‹ Contribution à l'étude des kystes hydatiques de l'orbiteChapitre 21 sur 28 · CHAPITRE VI Traitement · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI Traitement

En face d’un kyste hydatique orbitaire, le traitement ne peut être que chirurgical et nous ne mentionnons que pour mémoire les médicaments employés par les thérapeutes du xvur° siècle et de la première moitié du siècle passé, tels que l’iodure de potassium, la teinture de kamala ordonnée à la dose de XXX gouttes, et le chlorure -de sodium qu’employait Laennec.

Nous avons montré plus haut que la ponction ne devait être employée que dans un but diagnostique et encore avec circonspeclion, étant donnée la fréquence des troubles anaphylactiques qu’elle provoque. Elle devra être exécutée, et c'est un point sur lequel insiste particulièrement le professeur Lagleyze, immédiatement avant l’ablation complète de la tumeur, mais même en procédant ainsi on n'évitera pas toujours la production des phénomènes d’anaphylaxie (observation de Gabrielidès).

Employée comme traitement curateur, elle est toujours insuffisante et peut exposer, en outre de la récidive du kyste, à des possibilités de suppuration, même en s’entourant des plus minutlieuses précautions d'asepsie qui restent d’ailleurs illusoires dans un tel champ opératoire. Cependant, c'est à elle que l’on devra recourir, en raison du

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soulagement qu'elle amènera immédiatement, quand Île malade, refusant l’ablation totale, demande une thérapeutique pour atténuer la violence de ses douleurs où supprimer l’exophtalmie qui le défigure.

Comme pour les kystes hydatiques des autres organes, la ponction est suivie de l’injection d’un liquide modificateur et stérilisant, solutions iodées ou de sublimé. Cette dernière n’est peut-être pas sans inconvénient et l’on fera bien de se méfier d’une intoxication mercurielle possible. Nous pensons qu'il est préférable de se servir d’une solution de formol que l’on pourra empioyer pure ou dédoublée, des expériences précises ayant démontré que la solution-mère à 4o° ne donne jamais lieu à des phénomènes toxiques. Le formolage de la poche est la méthode qu'a employée le D' Brunswic le Bihan dans les deux cas relatés par Coudray (observations I et ID).

L'incision simple est un procédé qui n’est plus employé et qui d’ailleurs est complètement à rejeter. Le seul traitement rationnel est l’extirpation totale et là nous nous trouvons alors en présence de plusieurs procédés qui ont chacun leurs avantages et dont l'indication sera justifiée par la localisation du kyste qui est, comme on l'a vu plus haut, des plus variables. |

Au kyste siégeant dans le segment antérieur de l'œil et faisant fortement saillie en avant s'adresse l'incision à travers les parties molles suivie de l’extirpation totale de la paroi Kystique, mais si la tumeur, comme c’est le cas le plus fréquent, n’est pas accessible au touchér, il faudra, pour l’atteindre, s'adresser aux procédés qui donnent jour dans la profondeur de l'orbite, c'est-à-dire soit à l’opéra-

ion de Krœnlein, soit à l'orbitotomie exploratrice, mé-

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thode d'investigation de l'orbite profond due à M. le professeur Rollet. |

Extlirpation par la voie antérieure. — Sa technique est des plus simples. Après les précautions d’asepsie ordinaires la conjonctive est incisée dans la région correspondant au “siège de la tumeur, la muqueuse disséquée et ses lèvres écartées. Si le kyste est franchement antérieur on arrive immédiatement sur lui. C’est à ce moment qu'il faudra user du maximum de précautions pour ne pas rompre le kyste qui laisserait s'échapper son liquide, fauteur de troubles anaphylactiques décrits plus haut. D'après un grand nombre d'observations, cette ruplure arrive malheureusement très souvent, la plus légère traction étant capable de la déterminer. Il faut alors fixer avec une pince le kyste évacué et par des tractions douces et répétées, en s’aidant de la sonde cannelée ou des ciseaux, chercher à en faire l'ablation totale. Si la poche adhère fortement au fond de l'orbite, on en enlèvera le plus possible, mais si la manœuvre est peu pratiquable on recourra au procédé de l’orbitotomie externe ou interne. L’extirpation faite, le globe revient en place et un drain est introduit à l'emplacement du kyste pour évacuer le sang qui s'y amasse fréquemment, on pourra le laisser quarante-huit heures.

Si le kyste était placé dans l’angle externe peu profondément, sur la paroi latérale orbitaire, on pourra utiliser le procédé de Knapp-Lagrange, qui consiste dans l’incision conjonctivale avec section de la commissure externe, puis section du muscle droit externe dont les bouts seront affrontés par un catgut après ablation du kyste.

Le professeur Lagleyze, de Buenos-Aÿres, qui à opéré un

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