OBSERVATION I
(Kysta dermoide méconnu ne compliquant pas l'accouchement, . mais donnant lieu dans le post-partum à une suppuration. Diagnostic longtemps hésitant ne devenant certain que par lexpulsion d’une mèche de cheveux, par l’orifice de colpotomie.) ! Suzanne Aiïigron, 16 ans, primipare, entre le 14 avril 31 à la Matermité de l'Hôtel-Dieu d'Angers, pour début de travail.
Rien de particulier dans ses antécédents: une mère à l'asile d'aliénés de Sainte-Gemmes-sur-Loire ; une sœur arriérée, employée dans une ferme de l'Hôtel-Dieu ; elle-même a toujours été bien portante. Absence totale, semble-t-il, de tuberculose dans ces antécédents.
Présentation du sommet. — Le 15 avril 1931, accouchèément rapide et sans douleurs. Suites de couches marquées par une certaine irré-
Neo Sites de température le 4 et le 7 jour après l'accouchement. 12° jour (27 avril 31) lymphangite du sein, avec 38°. Le 13° jour passe à l'ouvroir (maison de convalescence) où elle reste 9 jours.
Histoire de Maladie, — Le 6 mai 1931, ls malade revient à la
Maternité. Elle reconte que depuis le 5 mai, elle souffre d’une douleur dans le bas-ventre avec vomissements et diarrhée dans la nuit. Temp. à 39°. ; L'examen fait alors montre des douleurs imprécises. Au toucher vaginal, dans le Douglas, une masse indépendante de l'utérus, un peu douloureuse. L’auscultation de l'appareil pulmonaire, râles de bronchite et râles sous-crépitants. |
Dans les jours qui suivent, continuation des symptômes abdominaux et des symptômes pulmonaires. La température descend vers le 3 jour et semble revenir à la normale. L'état général s'améliore.
Cependant le 16 mai la température s'élève à nouveau et oscille
entre 38° et 39°. La masse persiste toujours et tend à bomiber dans le Douglais ; elle envahit, le 26 mai 31, le cul-de-sac droit et la partie antérieure; elle est plus douloureuse. La toux continue, les râles
sont encore entendus en avant et à droite.
4 En juin 31, l'état reste le même; mais paraît toujours grave avec état général médiocre, la malade vomissant toujours par moments.
ÆEn juillet 31, les oscillations thermiques diminuent d'amplitude ; la malade ne vomit plus. Elle prend du poids et la masse diminue. Elle commence à se lever à la date du 26 juillet. On ne sent plus de masse dans le cul-de-sac, l'utérus qui est délimité a un col déjeté à gauche ; il paraît poussé sur son bord droit. É
Pendant toute la période de maladie, les vomissements ont paru intermittents, les selles ont été obtenues facilement, la quantité d’urines avec des variations est restée satisfaisante. C'est la toux qui a dominé la scène. à
L'enfant qu’elle avait commencé à nourrir, avait été mis à l’allaitement artificiel et placé. Après cette période, vers la mi-août, elle va à l’ « Ouvrir » avec son enfant.
Elle revient le 3 janvier 1932 à la Maternité, en raison de l’apparition de crises douloureuses persistantes, sans coliques véritables, ni irradiations, s'accompagnant d'oscillations thermiques importantes : 37°, 39°, 38°5, 38° et 40°. j
A l'examen on trouve : une certaine défense de la paroi, dans le cul-de-sac droit une masse saillante douloureuse indépendante de l'utérus. Une complication annexielle paraît probable ; repos, glace sur le ventre.
Les crises s’espacent. Les vomissements diminuent ; une douleur persiste à droite avec contnuation des oscillations thermiques et ältération de l'état général. Le diagnostic de suppuration apparaît évident, sans qu'il soit possible de déterminer la cause : on pense toujours à une lésion bacillaire. à
Une ponction amène un pus verdâtre très lié qui est envoyé au laboratoire. Après, deux jours d’accalmie ont fait une colpotomie donnant issu à idu pus. Il s’est constitué par la suite une fistule, dans laquelle quelques temps après praraît s'engager une masse, qui expulsée se montre formée d’une mèche de cheveux.
Le diagnostic de Kyste Dermoïde étant devenu évident on pratique une laparotomie, dès que les phénomènes purulents sont amendés et l’état général, vraiment très médiocre, redevenu à peu près satisfaisant.
La masse aldhérente est détachée non sans peine, &vec une rupture d’une partie contenant un liquide sanglant noirâtre et odorant. L'’ablation du kyste parachevée on est en présence de dents implantées sur un morceau de maxillaire, Un Mikulicz est mis en place et enlevé au bout de quelques jours. L'état apparaît satisfcisant.
Le pus s'écoule par la plaie et par le vagin.
Trois semaines après l'opération, la malade, dont la plaie est comiplètement cicatrisée, commence à se lever et continue à aller très bien.