‹ Contribution à l'étude des kystes hydatiques de l'orbiteChapitre 12 sur 28 · PARCS · texte numérisé non relu

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Kyste hydatique de l'orbite gauche. — Enucléation de l'œil. (STANCULEANU, Bulletin de la Soc. Anat. de Paris, 1900.)

Naille Pierre, berger, âgé de 37 ans, vient consulter aux Quinze-Vingt au mois d'avril 1900, pour une tumeur qui s’est développée à la partie supérieure de l’orbite gauche, progres-

sivement depuis un an et qui lui avait causé la perte de la vue.

Antécédents héréditaires et personnels. — Rien à signaler ; le malade ne relève aucune cause dans ses commémoratifs pour explique la genèse de son affection actuelle, il ne parle pas de traumatisme. Sa vue a diminué petit à petit jusqu'à la cécité complète de l'œil gauche, à aucun moment il n’a ressenti de douleurs.

Examen. — On constate à la vue l'existence d'un bombement de la paupière supérieure, surtout marquée à la partie interne ; coloration normale de Ia peau à ce niveau. A Ia palpation, on a la sensation d’une tumeur molle, se prolongeant dans l'orbite en profondeur et ne donnant pas de fluctuation. L'œil n’est pas déplacé par la tumeur.

A l'ophtalmoscope, on constate l’atrophie papillaire postnévritique avec veines tortueuses (stase).

Opération. — Le 4 mai 1900. — Incision transversale de la paupière supérieure : l'on entre ainsi dans l'orbite et l’on tombe immédiatement sur une tumeur molle, de la grandeur d’une noix, se prolongeant dans l'orbite, n'étant adhérente ni à l'os, ni au nerf optique, ni aux muscles. Cette tumeur envoyait un prolongement à la partie supérieure et externe de l'orbite.

La tumeur fut enlevée en totalité et on s’aperçut alors que la partie orbitaire supéro-interne était érodée. On enleva en même temps l'œil avec un bout de nerf optique.

Le malade guérit parfaitement et sortit des Quinze-Vingx ie 12 mai 1900.

Examen de la tumeur. — Tumeur kystique du volume d’une noix, forme ovoïde, poussant de petits prolongements kystiques. Une paroi de la tumeur est lisse et polie ; on ne remar-

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qua pas à l'opération la sortie d'un liquide quelconque. à l'ouverture de la tumeur.

Structure histologique. — La tumeur kystique examinée au microscope se montre constituée à l'extérieur par du tissu graisseux et conjonctif, non caractéristique et qui provenait vraisemblablement du tissu de l'orbite et à sa partie interne par une paroi présentant une disposition stratifiée, lamellaire ; à la partie la plus interne les lamelles sont beaucoup plus condensées, du moins par places.

Enfin, adhérent plus ou moins à ces lamelles, l’on trouve un certain nombre de scolex ayant pour la plupart la tête invaginée dans leur vésicule avec les crochets caractéristiques formant une double couronne ; on distingue enfin le pédicule qui soutient la tête avec les crochets et sur ses parties latérales deux ventouses ; enfin des granulations calcaires qui infiltrent les vésicules. On trouve aussi, mais moins nombreuses, des têtes non invaginées.

Quant à l'œil du malade, il présente partout un aspect normal, sauf dans la région papillaire où l’on constate une abondante prolifération conjonctive qui à étranglé et atrophié le tissu nerveux.

Kyste hydatique de l'orbite gauche. — Extirpation. (L. KENDIRDIY, Bulletin de la Société anatomique, 1899.)

Il s’agit d’une jeune femme de 21 ans. Réglée à 14 ans, elle s’est mariée à 19 ans. Aucun antécédent à noter ni personnel, ni héréditaire.

Lé 17 août dernier, étant au sixième mois de sa grossesse, elle à eu une peur violente, et le lendemain même son œil gauche devient subitement gros et douloureux. La douleur a débuté au niveau de l’angle interne de l'œil, pour de là s’irradier tout autour de l'orbite, dans la zone de l’ophtalmique.

A côté de cette douleur continue, il faut noter des maux de tête extrêmement violents s'étendant à toute la moitié gauche de la tête, et survenant à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, au point d'empêcher le malade de dormir.

En même temps, la vue de la malade s'est trouvée considérablement affaiblie ; elle pouvait à peine distinguer et compter ses doigts. Le 24 août, elle ne voyait plus de son œil.

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En décembre 1898, elle accoucha d’une fille bien portante aujourd’hui. Trois semaines après, elle se rend à la consultation du docteur Galezowsky, lequel prescrit des frictions mercurielles, de l’iodure de potassium associé au bromure, en même temps que des révulsifs consistant en ventouses sur le dos, quatre tous les deux jours, vésicatoires et sangsues sur la tempe et sur le front du côté malade. De plus, on a fait à la malade deux injections sous-cutanées de tannate de mercure, l’une à la joue et l'autre au poignet gauche. Ce traitement qui a duré jusqu'au 26 avril, semble avoir soulagé la malade dont les douleurs avaient diminué ; mais en ce qui concerne l’ophtalmie et la vision, le résultat était nul.

Le 26 avril 1899 — La malade vient consulter M. le professeur Panas, à l'Hôtel-Dieu. Le même traitement est prescrit, avec cette différence que l’iodure est administré sous la forme de lavements ; il est mieux toléré. Mais le résultat est toujours aussi précaire. Enfin, la malade entre le 26 mai dans le service de M. Lucas-Champonnière, à l'Hôtel-Dieu, salle Sainte-Marthe, n° 18.

