ROSE
figure un coup de fusil chargé de plombs. A la suite de cet accident, son œil gauche s’enflamma et se perdit en très peu de jours. L'œil droit restait sain, mais un plomb pénétra profondément dans le sourcil et ne put être extirpé. La paupière supérieure s’enfia, mais l'inflammation dura plusieurs jours sans d’autres conséquences. L’œil resta sain.
I1 y a six ans, l’œil droit commençait à faire saillie et à causer quelques douleurs, la tuméfaction diminuant en hiver et augmentant en été. Lorsque nous le voyons pour la première fois, nous constatons ce qui suit :
L'œil gauche est atrophié par suite du traumatisme ancien.” L''œil droit présente de l’exophtalmie. Les paupières sont normales, la conjonctive ne montre qu'une hyperhémie légère, l'œil fait une saillie légère, mais reste recouvert complètement par les paupières. L’œil est dirigé en bas et tous les milieux sont normaux, ainsi que le nerf optique.
La mobilité de l'œil est gênée, de même que le relèvement de la paupière supérieure. Nous avons cherché la cause de cette exophtalmie : le malade nous dit que deux médecins, qui l'ont examiné, ont diagnostiqué une maladie de Basedow. Pourtant en examinant le corps thyroïde, nous ne constatons aucune hypertrophie, ni aucun des autres symptômes de cette affection.
Pendant la palpation, au-dessous du rebord orbitaire -supérieur, nous sentons dans la profondeur de l'orbite, eñtre l'œil et la paroi osseuse, un corps dur qui nous fait conclure à la présence d’une tumeur. Je propose au malade de se laisser opérer, mais il n'y consent pas.
Deux semaines après, je revois le malade dans un état pitoyable, son œil complètement exorbité. Les paupières étaient contractées derrière l'œil, comme dans un paraphimosis. Je trouve un énorme chémosis de la conjonctive ; la cornée est trouble et montre une tuméfaction dans sa partie inférieure et de l'hypopyon. La vision est très diminuée.
Le malade nous raconte qu'on l'avait conduit chez un autre médecin qui lui fit une ponction exploratrice et un liquide limpide sortit. ;
Avec beaucoup de peine et après avoir fait plusieurs incisions de la conjonctive tuméfiée, je parviens à rapprocher les . paupières et à faire la blépharorrhaphie, afin de protéger la cornée contre le dessèchement. L’inflammation cornéenne s'amendait en peu de jours et l'æœdème de la conjonctive diminuaït, vingt jours après les paupières pouvaient complète-