EVOLUTION
On a décrit une dégénérescence maligne du kyste essentiel des os. Dans ce cas, il semble plutôt que l’on se trouve en présence d’une tumeur différente, n'ayant pas les caractères typiques du kyste osseux, qui, lui, n’a aucune tendance à la malignité.
Le kyste essentiel des os évolue d’une facon bénigne, sa guérison spontanée est rare, le raccourcissement lent et progressif de l’os est de règle, avec menace de fracture pathologique et de consolidation vicieuse. Seule l’opération arrête le processus.
Avec Duchamp qui a étudié cette évolution dans un nombre appréciable de cas, on la considérera :
1° Dans les kystes osseux non compliqués de fracture.
Les très rares observations où l’évolution se fait vers la œuérison sont sujettes à bien des réserves. Pour beaucoup d’entre elles, peut-on, au plus, parler de stabilisation.
Pour Le Gac, le caractère évolutif principal du kyste essentiel des os est « une longue période de latence avec, parfois, de petits signes révélateurs ». Ces signes légers passeront souvent inaperçus. Nous avons cependant déjà noté que les kystes du col fémoral qui ont souvent une symptomatologie articulaire, se révèleront ainsi plus tôt.
Dans les autres cas, le kyste évoluant déjà depuis longtemps prend un volume considérable, qui tend à diminuer la résistance osseuse. De là, si le diagnostic n’est pas posé et le traitement chirurgical institué, tôt ou tard, nous assisterons à une fracture pathologique à son niveau.
20 Kystes osseux compliqués de fracture.
La majeure partie des kystes arrivent à ce stade et sont alors diagnostiqués.
Il y a rarement pseudarthose, le processus de réparation de la fracture se fait dans un temps relativement court, 25 Jours en moyenne.
Dans l'observation n° ? : on voit le cal se former très rapidement en 17 Jours.
Dans l'observation n°3 : la fracture est consolidée au bout de 15 jours.
Des théories expliquant cette consolidation rapide, 1l nous semble que celle de Duchamp basée sur l’idée de Policard et Leriche : « Toute ossification pathologique suppose un phénomène de vaso-dilatation active, une raréfaction osseuse consécutive, une préparation des milieux conjonctifs voisins », est la plus admissible : ils pensent que la production de la fracture détermine dans le foyer un phénomène d’hyperémie et d’œdème, qui crée un tissu réceptif, pour le dépôt des sels de chaux libérés, par suite de la fracture.
Tout ceci semblerait nous amener à croire que la fracture serait un agent curatif du kyste osseux. Pour Duchamp, il n'en est rien et on lui attribuerait une importance exagérée.
En effet, le kyste persistant va tendre à s’accroitre et nous allons assister à des fractures récidivantes.
C'est ainsi que, dans l’observation (n° 3), le malade a fait à des intervalles de temps plus ou moins éloignés 4 ou 5 frac- Lures caractérisées par de l’impotence fonctionnelle du membre.
Seul le traitement chirurgical arrêtera cette évolution.
En résumé, l’évolution lente du kyste essentiel des os, qui se comporte comme une tumeur bénigne, est d’un pronostic favorable. Le résultat orthopédique des interventions donne généralement une guérison que l’on peut qualifier de complète.