‹ Contribution à l'étude des kystes hydatiques du poumonChapitre 22 sur 27 · RAS · texte numérisé non relu

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des signes hépatiques spéciaux, tels l’ictère, ou des antécédents de colique hépatique. Puis le liquide retiré par ponction est souvent fétide et contient des pigments biliaires.

Si le kyste s’est ouvert par vomique dans les bronches, ou bien le caractère hydatique de l’expectoration est net: liquide eau de roche, contenant des crochets d’échinocoques, des débris de membrane et des vésicules, et alors le diagnostic est facile (il faut cependant établir avec certitude le siège pulmonaire du parasite), ou bien la vomique est purulente. Alors il faut éliminer les abcès du poumon, les pleurésies interlobaires à leur phase ouverte. Dans tous ces cas, le plus souvent la flore microbienne est banale, comme dans la vo-

mique purulente du kyste hydatique.

Nous avons vu que les tests biologiques n'étaient pas sans être sujets à discussion et sans poser aux aussi des diagnostics à discuter: l’éosinophilie sanguine est élevée dans toutes les affections parasitaires et d’autres maladies, comme l’asthme, présentent aussi une éosinophilie marquée. Nous avons aussi fait remarquer que les réactions de Weinberg et de Casoni, que certains ont considérées comme absolument spécifiques de l’échinocoecose, pouvaient se montrer positives dans

d’autres cas.

Mais le temps capital du diagnostic des kystes hydatiques pulmonaires, c’est le diagnostic radiologique.

Avant l’ouverture du kyste, on éliminera pour les kystes centraux l’anévrisme sacriforme de la crosse de l’aorte, qui peut être non battant. On fait varier les

positions du malade sous l’écran pour savoir si la

tumeur n’est pas distincte de l'aorte, si elle ne fait pas corps avec elle dans toutes les positions, On recherche l’aortite syphilitique; l’aorte peut apparaître sombre, zébrée.

Il peut y avoir en d’autres points rupture du parallélisme des bords. Enfin, bien souvent, la médiastinite

syphilitique estompe les contours.

Toutes les tumeurs du médiastin posent un diagnostic souvent difficile avec les kystes centraux, et en par-

ticulier les abcès froids.

Les kystes hématiques du poumon, séquelles tardives des plaies de poitrine, donnent à la radio un aspect analogue à celui de l’échinococcose. Mais on a ici la notion du traumatisme antérieur. De plus, ces kystes

hématiques sont des affections fort rares.

La pleurésie interlobaire donne en général une image assez spéciale allongée d’avant en arrière. L’abcès du poumon présente des contours beaucoup moins nets que pour le kyste hydatique, de même que les foyers de congestion pulmonaire.

Un autre diagnostic particulièrement délicat consiste à éliminer le cancer du poumon. J. Cathala, Maingot et Strée ont précisé ce problème, à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris (séance du 15 mai 1931):

Lorsqu'il s’agit d’un kyste sous tension, non fissuré, les contours en sont nets et comme tracés au compas; la teinte est homogène. Au contraire, pour le cancer, l'ombre n’est pas absolument homogène, les contours sont moins réguliers, il y a une légère tendance à l’es-

saimage en dehors des limites de la masse principale.

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Mais une variété de cancer du poumon, le sarcome, montre à l’examen radiologique une opacité parfaitement limitée et ronde, donc identique à celle d’un kyste sous tension, non fissuré et sans périkystite.

Le kyste hydatique rompu, ouvert dans les bronches, montre, à l'examen radiologique, une image hydroaérique. Alors, comme la tension n’existe plus, il y a affaissement de la membrane du parasite, et les contours sont ainsi déformés. Cette image hydroaérique peut

parfaitement simuler une caverne tuberculeuse.

Enfin, dans les kystes de siège cortical, bien souvent même avant l'ouverture dans la plèvre, on trouve des épanchements réactionnels, des adhérences. Il est très difficile d'éliminer les pleurésies et épanchements pleuraux d'autre origine. De plus, le kyste hydatique du poumon, lorsqu'il siège à la base, est à peu près impossible à différencier d’une pleurésie diaphragmatique. Une ponction prudente, faite sous écran, pourrait, dans certains cas, en révélant la nature du liquide, montrer l’étiologie; mais nous avons vu qu'il vaut

mieux s'abstenir de ponctionner un kyste.

Ce n’est que dans des cas exceptionnels qu’il faudra déterminer l’origine hydatique et pulmonaire d’une cachexie et c’est évidemment avant tout la phtisie tuberculeuse qu’il faut éliminer. Pour Marfan, en cas de tuberculose, il y a toujours des troubles gastriques, de la diarrhée, alors que si c’est une phtisie hydatique, les

troubles digestifs sont absents.

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