‹ Contribution à l'étude des kystes hydatiques de l'orbiteChapitre 13 sur 28 · ADR LE · texte numérisé non relu

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quelle en raison de son élasticité, s'était retractée après la ponction. Ses débris retirés par curettage montraient la structure habituelle en lamelles anhistes concentriques. On ny trouvait pas de crochets.

Kyste hydatique de l'orbite gauche. Extirpation de la tumeur puis énucléation de l’œil

(BLASHEK, Wiener Klinische Wochrenschrift, 1899).

Homme de 50 ans, conducteur de bestiaux, de son état, entré le 21 juin 1898 à la Clinique. Depuis Pâques de la même année, il remarque une certaine protrusion de l'œil gauche, augmentant progressivement, en même temps qu'une diminution de la vue. Il ne sait au juste si ces troubles dataient de plus longtemps.

Il éprouve de temps en temps quelques douleurs de tête. Il ignore aussi depuis combien de temps ont commencé les altérations de la conjonctive que présente actuellement son œil gauche. Cet œil actuellement amaurotique était autrefois aussi sain que l’autre. à

L'œil gauche, à l’ophtalmomètre, mesure environ ? centimètres de protrusion. Il est dévié en bas et un peu en dedans et complètement immobile, d’où un strabisme divergent. La paupière supérieure est ptosée de telle façon que dans le regard horizontal, elle couvre plus de la moitié de la cornée ; elle peut cependant être relevée de manière à la découvrir en totalité. La paupière inférieure œdémateuse est repoussée en bas d'environ un centimètre. Cet œdème s'étend sous la conjonctive oculaire, jusqu’au voisinage de la cornée.

Entre le globe et le rebord orbitaire on sent un tissu dense, lisse, résistant, surtout prononcé à la partie inférieure. Injection ciliaire considérable. Cornée normale. Acuité- visuelle : à droite 6/6 ; à gauche : amaurose.

A l’ophtalmoscope, la pupille de l'œil gauche est rouge, et ses limites ne sont pas nettes : la rétine autour de la papille est grisâtre. Les veines sont dilatées et flexueuses, les artères rétrécies.

Opération. — Deux jours après son entrée, on décide l’exentération. Incision. Au moment où l’on cherche à décoller le

dore

périoste avec une rugine, on voit se présenter à la partie inférieure une tumeur kystique à parois minces et située entre le globe et les muscies. Elle se rompt pendant les manœuvres d'extraction, laissant écouler un liquide limpide. Immédiatement après on ne sent plus de tumeur dans l'orbite, on suture ensuite la conjonctive au catgut ; et l'œil se trouve replacé en position normale, mais il est toujours dévié, de sorte que le strabisme divergent persiste.

Au bout de quelques jours, l'exophtalmie reparaît, la cornée se trouble, l'œdème conjonctival augmente, la température s'élève, on est forcé d’énucléer l'œil. On trouve dans l'orbite, une cuillerée de pus fétide, et dans la profondeur, un sac vide, non adhérent, du volume d'une noix et qui est enlevé : c'était le kyste.

Kyste hydatique de l'orbite. Extirpation. Guérison (BLASHEK. Wiener Klin, 1899)

Il s’agit d’une jeune fille de 20 ans, qui depuis deux mois ressentait de violentes douleurs de tête. L’œil droit était, atteint à la fois d’exophtalmie et de diplopie. L'œil est dévié en dedans et en bas. Les mouvements sont gênés, surtout en dehors. Dans la partie supéro-externe de l'orbite, on sent une tuméfaction de la grosseur d'une noix, élastique, indépendante de l'os. Les contours de la papille sont indécis. L’acuité visuelle est pour l'œil droit de 5/6 ; pour l'œil gauche 5/5.

Opération. — Incision : le kyste se rompt presque immédiatement, laissant écouler un liquide jaunâtre, de consistance presque huileuse, contenant des vésicules-filles et des crochets. On enlève le sac.

Suites normales. Guérison.

OBSERVATION XVI Kyste hydatique de l'orbite gauche. Extirpation. Guérison. (ŒcoxomopouLos. Recueil d'Ophtalmologie, 1898, p. 510) Mme A. P.., âgée de 39 ans, demeurant aux environs de

Missolonghi, mère de quatre enfants vivants, fut prise, le mois d'août dernier, de douleurs au globe oculaire (œil gau-

che) qui se dirigeaient vers le front sans autres phénomènes ; à cause de la persistance de ces douleurs, elle consulta, au mois de novembre, un confrère qui lui prescrivit un collyre qui, au dire de la malade, fit un peu d'amélioration.