Ce qui frappe en elle, tout d’abord, c'est une exopthalmie énorme de l'œil gauche. On aurait dit une luxation du globe oculaire. La conjonctive est enflammée, très congestionnée, et la cornée présente des lésions assez marquées qui expliquent l’affaiblissement et, depuis le 24 mai, l’abolition de la vision.

Il n'existe aucune déformation osseuse, pas plus du côté de l'orbite que du côté de la région temporale, qui’est rouge et légèrement œdématiée.

L'œil droit est normal.

On devine, en somme, une tumeur siégeant dans l'orbite et refoulant en avant le globe de l'œil, mais elle n’est nullement perceptible à la palpation.

A l'entrée de la malade dans le service, le diagnostic porté fut celui de sarcome.

C’est, en effet, le diagnostic le plus probable.

L'état général de la malade est excellent. L'examen des divers organes reste négatif.

L'intervention est décidée.

Opération le 12 juin 1899.

La malade étant endormie au chloroforme, les sourcils sont rasés et la région bien nettoyée.

M. Lucas-Champonnière trace, au niveau du rebord supérieur de l'orbite, une incision allant de la région temporals pour s'arrêter à l'angle interne de l'œil.

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La peau disséquée, il récline en bas le globe oculaire. Jusque-là, on n’aperçoit rien de la tumeur. Il décolle alors le périoste du rebord orbitaire et il en fait sauter 10 à 15 millimètres à°la gouge et au maillet. On voit alors apparaître une tumeur jaunâtre, lisse, tendue et rénitente. M. Championnière cherche à la disséquer et à la libérer. Mais, au cours des manœuvres, elle se rompt, et il s’en échappe une certaine quantité d’un liquide jaunâtre, semblable à du liquide d’hydrocèle en même temps qu'une membrane blanchâtre, hyaline qui nous met sur la voie du diagnostic.

Examen anatomique. — Le kyste une fois vidé est pincé, disséqué et enlevé. Il adhérait fortement au fond de l'orbite.

La plaie est ensuite suturée et pansée.

Les douleurs de la malade ont complètement disparu. Le globe oculaire a été remis en place. Nous ne pouvons encore prédire le résultat de l'opération au point de vue fonctionnel.

Examen des pièces. — La membrane blanchâtre examinée, présente la constitution habituelle des membranes hydatiques. Quant à la poche du kyste, elle est de nature fibroconjonctive. Voici ses dimensions : longueur, 3 cent. 05 ; hauteur 2 cent. 05, épaisseur de la paroi, 5 millim.

Kyste hydatique de l'orbite avec frémissement (WERNICKE, Centralbl. fur Prak. Augenheil. 1899).

Il s’agit d'une jeune fille de 22 ans, atteinte d'un kyste à échinocoque de l'orbite avec exophtalmie et amblyopie.

Chaque fois que la patiente ferme les paupières, elle entend un bruit de frémissement du côté droit, bruit distinct, mais éloigné, survenant brusquement et composé d’une série de vibrations se succédant rapidement. Les vibrations s’affaiblissent progressivement et s’éteignent en 5 à 8 secondes. La pression ou la percussion n’amène pas ce bruit. Si on ausculte pendant l’occlusion palpébrale on perçoit le frémissement comme une sorte de tonnerre éloigné, disparaissant plus vite pour le médecin que pour la malade. C'est la première fois que l'on signale ce frémissement dans le cas de kyste orbitaire à échinocoques.

Kyste hydatique de l'orbite. Extirpation (SCIMENI, Annali d'Ottalmologia di Pavia, 1899, p. 71)

Femme de 37 ans, dont le mari était chasseur et qui avait chez elle un grand nombre de chiens, Six mois auparavant la malade avait commencé à souffrir de maux de tête violents ; depuis trois mois la vue avait baissé et il y avait une légère exophtalmie. Tous ces phénomènes augmentaient progressivement, les douleurs étaient devenues tellement violentes qu'elles étaient intolérables et empêchaient la malade de dormir. La pauvre femme ne voyait plus de son œil malade. L'’exorbitisme était de un centimètre en avant, cinq millimètres en dehors et trois en bas. Les mouvements du globe oculaire, limités dans tous les sens, l'étaient surtout en dehors.

Au dessous du rebord supérieur et interne de l'orbite, on sentait une tumeur dure, lissée, élastique, mais sans fluctuation évidente et non réductible. Cette tumeur, collée contre le rebord osseux, paraissait être en continuation avec ce dernier, comme cela s’observe dans la dilatation des sinus ethmoïdaux. Mais la présence d’une névrite optique avec soulèvement de la papille, la constriction des artères, la dilatation variqueuse des veines firent soupçonner un kyste hydatique. |

Opération. — Après une injection sous-cutanée de cocaïne Scimeni fit une incision de un centimètre et demi de long du rebord orbitaire interne et mit à découvert un kyste d’où furent retirées quelques seringues de Pravaz d’un liquide clair comme de l’eau de roche. Le kyste ayant été fixé par un fil fut attiré en avant et curetté avec la curette de Volkmann. Il n’en sortit pas de vésicules-filles, mais par contre, des dé- ‘bris d’une membrane élastique, translucide. La poche fut drainée. Deux jours après, le drain fut retiré et la plaie se ferma rapidement. Les mouvements du globe oculaire se firent plus facilement mais la cécité.resta complète.

L'examen du liquide montra qu’il n’y avait pas d’albumine mais, par contre, beaucoup de chlorure de sodium. La partie de la paroi qui avait été fixée par un fil était formée de tissu conjonctif, épaissi qui entourait la membrane hydatide, la-

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