OBSERVATIONS
Ces D observations, dont 4 sont inédites, proviennent du Service
de notre maître le professeur Rocher.
Observation I (inédite).
Fraclure pathologique de lhumérus gauche au niveau d'un grand kyste osseux sstilaire, à l'union du tiers supérieur et du licrs moyen.
—— Evidement. Grefie osseuse. Guérison.
Résumé :
1925 : 5 décembre : Accident.
7 décembre : Radiographie (n° 1).
11 décembre : Intervention : Anesthésie générale, Prélèvement d’un greffon tibial. Mise en place du greffon dans la cavité médullaire.
14 décembre : Appareil plâtré Ehoraco-antibrachial.
1926 : 21 janvier : Radiographie (n° 2).
11 février : Radiographie (n°3).
13 février : Exéat. Guérison.
Pierre 0 incenmols,
Le 5 décembre 1925, ce Jeune garçon, âgé donc de 1? ans, se présente à Phôpital, porteur d’une fracture de l’humérus gauche à l'union du tiers supérieur eb du Liers moyen, sans gros déplacement, L'accident date d'une heure environ : l'enfant s'amusant avec un camarade est tombé et dans cette chute son bras s’est fracturé. Le choc d'après les dires du malade n'a pas élé très violent et il est lui-même
élonné que son bras se soil cassé dans de telles circonstances.
L'examen, au moment de l’arrivée, montre une mobilité anormale considérable, et on est aussitôt frappé par le peu de douleur résultant de la mobilisation du foyer de fracture, et par la crépitation spéciale dont ïl est le siège : cette crépitation n’est pas une crépitation osseuse fine, mais on à plutôt l’impression de friction cartilagineuse. L'enfant prétend n’avoir jamais souffert de son bras. Aucun traumatisme n’est relevé dans les antécédents du blessé, aucune poussée fébrile, Rien aux viscères. Le foie n’est pas gros.
On ne relève aucune trace d’échinococcose, pas d’adénopathie dans aucun territoire ganglionnaire,
L'enfant est immobilisé dans une écharpe de Mayor.
Le 7 décembre : Radiographie (n° 1).
On constate la présence d’un kyste de l’humérus, volumineux, à la partie moyenne duquel le trait de fracture divise la diaphyse humérale. Toute l'extrémité supérieure de l’humérus est augmentée de volume. La cavité kystique du volume d’un œuf de poule, occupe la partie inférieure de la région renflée, et se trouve séparée du cartilage de conjugaison par 4 cm. de tissu osseux hypertrophié. La cavité est régulière, la corticale qui la borde est mince, l'os paraît soufflé; dans l’intérieur de cette cavité on remarque des trainées blanchâtres, des irrégularités dans la teinte, qui permettent de penser que le contenu ou la paroi de cette cavité kyÿstique ne sont pas dans tous les points égaux à eux-mêmes.
On pratique une radiographie de tout le squelette. Nulle part ailleurs, on ne trouve de lésion semblable.
Il s’agit d’un grand kyste solitaire de l’humérus.
Six jours après l'accident, aucune ecchymose n’est apparue, et le foyer de fracture est aussi peu douloureux qu’au début.
La réaction de Bordel-Wassermann esl négalive.
Le 11 décembre 1995 : Intervention (PT Rocher).
Sous-anesthésie au chlorure d’éthyle, éther, incision sur le bord externe du biceps, se continuant à l’union de la partie moyenne et antérieure du deltoïde. Mise à jour du foyer de fracture. On trouve de petites esquilles osseuses détachées. On évide, après extériorisation du fragment diaphysaire inférieur, la cavité osseuse, qui con-
Le Corroller.
tient une moelle sanglante, ressemblant à du tissu splénique. A la face supérieure, mêmes constatations.
L’os est réduit à une coque très mince, il est soufflé, son volume est plus que doublé; la corticale osseuse à à peine 1 mm.
On prend un greffon sur le tibia. Au moyen de la scie, on sectionne ce greffon en deux parties, on en enfonce un segment dans le bout diaphysaire supérieur en travers de orifice qui va former le plafond de cette coque osseuse. Avec le marteau, on fixe solidement ce bout de greffon et on enfonce le deuxième greffon par son extrémité la plus fine dans la cavité médullaire du bout diaphysaire inférieur. Au moyen d’une section sur la face interne du bout diaphysaire inférieur on peut faire rentrer le greffon supérieur dans la cavité médullaire et on suture, par-dessus, le surtout fibro-périostique et les muscles. Le bras est immobilisé le long du corps.
