PARUS USE
ment se fermer et le malade repartit chez lui. Je lui conseillai de revenir dans un mois se faire opérer.
Il ne reparut pas de tout l'hiver, mais en février 1912, je le revois dans un état pire que la fois précédente.
L'œil se projetait hors de l'orbite,-la conjonctive était extraordinairement chémotique, la cornée montrait une grosse tumeur dans sa partie inférieure et la moitié de la chambre antérieure était remplie de pus.
Le malade nous dit qu'il s’est bien porté pendant l'hiver, mais, il y à un mois, l'œil s'est mis à enfler de nouveau en même temps que des douleurs intolérables sont apparues. Dans l’angle externe de l'œil se montra une tumeur qui creva et un liquide limpide en sortit ; ensuite les douleurs cessèrent. |
Je le prends en traitement de nouveau et lui ordonne des cataplasmes chauds en même temps que des instillations d’atropine avec de la pommade à l’iodoforme. Son œil est maintenu fermé.
Opération le 26 août.
Je dus employer la même méthode que dans le cas précédent : incision de l'angle externe de l’œil, puis de la conjonctive le long du cul-de-sac supérieur ; au-dessous je trouve la tumeur. Quand je veux l’extraire, elle crève et un liquide brun-verdâtre en sort; j'agrandis l'ouverture pour laisser sortir tout le contenu du kyste. Celui-di était d’une consistance plutôt ferme et semblable à de la gélatine. La couleur en était brun-verdâtre. Je curette la poche.
Le kyste tenait toute la partie supérieure de l'orbite et s'étendait presque jusqu’au foramenopticum. Le périoste de la paroi orbitaire supérieure était complètement détruit et l'os dénudé, mais non perforé ; il n’y avait pas trace de paroi supérieure du kyste ; la cavité était profonde de 8 centimètres. Elle est bourrée de gaze au salol et on lave aseptiquement la plaie tous les jours.
Deux mois après l'opération, le malade était complètement guéri.
OBSERVATION VIII Kyste hydatique de l'orbite droite. — Incision
transconjonctivale. — Guérison.
(STaicovicr, Bulletin de la Société de Chirurgie de Bucarest, 1902.)
I1 s’agit d’une jeune femme âgée de 18 ans, entrée le 16 février, dans le service de M. le professeur Manolesco, pour
OR une très forte exophtalmie. Celle-ci était due à une tumeur qui siégeait dans le fond de l'orbite. Son évolution s’est effectuée d’une manière insidieuse, sans que la malade ait ressenti la moindre douleur ou la moindre gêne. Au bout de trois semaines, la protrusion du globe a acquis le degré représenté dans la photographie que je vous présente.
La fonction visuelle, parfaite jusqu'alors, s'est altérée petit à petit jusqu'au degré que je viens de vous décrire. Les mouvements du bulbe se limitaient à mesure que l’exophtalmie devenait plus accentuée.
Elle est entrée dans le service au vingt et unième jour après le début de la maladie. Les paupières repoussées en avant recouvraient incomplètement le globe oculaire, ainsi que Ja tumeur qui faisait saillie à son côté externe. En écartant les paupières, on constate l'énorme propulsion du bulbe — véritable luxation — et à la partie externe de celui-ci, une tumeur qui paraissait faire corps avec le bulbe et recouverte par la conjonctive, fortement hyperhémiée à ce niveau. Cette tumeur était régulière, non douloureuse et s'étendait derrière le bulbe dans le fond de l’orbite, chose aisée à constater grâce à l’'excphtalmie. la tumeur est rénitente, mais pendant l'examen nous n’avons jamais perçu le frémissement hydatique. Elle est immobile, ne présente ni battements, ni expansions, ni souffle et n’est point réductible.
Le tonus du globe oculaire ne présente aucune modification. La pupille est fortement dilatée. La papille du nerf optique est pâle et à contours indécis. Les artères papillaires sont sensiblement rétrécies, tandis que les veines sont par contre notablement dilatées, voire même animées de battements.
Il s’agit d’une atrophie papillaire qui explique la disparition complète de l’acuité visuelle. La malade n’a conservé qu’une légère perception lumineuse. Nous avons fait le diagnostic de kyste hydatique sans avoir eu recours à la ponction exploratrice. Comme traitement nous avons fait une simple incision sur le point le plus saillant de la tumeur, suivie de l’évacuation du contenu. Une tuméfaction œdémateuse a envahi la région oculaire et périorbitaire dans les premiers jours après l'intervention. Elle a disparu bientôt et les suites ont été normales. Le bulbe a regagné sa situation habituelle dans l'orbite ; les muscles ont repris leur fonction et le globe de l'œil se meut dans toutes les directions, sauf du côté externe où les mouvements sont plus limités.
