OBSERVATION XXII
(MM. Marcel LABBÉ, LOMoON et SÉLIGMAN, résumé)
T..., 72 ans, jardinier, entre à la Pitié le 1 octobre 1927. Ce malade souffre dans le côté droit au commencement des respirations profondes.
Le foie est gros, non plosé, de consistance ferme, à peine douloureux au palper; le bord inférieur déborde de 7 em. le rebord costal. On ne sent pas la vésicule.
La rate n’est pas hypertrophiée. Il n’y a pas d’ascite, pas de circulation collatérale exagérée.
La formule sanguine indique 76 % de leucocytes polynucléaires et 3 % de polynucléaires éosinophiles.
L'examen des urines ne décèle aucun trouble de la fonction biliaire; la fonction glyco-régulatrice est profondément altérée par l’existence d’un diabète et non d’un simple trouble du foie.
Le métabolisme azoté est nettement altéré. Le rapport azoturique est abaissé.
L'examen radioscopique montre une aorte élargie, C’est alors que la lésion hépatique est découverte par hasard au cours de la radioscopie.
La radioscopie, puis la radiographie, montrent une image arrondie du volume d’une grosse orange, occupant la partie supérieure du foie, mais séparée de la coupole diaphragmatique. Cette masse est un peu plus opaque que le foie. Ses contours sont très nettement limités par une coque épaisse de 2 à 3 millimètres et très opaques, indiquant une infiltration par des sels de chaux de la paroi du kyste,
En somme, chez un malade atteint de diabète léger, caractérisé par la glycosurie et la réaction d’hyperglycémie, on découvre, par hasard, au cours de la radioscopie, l’image d'une tumeur intra-hépatique, probablement d'un kyste hydatique calcifié.
Ce kyste est resté latent; il n’y a pas eu d’urticaire, il n°y a pas eu d’éosinophilie. Malheureusement, il n’a pas été possible d’avoir la réaction de fixation et la dermo-réaction hydatique.
OBSERVATION XXIII (Jbid.)
Un homme de 57 ans, souffre de dyspnée d'effort et de décubitus. Quelques troubles dyspeptiques, ballonnement post-prandial, éructations, sont signalés par le malade.
On pratique un examen radioscopique et on a la surprise de découvrir une anomalie du diaphragme. Des radiographies permirent de préciser les caractères de cette ombre. De la forme et du volume d’un citron, logée à la partie supérieure et externe du foie, elle soulève fortement le diaphragme et fait saillie dans le thorax. Vue de profil, elle émerge du versant postérieur de la coupole diaphragmatique. Sa densité est supérieure à celle du foie, mais laisse cependant voir au travers de son ombre, des détails du squelette. Une coque plus opaque et assez régulière l'enveloppe en entier.
IL s’agit, sans aucun doute, d’un kyste hydatique calcifié du foie.
ts