À l’examen anatomopathologique d’un fragment prélevé au niveau de la cavité kystique, on note :
Hyperplasie manifeste du tissu fibreux, qui étouffe les cellules graisseuses et dans les mailles duquel on ne voit pas de cellules de la série myéloïde. Par places, ce tissu fibreux est assez compact, et forme un réseau à mailles serrées. Le plus souvent, les mailles qu’il circonscrit sont assez larges et sont encombrées par des débris nucléaires pycnotiques et par des hématies. Ce Lissu peu vasculaire est cependant le siège d’hémorragies volumineuses et, semble-t-il, plus ou moins anciennes. On rencontre pas mal de pigments d’origine hématique.
En certains points, l’ensemble du tissu fibreux et des débris cellulaires qu’il contient semble frappé de nécrose et prend mal les colorants. Cest surtout au pourtour des îlots hémorragiques que ces phénomènes de nécrobiose se manifestent.
Dans une partie de la préparation, on voit des fragments de tissu osseux très morcelés, très découpés, entourés d’une bordure de cellules ostéoclastes qui les modèlent et, vraisemblablement, les résorbent.
Le 14 décembre 1935 : On applique un appareil thoraco-antibra- -chial.
Le 21 janvier : Radiographie (n° 2). On voit nettement le cal et les greffons, dont les contours s’estompent cependant.
La limite supérieure du kyste est encore très nette, au contraire, on ne voit plus la limite inférieure,
Le 11 février 1926 : Radiographie (n° 3). Les greffons encore visibles prennent un aspect nettement trabéculaire.
Les zones claires représentant ce qui reste de la cavité ont beaucoup diminué d’étendue. L’os tend à se reconstruire dans sa forme normale.
Le 13 février 1926 : Exéat. Guéri.
Malgré nos recherches, nous n’avons pu retrouver le malade,
Observation II (inédile).
Kysle de l'extrémité inférieure du fémur droit. Fracture pathologique. — Evidemment. Greffe osseuse. Guérison.
Résumé :
1936 : 7 novembre : Accident, extension continue. Radiographie (n°81);
26 novembre : Intervention : Rachianesthésie, Evidement. Greffe.
D décembre : Appareil plâtré.
1937 : 20 janvier : Ablation du plâtre. Radiographie (n° 2).
30 janvier : Exéat. Guérison.
16 mars : Vient à la consultation. Marche.
1938 : 21 septembre : Convocation. Radiographie (n° 3).
Roger F..., né le 4 juillet 1927.
Le 7 novembre 1936, cet enfant de 9 ans entre à l’hôpital, pour une fracture de l'extrémité inférieure du fémur droit.
Dans les antécédents : Père et mère bien portants, cependant la mère aurait fait une fausse couche.
Enfant unique, né à terme, nourri au sein, marche à un an, dentition normale.
Depuis 15 jours, l'enfant souffrait au niveau de l'extrémité inférieure droite du fémur d’une façon sourde, très localisée, la douleur augmentait à la marche, mais sans aucune répereussion sur l'état général, ni signe d’inflammation locale.
Le 7 novembre 1936, en jouant dans la cour de l’école, avant de rentrer en classe, l'enfant glisse sur le gravier et tombe. La chule a élé très banale et il précise n’avoir rien heurté. Seulement en tombant il a ressenti un craquement bref de fracture sans grosse douleur concomitante.
A terre, il constate immédiatement une ecchymose et, à ce moment-là seulement, il commence à souffrir. Aucun choc, ni perte de connaissance, Aucune lésion cutanée. Après un massage sur place, on fait venir le docteur qui conseille l’hospitalisation.
Examen du 7 novembre 1936 : Tous les signes classiques de fracture, À l'inspection, déformation, ecchymose discrète, Palpation : douleur exquise au point fracturé, crépitation, mobilité anormale. A la mensuration : raccourcissement léger du membre inférieur droit.
Le 7 novembre 1936 : Radiographie (n° 1).
Montre une fracture de l’extrémité inférieure du fémur avec image claire à contours très réguliers, transversalement rectiligne vers le bas, avec une zone de condensation osseuse, ogival, au contraire, vers la diaphyse.
Il s’agit d’un kyste du fémur auquel la fracture ne serait que consécutive.
On pose une extension à la Tillaux de 4 ker.
Le 14 novembre 1936 : Calcémie — 112 mmgr.
Le 24 novembre 1936 : Une radiographie est faite, montrant la formation du cal, mais avec un déplacement assez marqué, dans le sens antéropostérieur.