Kyste hydatique de la glande lacrymale orbitaire gauche.
(FROMAGET, Gazette hebdom. des Sciences médicales de Bordeaux, 1901.)
Me V.., de Saint-Jean-d'Illac, âgée de 65 ans, se présente à ma consultation de la Policlinique le 5 mars 1901.
Depuis le mois de septembre 1900, son œil gauche devient de plus en plus saillant. Une diplopie gênante s'établit dès le début, sans aucune douleur et sans affaiblissement de la vision.
Depuis un mois, la paupière supérieure est complètement paralysée, l’exophtalmie a progressé et de violentes douleurs s’irradiant dans l'orbite, le front et la tempe, ont apparu. La vision, longtemps bonne, est totalement abolie depuis quinze jours.
La malade présente à son arrivée un ptosis total. Aucune contraction n’est capable de lui imprimer le moindre mouvement. Relevant la paupière, on trouve l’œil en exophtalmie presque totale. L'œil est repoussé en avant et en bas, la pupille gauche étant à 15 milimètres au-dessous de la pupille droite. Il existe un léger chémosis. La pupille est contractée, masquée par des troubles trophiques de la cornée.
L'examen ophtalmoscopique est impossible. La vision est abolie. L'œil est absolument immobile. Il existe une ophtalmoplégie totale.
L'œil est aplati d’arrière en avant par la tumeur et les tendons musculaires ; il est notablement renflé à l'équateur.
La cause de tous ces accidents n’est pas difficile à trouver. I1 existe à la partie supérieure de l'orbite une tumeur s’étendant du milieu de l’arcade à la commissure externe, faisantune saillie manifeste entre le globe et le rebord orbitaire. Elle siège dans la fossette lacrymale. La forme est régulière, arrondie. Elle est fluctuante et non réductible, ni pulsatile. Elle est un peu douloureuse à la pression.
Le plan présente une vascularisation marquée à son niveau. I1 n’y a pas de ganglion préauriculaire.
Devant la marche rapide de cette tumeur kystique, qui à déterminé si vite la perte de la vision et de la mobilité, nous conseillons à la malade une intervention immédiate.
PE
La malade est opérée le 6 mars. Après chloroformisation et asepsie de la région, le sourcil ayant été rasé avec soin, je fais dans son milieu une incision qui dépasse les limites de la tumeur. J’ouvre l'orbite largement à la partie médiane et externe et la tumeur apparaît fluctuante, un peu violacée.
La paroi est tellement mince et fragile qu’elle se déchire et laisse écouler un liquide sanguinolent. Je dissèque avec soin cette paroi qui s’est insinuée dans l’entonnoir musculaire et je vais plus profondément. Je vois alors qu’il existe encore une autre tumeur kystique qui se rompt laissant écouler un liquide clair comme de l’eau de roche ; je regarde immédiatement s’il ne s'échappe pas de vésicules. Je-dissèque avec soin la paroi conjonctive du kyste et je trouve enfin rompue une membrane blanchâtre, recroquevillée et striée, pouvant avoir avant sa rupture la grosseur d’une noisette.
J’excise avec soin toute la paroi et l'exploration montre que la glande orbitaire a totalement disparu. Je draïine, je fais une suture profonde au catgut et une suture superficielle au crin de Florence. :
Malgré le drainage, il y à un léger hématome de l'orbite qui guérit vite. Le septième jour, j'enlève les sutures. Réunion par première intention.
Je soumets la malade à un traitement électrique pour lutter contre ses multiples paralysies musculaires.
Le 27 avril 1901, elle est en excellent état. Le ptosis a tellement diminué que la malade découvre sans difficulté la totalité de sa cornée. L’exophtalmie a totalement disparu et les deux globes sont au même niveau.
Il existe encore un léger trouble de la cornée qui gêne l’exploration oculaire, mais il y à une grande amélioration. La sensibilité est partout conservée. Quant aux mouvements des muscles moteurs, ils sont tous revenus, sauf ceux du droit supérieur. Les douleurs ont absolument disparu et la cicatrice, masquée dans le sourcil dont les poils ont repoussé, est invisible.
L'examen histologique de la paroi a démontré que cette membrane très nettement foliée confirmait le diagnostic de kyste hydatique. \
Le kyste était biloculaire et nous n'avons trouvé d'hydatide que dans la deuxième poche. La première cavité renfermait
un liquide sanguinolent dû à une hémorragie assez abondante. |
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