‹ Contribution à l'étude des kystes hydatiques de l'orbiteChapitre 7 sur 28 · RAD ER · texte numérisé non relu

RAD ER

usure mécanique, une érosion de l'os qui peut parfois aboutir à sa perforation.

La première observation véritable de kyste à échinocoque de l'orbite doit être attribuée à Ad. Schmid, qui la publia en 1801 et deux ans plus tard, la fit suivre d'une seconde. Mais le diagnostic n'en avait pas été porté et c’est Holscher (1832) qui fit le premier ce diagnostic. Goyrand, en 1843, publia une remarquable observation où le diagnostic bien établi et bien discuté se trouva pleinement jus-

tifié à l'intervention.

- Kyste hydatique de l'orbite droite. — Extirpation après ponction et formolage.

(J. Coupray, Tunisie Médicale, août 1913.)

Hassin ben Ali, 30 ans. .

Entré à l'hôpital Sadiki le 5 avril 1913 pour tumeur de l'orbite droite.

La maladie a débuté il y a un an environ par l’exophtalmie qui est considérable. L’œil est exorbité, de telle façon que les culs de sac conjonctivaux sont déplissés et tendus. Le globe oculaire est dévié en dedans et en bas. Le point de départ de la tumeur semble être les parties molles, au niveau de la partie supéro-externe de l'orbite.

Au bout de quelques semaines est apparue la douleur. : d'abord modérée, simple sensation pénible de tension, elle est bientôt devenue gravative, lancinante, exagérée enfin par l'apparition d’une conjonctive intense.

En effet, le globe oculaire, saillant hors de l'orbite, s'oppose à l’occlusion de la fente palpébrale ; la conjonctive ainsi extériorisée, s’est enflammée. Elle est rouge, dépolie, parcourue par des vaisseaux dilatés et sécrète une sérosité purulente épaisse. é

La palpation donne peu de renseignements, La tumeur est assez dure, semble par place rénitente, mais en aucun point on ne trouve de fluctuation nette. La pression du globe oculaire est douloureuse.

Pas de diplopie, mais affaiblissement extrême de l’acuité visuelle, du côté malade. L'examen ophtalmoscopique n’a pas été fait : il eut été d’ailleurs d’une extrême difficulté, en raison de la conjonctivite intense.

plots

On fait alors le diagnostic de sarcome et l’on se prépare à intervenir le 8 avril. Cependant sur la table d'opération, M. le docteur Brunswic-le-Bihan fait une ponction exploratrice qui ramène le liquide eau de roche caractéristique des kystes hydatiques. En conséquence, on trace une incision parallèle . au rebord supérieur de l'orbite, longue de 4 centimètres environ, et l’on arrive au kyste que l’on extirpe entièrement après formolage. Il présente tous les caractères de structure des kystes hydatiques et contient des vésicules-filles. On place à l'angle externe de la plaie un drain n° 1 et l’on suture le reste (anesthésie au chloroforme).

Après l'opération, l'œil reprend à peu près sa place normale dans l'orbite.

Le lendemain, la température est à 37°2, mais la région palpébrale est le siège d'une réaction intense avec rougeur, gonflement, qui fait penser à une inoculation septique, due à la sécrétion purulente conjonctivale. On fait sauter deux crins, mais on ne trouve pas trace de pus.

Pendant trois jours, la température oscille entre 37°5 et 38°, toujours sans suppuration, puis elle retombe à la normale. En même temps et sous l'influence des pansements humides aseptiques, la tuméfaction périoculaire diminue et finit par disparaître. Cette réaction semble avoir été provo- : quée par un formolage trop copieux, au moment de l’opération.

La plaie se cicatrise par seconde intention, la conjonctivite disparaît peu à peu, et le malade sort guéri, le 3 mai 1915.

Kyste hydatique de l'orbite gauche. — Extirpation. Guérison.

(J. Coupray, Tunisie Médicale, août 1913.)

Mohammed ben Abdallah, 7 ans, berger. Entre à l'hôpital musulman, le 13 novembre 1908, pour tumeur de l'orbite gauche.

L'œil est repoussé en avant par une tumeur qui remplit presque entièrement l'orbite, développée cependant particulièrement à sa partie supéro-externe. L'œil est le siège d’une réaction inflammatoire asez vive. Les débuts de la maladie remonte à un an environ.