Etant donné ce que l’on sait des fractures itératives, au niveau des kystes osseux, l’on décide alors, malgré le début de consolidation, d'intervenir.
Le 26 novembre 1936 : PT Rocher, Ch. Rocher (opérateurs).
Rachianesthésie syncaïne, 7 etgr. (excellente).
Incision latérale externe, entre le vaste externe et le droit antérieur, incision du crural, l’on tombe sur le cal que l’on respecte, A la scie électrique, on détache sur la partie antérieure une languette osseuse qui ouvre la cavité kystique que l’on curette et dans laquelle on introduit deux greffons rigides (de la crête tibiale du côté opposé).
On replace le volet détaché. Suture au catgut, petit drain, immobilisation par attelles.
Une radiographie de contrôle immédiat, montre la fracture bien réduite et les greffons en place.
Examen anatomopathologique (P' agrégé De Grailly).
On trouve dans cette préparation :
19 Quelques travées osseuses et un tissu d’aspect fibroïde. En un point, zone hémorragique.
29 Présence d’un tissu fibreux dense avec quelques rares cellules géantes du type myéloplaxes.
Le 5 décembre 1936 : Excellent état de la plaie.
Appareil plâtré immobilisant la cuisse remontant jusqu’à l’aine et descendant au-dessous du genou. À la jambe gauche, cicatrice parfaite, les crins sont enlevés.
Le 20 janvier 1937 : Ablation du plâtre et mobilisation du genou. Air chaud.
On note un léger raccourcissement du membre 1 em. 5, et une atrophie notable du quadriceps; la flexion du genou = 200.
Radiographie (n° 2?) montre un cal bien visible, une cavité en voie de disparition par incorporation progressive des greffons au tissu osseux.
Le 30 janvier : Exéat. Guérison.
Le 16 mars 1937 : L'enfant marche depuis 10 jours. Excellent état, genou souple, flexion = 1100.
21 septembre 1938 : Le malade est convoqué et se présente à la consultation en parfait état physique. Il n’existe plus aucun trouble fonctionnel du membre.
La radiographie (n° 3) montre une reconstitution osseuse que l’on
peut qualifier de parfaite.
Observation II (inédile)
Kyste de l'humérus gauche. Fraclures pathologiques récidivantes.
__ Evidement. Grefjes osseuses. Guérison.
Résumé :
1933 : Première fracture.
1937 : 1er avril : Accident. Radiographie (n° 1).
16 avril : Hospitalisation.
93 avril : Intervention. Anesthésie générale, Evidement. Greîfes. 29 avril : Appareil plâtré.
29 juin : Ablation de l'appareil plâtré. Radiographie (n° 2).
15 décembre : Radiographie (n° 3) : Bon état.
1938 : 21 septembre : Convocation.
Jean R..., né le 28 août 1921.
Le 16 avril 1937 : Ce garçon de 15 ans est mené dans le service pour une fracture de l’humérus gauche.
Cette fracture date déjà de 15 jours et s’est produite alors que l'enfant se suspendait simplement à une échelle. Le médecin, frappé de cette circonstance éliologique et aussi de la luméfaclion de los avait fait faire une radiographie (n° 1) montrant un volumineux kyste de la métaphyse humérale supérieure.
Du reste, cet accident avait été précédé de plusieurs circonstances analogues depuis 3 ans environ.
En 1933, en effet, en lançant des pierres, l’enfant sentit à ce niveau un craquement qui fut suivi d’une impotence fonctionnelle de quelques jours.
Depuis, le même fail se reproduisit à 4 ou D reprises.
En dehors des accidents et des brèves périodes d’impotence fonctionnelle qui les suivaient, l’enfant ne souffrait pas. Rien de particulier à signaler dans les antécédents.
L'examen montre au niveau de l’extrémité supérieure de l’humérus une masse du volume d’une orange dure, mamelonnée, non douloureuse.
Pas de mobilité anormale : la fracture esl donc déjà consolidée après 15 jours.
La calcémie — 100 mmgr. pour 0 /00.
La réaction de Bordet-Wassermann est négalive.
L'examen radioscopique et clinique ne décèle pas d’autres kystes sur le squelette.
Le 23 avril 1937 : Intervention (PT Rocher).
Anesthésie générale à l’éther. Incision dans le sillon deltopectoral. On tombe sur la tumeur. On sectionne une calotte d’os et l’on voit la cavité qui contient une substance rouge, friable, vascularisée,