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éveillé la curiosité des observateurs est certainement une des plus intéressantes de la parasitologie humaine.
On comprend donc, après ce rapide exposé, que la littérature médicale, du moins en ce qui concerne la plus grande partie du siècle dernier, n’abonde pas en documents sur le sujet qui nous occupe, c’est-à-dire la localisation orbitaire de l’échinocoque. Pourtant, depuis que les kystes hydatiques ont vu leur individualité nettement s'établir, le nombre des cas observés est allé grandissant et depuis la thèse de Mandour (1895), qui relate l’histoire de 44 cas et celle de Cabaut (1904), on en évalue le nombre actuelllement à 128. Nos trois nouvelles observations portent à 13r le nombre total des cas publiés jusqu’à ce jour.
Depuis Demarquay, tous les auteurs attribuent à J.-L. Petit la première observation de kyste hydatique de l’orbite. Pourtant, il suffit de lire attentivement la relation de cet auteur pour s’apercevoir que la tumeur décrite, tant par son évolution que par ses caractères anatomo-pathologiques, ne concorde pas avec ce que l’on constate ordinairement en présence d’un kyste à échinocoque de l'orbite. Voici en effet le résumé de cette observation :
« Jeune homme, âgé de 20 ans, atteint d’exophtalmie de l'œil gauche avec douleur, étourdissement, larmoiement. Au grand angle de l'œil apparaissait une tumeur qu'il attaqua « avec un grain de cautère ». Il sortit 2 à 3 cuillerées de Ilymphe roussätre. La plaie commençait à se cicatriser, lorsque 8 à ro jours après la chute des escarres, il parut dans le milieu de l'ouverture une éminence qui « semblait être une vessie par sa mollesse, sa surface unie, et sa facilité à rentrer ». Elle fut ouverte avec une lancette, l'humeur
qui en sortit était semblable à la première ; puis une troi-
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sième vésicule apparaissant, il fit une troisième ponction. Peu de temps après, l’exophtalmie augmenta, l'état général devint mauvais et le malade mourut. »
A l’autopsie, Petit remarqua que « la dure-mère qui recouvrait le lobe moyen et inférieur du cerveau était soulevée considérablement, ce qui m'engagea, dit-il, à enlever tout le cerveau pour examiner plus aisément la cause de l'élévation de la dure-mère. Je levai peu à peu cette membrane et la détachant des os du crâne, je la trouvai au milieu de la partie écailleuse des os des tempes adhérant avec l'os et se confondant avec lui. L’os me parut en ce niveau cartilagineux et charnu. Je coupai la partie supérieure de l'orbite et quand j'approchai de la portion du coronal qui ferme la voûte de l'orbite, je la trouvai aussi cartilagineuse. Ayant soulevé la dure-mère, je trouvai trois hydatides, chacune de la grosseur d’une noix pleine d’eau roussâtre. L'une était dans l'orbite, la seconde, moitié dans l'orbite, moitié dans le crâne et la troisième dans le crâne, entre l’os des tempes, la base de l’os sphénoïde et la moitié de l’apophyse pierreuse. La portion de l'os et celles qui forment le trou optique avaient la consistance de la chair. »
Chauvel, lisant cette observation, pense qu'il s’agit là d'un sarcome kystique. Pour nous, et c’est aussi l'opinion de Chiron du Brossay, J.-L. Petit a dû très probablement se trouver en face d’un osteosarcome de l'orbite qui aura ramolli les os et les aura creusés de cavités remplies d’une sérosité roussâtre comme le chirurgien a fréquemment l’occasion d'en rencontrer lorsqu'il intervient pour de telles tumeurs. Nous verrons plus loin, en effet, que dans l’évolution d’un kyste hydatique orbitaire, jamais on ne trouve de
transformation cellulaire du tissu osseux, mais souvent une