‹ Contribution à l'étude des kystes hydatiques des osChapitre 10 sur 29 · PATES · texte numérisé non relu

PATES

L'animal est sacrifié le 13 juillet, près de six mois après. À l’autopsie, on trouve :-

1° Dans la région carotidienne gauche, un kyste hydatique uniloculaire, du volume d’un gros pois, en relation avec la carotide oblitérée :

2° Une granulation pseudo-tuberculeuse de nature échinococcique (contrôlée histologiquement) dans le muscle préorbitaire gauche : |

3° Un kyste uniloculaire du volume d’un grain de raisin dans l'orbite gauche ;

4° Un kyste échinococcique multiloculaire, développé dans l'épaisseur du maxillaire inférieur (moitié gauche) et ayant écarté, luxé, les dents molaires.

Ce kyste se voyait nettement sur les radiographies que M. Dévé a eu l’amabilité de nous communiquer el qui sont reproduites dans le compte rendu de la Société de Biologie (19 juillet 1913).

Plus récemment encore, à la même Société (7 mars 1914), il présente une nouvelle expérience du même

genre :

Expérience : Inoculation de sable échimococcique dans le bout central de la carotide droite d’un lapin. L'animal est sacrifié sept mois après. A l'autopsie on trouve :

1° Un kyste de la grosseur d’une noisette dans la région carotidienne droite ;

2° Un kyste de la grosseur d'un pois, dans le muscle rhomboïde droit, près de son insertion sur l'omoplate;

3° Un kyste du volume d'une cerise, saillant à la

seu iee face antérieure du scapulum et faisant corps avec l'os; 4° Un kyste développé à l’intérieur même de l'os au niveau de son bord axillaire.

Les coupes microscopiques sériées, montraient que les deux kystes osseux bien que voisins, étaient complètement indépendants l'un de l’autre. Le premier, de forme régulièrement sphérique, avait comme point de départ le périoste de la face antérieure de l’omoplate.

Le deuxième, gêné dans son expansion, replié sur lui-même, s'était développé dans les aréoles médullaires de la zone spongieuse marginale. Le parasite vésiculaire ayant refoulé, atrophié la moelle osseuse, s'était moulé sur la forme des cavités aréolaires intercommunicantes, d’où son aspect diverticulaire, En maints endroits, 1l avait usé les trabécules osseuses et érodé la partie compacte de l’os, celui-ci ne montrait aucune réaction.

Ces deux expériences présentent le plus grand intérêt. En effet, elles sembleraient démontrer comme le fait remarquer le professeur Dévé, que « le tissu osseux constitue, chez le lapin, un milieu relativement favorable à l'arrêt et au développement du parasite hydatique », puisque sur huit kystes obtenus, quatre siégeaient dans l’os. « Ce fait semblerait témoigner, comme 1l nous l’écrivait lui-même en novembre 1913, d’une véritable affinité du parasite hydatique pour le tissu osseux. » Chose extraordinaire, car la clinique nous en montre au contraire la grande rareté,

De plus, ces expériences nous permettent d'étudier à un stade peu avancé, les lésions causées par le para-

bot

site. Nous y retrouvons la destruction du tiseu compact qui diminue progressivement, les altérations profondes du tissu spongieux, la disparition de la moelle osseuse et aussi, caractère très important, l'absence totale de réaction du périoste.

Elles nous montrent aussi, une chose capitale l'influence du tissu osseux. « A l’intérieur du tissu spongieux, dit Dévé, l'échinococcose hydatique authentique, prend un aspect diverticulaire, multiloculaire, qui doit être rigoureusement séparé de l’échinocoecose bavaro-tyrolienne. »

Enfin elles nous montrent, chose inconnue jusqu'ici, qu'on ne retrouve nulle part : l’origine périostée de certains kystes hydatiques des os.

Tous ces caractères sont ceux que nous avons trouvés dans les &ystes hydatiques osseux chez l’homme.

Depuis, Dévé a entrepris l'étude histologique des pièces qu'il a obtenues. Les résutats en seront très intéressants, car ils permettront de saisir d’une façon plus complète le processus intime du parasite au début de son évolution dans l'os.

Sans doute ces kystes expérimentaux ne paraissent pas avoir la même allure macroscopique que ceux que nous observons chez l’homme. Ce sont des kystes proprement dits, tandis que chez l’homme souvent, à côté des kystes véritables, il existe une infiltration étendue d’une infinité de vésicules hydatiques. Mais cette diffé-

rence tient seulement à l'ancienneté des lésions. Chez l'homme le début remontait toujours à quelques années (jusqu’à vingt et même trente ans); là les lésions remontent à sept mois au MaxIMUMi JR: 5

DT een

Cette expérimentation sera probablement reprise :

c’est elle qui donnera les indications les plus précises,

tant sur l’échinococcose hydatique que sur l’échino-

coccose alvéolaire, et qui nous permettra de distinguer définitivement ces deux affections si curieuses.

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