Vers la fin du mois de décembre, les douleurs devinrent un peu plus fortes et à la même époque, elle commença à voir mal, et elle vit pour la première fois son œil se projeter en avant.

Mais étant enceinte de 7 mois et étant obligée de faire un voyage par le bateau et le chemin de fer pour venir à Patras s'y soumettre à un traitement, elle ajourna jusqu’à son accouchement qui eut lieu, il y a quarante jours ; elle mit au monde un enfant bien portant : alors elle décida d'aller à Patras.

Etat actuel. — Son œil faisait une grande saillie en avant et un peu en haut. Les mouvements étaient restreints, surtout quand on obligeait la malade à regarder en bas ; la paupière supérieure était amincie et l’inférieure renversée : la cornée, comme l'iris était en état physiologique. Par l’ophtalmoscope on voyait bien facilement le fond de l'œil, on apercevait la papille mal limitée et les vaisseaux un peu variqueux ; la vue s'était progressivement affaiblie jusqu’à s’éteindre complètement, il y a un mois, aujourd'hui, elle ne voit même pas la perception lumineuse. L’exophtalmie, comme la dureté et la complète abolition de la vue, m'ont fait songer à une tumeur de la cavité orbitaire, commençant par le nerf optique, ce qui est toujours bien gravé pour l'organe.

Opération. — Mais avant de me prononcer, je fis une ponction explorative, pour être bien sûr de mon diagnostic, au moyen de la seringue de Pravaz, et à ma surprise, il faut le dire, je retirai un liquide aussi clair que de l’eau de roche. Alors il était bien établi qu'il s'agissait d’un kyste, et séance tenante, je pratiquai avec le bistouri, sur la conjonctive, injectée et boursoufflée, une incision parallèle aux bords libres de la paupière inférieure, cherchant à extraire le kyste ; mais pendant l'opération, la malade fit un mouvement brusque et le bistouri perça le kyste. La tumeur s’affaissa : avec une pince à crochet, je saisis le kyste et je tâchai d'en exciser le plus possible. Après j'y plongeai le doigt et j'y distinguai un corps blanc membraniforme que je retirai ; c'était une hydatide, qui, distendue, avait dû avoir le volume d'une

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très grosse noix. L’œil rentra de lui-même dans l'orbite, à une situation un peu plus profonde que l'œil sain.

Je réunis la plaie en laissant la poche ouverte que je bour-rai de gaze iodoformée. Après 48 heures, je renouvelai mon pansement et je trouvai les paupières enflammées,-mais l'œil à sa place avait une acuité visuelle assez bonne, ce que je n'avais pu examiner après mon opération Dane que j'avais fait usage du chloroforme.

Après quinze jours de traitement, cette dame est partie avec une bonne vue et complètement guérie.

Kyste hydatique de l'orbite. Extirpation. Guérison (FRUGENECLE. Riforma Medica, 1897, T. J., 578 et 593)

Le nommé $S. P..., tailleur, âgé de 18 ans, avait commencé en juillet 1896 à sentir de la pesanteur dans l'œil droit et, de temps en temps, des douleurs périorbitaires. Quelques temps après... l'œil est légèrement projeté en avant. Le malade ayant consulté alors plusieurs médecins, tous avaient conclu à un sarcome de l'orbite à évolution rapide, excepté le professeur P. Sbordone qui conclut à un kyste, sans cependant en indiquer la nature.

Quelques mois s’écoulèrent a ute sans que le jeune homme s’occupât de son œil, lorsque à la fin de novembre, effrayé par les proportions considérables qu'avait prises son œil malade, il vint se confier à M. Sbordone dont l'avis était partagé par M. le professeur Giacomo.

A l'examen, on note tout d’abord une exophtalmie énorme, telle, qu’on pouvait, à travers les paupières, sentir le segment postérieur du globe, lequel est de plus porté dans l’angle inféro-externe de l'orbite, d’où, un strabisme divergent très accusé.

Les mouvements oculaires sont totalemnt abolis dans le sens horizontal et très peu marqués dans le sens vertical.

Les paupières ne sont ni rouges ni œdématiées, seulement l'ouverture palpébrale plus grande à droite qu'à gauche, n’est jamais complètement fermée d’où un larmoiement continu. -

rare

La conjonctive est congestionnée et légèrement œdématiée. Les veines ciliaires antérieures sont dilatées et flexueuses.

