore hésitant, On se contente de drainer, remettant à une date ultérieure l’ablation du foyer de suppuration.

Enfin l'extrême insidiosité du Kyste Dermoïde suppuré

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16 amène 1 Dalle à se faire examiner tardivement. La tumeur pelvienne est connue, mais le diagnostic de fibrome pédiculé, __ de torsion kystique semble emporter la faveur du médecin. * Le kyste infecté continue son évolution naturelle, se fistulise dans le vagin ou dans le rectum, donnant issue à des éléments ectodermiques qui viennent éclairer le diagnostic.

On peut admettre que le Kyste Dermoïde infecté, non dia- gnostiqué et abandonné à lui-même, finit comme un abcès chaud par se faire jour à l’extérieur. \

L'ouverture dans la cavité péritonéale à la faveur d’un traumatisme ou d’une chute (cas de BouiLzy et BURGER) n’est pas

exceptionnelle. On assistera à une péritonite mortelle si l’on

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n'intervient pas.

L'ouverture dans le vagin (obs. V) ou dans le rectum, sem-

ble fréquente; ces deux organes en effet ont à souffrir, au

même titre que le Kyste Dermoïde prœvia, de la descente et de l’expulsion du fœtus.

La fistule ainsi créée naturellement draine le foyer de sup-

Rcel puration à la façon d’une colpotomie; mais ce drainage est

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toujours. insuffisant et on ne saurait y voir un mode Dons Hle

__ de guérison (obs. IV).

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Le pronostic du Kyste Dermoïde suppuré au moment de la gestation, outre la notion du terrain et #0 germe, est fonction a la précocité du diagnostic.

Une opération faite en temps opportun fera éviter à la ma- Lee les inconvénients d’une longue suppuration et ses conséquences (obs. IV et I).

Cette crainte légitime, doit inviter le gynécologue à prati. quer l'ovariotomie systématique de tout Kyste Dermoïde ova-

rien reconnu au cours de la gestation. Ainsi seront évitées Îles nombreuses et néfastes complications que ce kyste est suscep-

tible Dchrendrer et la suppuration en est une, redoutable.

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