RTE

La tumeur est actuellement assez douloureuse, et c'est la douleur qui a amené le petit malade à la consultation.

Il semble que le symptôme le premier en date ait été l’exophtalmie.

I y a peu de troubles de la vision, et ils semblent dus surtout à la conjonctivite. Pas de fluctuation, ni de signes généraux des kystes hydatiques.

Le diagnostic posé est celui de sarcome. Toutefois, avant de procéder à l'intervention, M. le docteur Brunswic-le-Bihan fait une ponction exploratrice. On retire un liquide transparent, eau de roche, caractéristique. Le diagnostic du kyste hydatique étant alors établi, on incise et l’on peut extirper la poche kystique, dont la structure était bien celle des kystes hydatiques. Lavage au sérum. Suture. (Anesthésie chloroformique).

Les suites opératoires furent simples : la température, après avoir oscillé pendant quatre jours aux environs de 38°, redescend à la normale. On continue à traiter la conjonctivite, et le petit malade sort guéri, le 29 janvier 1909. Il n’a pas été revu depuis.

Kyste hydatique de l'orbite gauche. — Extirpation. Guérison.

(Inédite, due à l’obligeance du docteur MANTELL.)

P. Assama, âgé de 22 ans, entre dans le service (Surgical Hosp.) pour une tumeur de l'orbite gauche, le 7? mars 1910.

Le malade est originaire de Malte et actuellement employé dans une exploitation agricole des environs d'Alexandrie. L'interrogatoire ne décèle pas de maladies antérieures, sauf une variole à l’âge de 6 ans.

Il y a six mois, au cours d'une rixe, il reçut un violent coup de gourdin sur la région sourcilière gauche dont on voit encore les traces. Il rapporte qu'un mois après ce traumatisme, il s’est aperçu que son œil augmentait de volume, mais il s’en est peu inquiété, cette exophtalmie légère ne le gênant pas. Il n’y a que depuis un mois environ que la douleur a fait son apparition, tout d'abord derrière son œil. Ces deux symptômes, exophtalmie et douleurs, se sont promptement accrus et la vue n’a pas tardé à s’affaiblir. Enfin, de-

puis une semaine, il éprouve de violents maux de tête qui l'empêchent de dormir.

Il est très amaigri et très affaibli.

A la partie supérieure de l'œil gauche, dans la zone palpébro-orbitaire, on sent une tumeur diffuse et molle qui donne au doigt une sensation de fluctuation obscure. L’exophtalmie est très accusée, les paupières restent entr'ouvertes et sont légèrement ectropionnées. L'œil lui-même propulsé en avant est dirigé un peu en dehors et en bas. La cornée est trouble et la conjonctive fortement injectée. Il y a de plus un larmoiement intense.

Le diagnostic est très hésitant et fait plutôt envisager la possibilité d'un sarcome.

11 mars. — On intervient, et sur un point peu élastique qui existait à la partie supérieure et interne de la tumeur, on mène une incision. Immédiatement, un liquide transparent, eau de roche, fait irruption et la tumeur s’affaisse. Le doute n’est plus permis, c'est un kyste hydatique. On agrandit l’ouverture et les parois de la poche sont aisément extirpées. On laisse un petit drain.

Le microscope décèle dans les quelques gouttes de liquide recuilli la présence de quelques crochets et l'examen du sang fai séance tenante, montre une éosinophilie de 11 %.

Le lendemain, le malade est pris de frissons répétés et sa température, jusque-là normale, s'élève à 3802.

Pensant à de la suppuration, on examine l’œil et on sort le drain, mais la région paraît normale. Cette élévation thermique ne se renouvela pas le lendemain et dix jours après le malade sortit guéri, mais la vision, grandement améliorée, n’était pas entièrement revenue.

Kyste hydatique de la région orbito-temporale. — Ponction, puis extraction. — Fistule consécutive.

(GABRIELIDÈS, Revue médico-pharmac. de Constantinople, 1% avril 1913, et Annales d'oculistique, juin 1913.)

Mme P..., âgée de 65 ans, aperçoit, il y a six mois, un œdème avec rougeur de la paupière supérieure, de la tempe et de la joue gauche sans aucune douleur. L'œdème disparaît

Page 1