La cornée est transparente. L'iris normal réagit à la lumière. On peut dire, en somme, qu'à part une augmentation de son axe antéro-postérieur, le bulbe ne présente aucune altération sensible.

La palpation méthodique du rebord de l'orbite ne provoque aucune sensation de douleur. A travers les paupières, dans la moitié interne de l'orbite, on sent une tumeur, qui, palpée à travers la conjonctive, après l’anesthésie à la cocaïne montre de la fluctuation.

La tension du globe est légèrement augmentée. La force visuelle est notablement diminée. V. = 1/20. Le malade est myope ; l’axe antéro-postérieur étant allongé.

A l’ophtalmoscope, on note une pupille dont les limites sont diffuses. Les veines y sont dilatées et tortueuses.

Le malade n'a pas consenti à ce que l’on pratique dans la tumeur une ponction aspiratrice. Le professeur Sbordone se basant sur la sensation de fluctuation, sur l’évolution rapide de la tumeur et surtout sur ce fait que l’état général très bon était incompatible avec une tumeur maligne à évolution si rapide, conclut à un kyste.

Opération. — Le 4 décembre 1896.

Le malade est endormi au chloroforme. Une ponction aspiratrice donne un liquide absolument clair comme de l’eau de roche, ce qui fait penser au kyste hydatique. La conjonctive est ensuite incisée suivant une ligne horizontale allant de la caroncule lacrymale au rebord cornéen. La muqueuse étant disséquée et ses lèvres écartées, on arrive sur le kyste. Au cours des manœuvres, celui-ci se rompt et laisse échapper un liquide absolument semblable à celui qu'avait donné la ponction et dans lequel on voyait nombre de petites vésicules-filles. Le kyste étant vidé est totalement extirpé après de légères tractions.

Le globe oculaire est alors remis en place, mais il reste toujours divisé en dehors.

Après un lavage au sublimé au 1/4000° on met quatre points de suture sur le conjonctive. Au premier pansement, deux jours après, on note de nouveau de l’éxophtalmie, on pense alors à un abcès de l'orbite, malgré qu'il n’y eut pas de fièvre et l’on fait sauter deux points de suture. Il s'échappe alors quelques gouttes de pus ; l'écoulement purulent dure

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quelques jours, puis diminue pour cesser enfin. Un mois après, le malade était totalement guéri.

L'œil est à sa p'ace normale, mais toujours en strabisme divergent. La force visuelle est égale à 2/3. Les altérations par stase de la papille ont disparu.

Le liquide examiné a montré deux crochets. Il était riche en chlorures.

Le kyste était gros comme un œuf de pigeon. La grosse extrémité correspondait au fond de l'orbite. Il siégeait naturellement dans le tissu cellulo-graisseux de l'orbite, n’ayant que des rapports de contiguité avec le nerf optique ; ce qui explique son énucléation si facile.

L'examen microscopique de la paroi a montré la structure habituelle en lamelles concentriques.

Kyste hydatique de l'orbite gauche. Extirpation. Guérison (FAGE, Recueil d'Ophtalmologie, 1896, p. 463)

I1 s’agit d’un enfant de 6 ans qui nous fut amené le 6 octobre 1895 pour une tumeur de la région supéro-interne de l'orbite gauche.

Nous apprenons que cette tumeur est apparue, il y a deux ans, à la suite d’une chute sur le front qui à produit une plaie contuse de la région sourcilière ; elle n’a nettement grossi que depuis un an environ ; elle paraît avoir aujourd’hui le volume d'une amande.

Dans sa portion interne, la paupière supérieure est soulevée par une masse empâtée, plus que fluctuante, non sensible à la pression ; la peau est mobile et saine. La paupière supérieure est un peu abaïissée, ne laissant à la fente qu’une ouverture de 8 milimètres en son milieu (au lieu de 11 milimètres). En soulevant cette paupière, on aperçoit dans le fond du cul-de-sac, une tumeur recouverte par la conjonctive et formant dans les deux tiers internes une masse de couleur violacée. Le globe de l'œil n’est pas saillant, a conservé ses mouvements intégraux et sa tension normale : la vision est parfaite.

Opération. — Une ponction exploratrice de la tumeur faite avec la seringue Pravaz au point le plus saillant du cul-de-

OP a ESS

sac conjonctival permet de retirer quelques grammes d'un liquide clair comme de l’eau de roche. Aussitôt la tumeur s’affaisse et la paupière reprend son aspect normal. Injection de un centimètre cube de sublimé à 1 pour 1000 dans la poche hydatique.

