OBSERVATION IX
(MM. COSTANTINI, CURTILLET et LIARAS)
Européen de 46 ans, hospitalisé pour être opéré de deux kystes calcifiés du foie dont l’existence a été révélée par la radiographie.
Ceux-ci semblent évoluer depuis au moins cinq ans, époque depuis laquelle le malade accuse une gène douloureuse de l’hypocondre droit accompagnée, au cours de la dernière année d'évolution, de deux crises de colique hépatique.
Le 15 janvier 1935, sous anesthésie locale, une incision thoracique postérieure verticale est tracée, permettant une résection segmentaire de la dixième côte, celle-ci ajoutée à une résection faite à Bône des onzième et douzième côtes, donne une large voie d'accès. En profondeur, à la partie supérieure de la brèche, le poumon est adhérent; à la partie inférieure apparaît le kyste qu’on ouvre largement. On évacue à la curette son contenu pâteux, grisâtre. La paroi kystique indurée et calcifiée en damier est inextirpable. On se borne à une marsupialisation.
Dans les suites opératoires, doit être notée, d’abord, une abondante cholerragie par la brêche de marsupialisation.
Vers le douzième jour après l'opération, la membrane kystique commence à se ratatiner et à se libérer du parenchyme hépatique. Cet isolement est réalisé complètement
au dix-huitième jour, date à laquelle Ia membrane est très simplement extraite avec une pince.
Deux mois après l’opération, l’état de la plaie est très satisfaisant, la cholerragie a bien diminué; on intervient sur le kyste antérieur.
Sous anesthésie générale et par ineision sous-chondrale, on découvre la saillie du deuxième kyste en dehors de fa vésicule biliaire. Une ponelion ne permet pas d’aspirer son contenu pâleux qu'on évacue par incision large. Devant l'impossibilité d’extirpation de la membrane mère, on marsupialise Ia poche.
Les suites opératoires sont excellentes. Pas de cholerragie. Aux qualorzième, quinzième, seizième jours, on extirpe à la pince de petits fragments de membrane mère qui vient très facilement intacte au dix-neuvième jour,