L'examen du liquide retiré par la ponction démontre qu'il est alcalin, riche en chlorures ; il contient de l’albumine (à cause de l’absence d’échinocoques) et pas de glucose.

Il nous est impossible, malgré des examens répétés, d'y trouver des crochets.

Un détail à noter est la présence dans la maison du petit malade, d'un chien avec lequel il s'amuse souvent.

Lorsque nous revoyons l'enfant, le 27 février 1896, la tumeur s'est reformée et paraît plutôt augmentée de volume. Nous décidons alors l'ablation de la poche kystique par le cul-de-sac conjonctival. L'enfant étant chloroformé nous ouvrons la conjonctive : la poche apparaît très nettement ; mais pendant que nous la libérons avec la sonde cannelée, elle se rompt et laisse échapper un liquide qui a les mêmes caractères que celui retiré par la ponction. ;

La poche est alors saisie avec de fortes pinces à griffes etrexeisée:

Lavage antiseptique de la plaie et pansement exclusif. Suites très simples : sauf une ecchymose de la paupière, il n'y a rien à signaler. Le malade quitte notre service le 6 mars, définitivement guéri.

L'examen histologique nous a montré qu'il s'agissait d’une hydatide unique contenue dans une paroi formée par une substance homogène dépourvue d'éléments figurés et disposés en feuillets superposés, sans apparence de membrane germinative.

Kyste hydatique de l'orbite. Ponctions répétées (CHAUVEL, Recueil d'Ophtalmologie, 1895, p. 648)

B..., âgé de 21 ans, caporal au 60° de ligne, à Issoudun, est entré au Val-de-Grâce le 14 décembre 1880. Garçon épicier, avant son incorporation, il jouissait d’une très bonne santé, mais il était sujet à des maux de tête depuis le mois de mars et à des douleurs orbitaires à droite depuis les premiers jours d'août sans trouble de la vision. Les souffrances qui avaient

oies

presque disparu pendant la période des grandes manœuvres, se montrèrent plus violentes en octobre. Puis la vue de l'œil droit devint trouble, et bientôt le globe de l'œil fit hors de l'orbite une saillie apparente, tout en restant caché par les paupières. Après des badigeonnages iodés, des applications froides, on recourt au traitement mixte (sirop de Gibert et iodure de potassium) ce qui n’amena pas d'amélioration sensible. Au contraire, l'œil se dévia en dehors, d’où une diplopie croisée. A l'entrée de B. dans notre service, l'œil droit est fortement projeté en avant et en dehors, mais la persistance des mouvements à un certain degré montre qu'il n'y à pas de paralysie musculaire. La pupille dilatée n’est plus sensible à la lumière. La face semble asymétrique, la pointe du nez déviée vers le côté malade. Tachycardie légère, pas de souïfile, mais léger claquement métallique, pouls régulier, un peu dur. Du côté de l'œil, ni mouvement de soulèvement, ni bruit de soufflet.

L'examen de l'œil décèle l'existence d’une congestion intense de la choroïde avec neuro-rétinite à la première période.

Rejetant l’idée d’un goître exophtalmique, d’une tumeur

syphilitique périostique ou gommeuse, d’une ostétite tubercu-

leuse, nous arrivons par exclusion à admettre une tumeur probablement maligne de l'orbite, en raison de son rapide développement.

Cependant la palpation ne permet pas d'aborder la production morbide soupçonnée, et par conséquent de se rendre compte de sa nature. Aussi, croyons-nous, malgré l’absence de symptômes syphilitiques et les dénégations du malade, devoir reprendre le traitement mixte en utilisant les frictions hydrargyriques et porter l’iodure de cinq à six grammes par jour.

Vers la fin de janvier 1881, après plus d’un mois de cette médication, l’état ne s’est pas modifié.

A gauche, l’acuité reste à 1/2 ; a droite, elles est descendue au-dessous de 1/20°.

Le champ visuel normal en étendue pour le blanc et le rouge, est très rétréci pour le bleu, et certaines couleurs ne sont plus reconnues.

Quant au strabisme, à la diplopie, à la congestion choroïdienne et la neuro-rétinite, elles persistent à un égal degré. Envoyé en convalescence de deux mois, B..…. y continue son traitement, mais sans en retirer aucun bénéfice, et il revient au Val-de-Grâce le 25 mars 1881.

AO

A tous les égards, la situation n’a que peu changé, elle s’est plutôt aggravée. Le globe fait saillie en avant de près d'un centimètre, sauf du côté de la joue. Ses mouvements sont de plus en plus limités ; enfin, l'œil comprimé d'arrière en avant, est devenu hypermétrope et la papille optique est en voie d'atrophie. Toujours les mouvements du bulbe vers le nez déterminent une douleur sourde et la pupille se montre paresseuse.

Mais, symptôme nouveau, la palpation permet actuellement de constater à l'angle supéro-interne de l'orbite, sous la paupière, l'apparition d’une tumeur dure tendue, lisse, nettement délimitée, peu sensible, qui paraît être le prolongement en avant d’une grosseur développée plus profondément.

A ce moment, éliminant toutes les néoplasies nées en dehors de la cavité orbitaire, le diagnostic restait suspendu entre un abcès osseux, un sarcome, un kyste.

Ponction. — Poûr préciser la nature de la tumeur, je pratique, le 18 avril, une ponction avec l'aspirateur Dieulafoy et je retire quelques grammes d’un liquide louche (sero-purulent comme du pus d’abcès froid. Il semble donc qu'on aït affaire à un abcès osseux probablement de nature tuberculeuse. Sans réaction vive, la piqûre se ferme et la tuméfaction se reproduit rapidement ainsi que l’exophtalmos. Examinant le fond de l'œil, je trouve la pupille droite moins congestionnée. Cependant l’acuité visuelle ne s’est pas sensiblement relevée. i

Le 18 mai. — Nouvelle ponction qui ramène environ deux centimètres cubes du même liquide séro-purulent. Mais cette fois, la réaction est vive, les douleurs violentes, les paupières rouges, œdématiées, l'œil violemment projeté en avant. Le 22, j'ouvre avec le bistouri la grosseur dans son point le plus saillant. 11 s'écoule du pus en abondance, du sang, et le malade est soulagé, mais l'inflammation persiste, s'étend ; le globe est dévié davantage en dehors, la pupille insensible, la conjonctive soulevée, la paupière inférieure en ectropion. Tout nous fait craindre un phlegmon de l'orbite, bien qu'une mèche, puis un drain maintiennent béante l'ouverture de la poche et assure l'écoulement des sécrétions. En quelques jours l'inflammation tombe, l'œil moins proéminent semble beaucoup plus mobile, la suppuration diminue. Un stylet introduit dans la cavité n'arrive pas sur un os dénudé.

Injections détersives.

LOYER Fin juin. — Quand nous quittons le service, la fistule per:

siste, et le diagnostic reste toujours douteux.

Le malade fut réformé en septembre sans que rien n'ait pu faire soupçonner un kyste hydatique. Telle était cependant la nature de la tumeur, car au bout de quelques semaines, dans la clinique de la ville où B.., était allé se faire soigner, on vit un beau jour sortir de l'ouverture un lambeau de membrane et par traction ou amena en dehors la poche assez épaisse d'où s’échappait le pus. N'ayant retiré par nos ponctions rien qui ressemblait à un débris d'hydatide, nous avions été éloigné, par la nature séro-purulente du liquide, de l’idée d'un kyste.

Si nous avions eu le soin de faire examiner le pus au microscope, sans doute la présence de quelques crochets eût éclairé le diagnostic et nous eût conduit à une thérapeutique plus active. Nous n’eussions certainement pas sauvé la vue déjà plus que compromise, mais la guérion eût été plus rapidement obtenue. à

Mandour, dans sa thèse (Paris, 1895) réunit 44 cas observés de 1801 à 1895. Dans la thèse de Cabaut (Buenos-Ayres, 1904), on trouve 35 observations toutes recueillies de 188/ à 1903, dans le service du professeur Lagleyze, à Buenos- Ayres ; suit une statistique, que nous avons reproduite en partie et complétée, portant sur tous les cas antérieurs. Dans sa statistique des années 1909 et 1910, le professeur Lagleyze en a rapporté deux nouveaux cas.

Dans une statistique suivie d’une étude très complète des kystes hydatiques observés dans les services hospitaliers de Montevideo et parue dans la Revista de los hospitales (août 1913), le D' Domingo Prat relève deux cas de kystes hydatiques orbitaires de 1908 à 1912, ce qui porte, notre obser-

valion inédite comprise, le nombre total des cas à 137.

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