HONTE
Dangers propres au traitement chirurgical
Ils sont nombreux et d’ordre très divers. Tout d’abord, Dévé insiste beaucoup sur l'impossibilité qu’il y a parfois pour le chirurgien de trouver le kyste au cours de son intervention, et il en signale une vingtaine d'observations. Il s’agit de kystes le plus souvent petits, centraux, profonds, donc difficilement accessibles. De plus, une périkystite intense était très gênante pour
faire un très bon repérage radiologique.
Le shock opératoire est souvent important, surtout si l’on a opéré dans une zone où il n’y a pas d’adhérences de la plèvre à la paroi costale: il se produit un pneumothorax généralisé, Ce shock est aussi marqué si le kyste est profond et si pour l’atieindre il faut traverser une partie importante de parenchyme pulmonaire. Lagos Garcia cite deux cas et Lamos un, de mort
subite par syncope, au cours de l’acte opératoire.
Les hémoptysies, les hémorragies post-opératoires peuvent être graves, voire mortelles: Dévé a réuni cinq
observations où leur terminaison fut fatale.
Les suites opératoires peuvent aussi être compliquées d'infection broncho-pulmonaire ou pleurale, voire tuberculeuse.
Enfin des accidents dus à l’intoxication hydatique ne sont pas exceptionnels: il y avait toxicité enclose avant l’opération, celle-ci l’a fait cesser.
Les récidives hydatiques post-opératoires ont été signalées, mais sont très rares.
Cependant, il faut dire que, malgré ceite énuméra-
tte
üon de complications, il faudrait pas croire qu’opérer un kyste hydatique c’est être téméraire : dans la grande majorité des cas, on n’observe pas de compli-
cations post-opératoires graves.
Indications respectives du traitement médical et du traitement chirurgical
Nous devons done arriver, au sujet des indications
opératoires, aux conclusions suivantes:
Il faut opérer les kystes corticaux, même s’ils sont de petit volume et qu’ils soient suppurés ou non.
Pour les kystes centraux, il faut distinguer plusieurs cas.
Si le kyste est intact et de petit ou moyen volume, et ne comprime pas d'organes importants, il vaut mieux
s’abstenir et temporiser.
Si, au contraire, le kyste paraît être abordable chirurgicalement, ou paraît le devenir, il ne faut pas hési-
ter à intervenir.
Se trouve-t-on en présence d’une vomique due à un kyste central? Il faut temporiser. Mais il faut surveiller
attentivement :
* —— l’état général du malade; — sa température;
— l’expectoration, son abondance, son aspect, son
odeur, elle peut devenir fétide ;
— sa flore microbienne.
——Ho4r—
Il faut ausculter fréquemment le malade et faire des radios répétées pour contrôler l’évolution, Celle-ci peut
être favorable: c’est très souvent le cas pour Dévé.
Mais l’état général du malade peut devenir moins bon, il peut faire de la température, l’expectoration peut montrer une infection surajoutée: alors il faut envisager une intervention. Sinon, le malade évoluerait en quelques mois vers la cachexie hydatique des anciens auteurs, et de graves complications, d’ordre infec-
tieux surtout, seraient à redouter.
Enfin, plus rarement, on peut se trouver en présence d’un kyste suppuré fermé: on notera les signes d’intection. Il ne faut pas attendre un état général trop profondément atteint pour intervenir.
Technique opératoire
On ne peut décrire une technique opératoire commune pour toutes les variétés de kystes hydatiques, en réalité la technique varie selon les cas.
Nous devons déjà signaler que parfois on a pu utiliser certaines méthodes agissant d’une façon indirecte: si le drainage d’un kyste ouvert par vomique dans les bronches se fait mal, la collapsothérapie a pu, dans certains cas, favoriser ce drainage. D’autres ont pu utiliser la phrénicectomie, la thoracotomie extrapleurale.
Mais ces méthodes indirectes ne sont que des méthodes adjuvantes et qui sont loin d’avoir la valeur des méthodes chirurgicales directes, dont les indications sont beaucoup plus nombreuses. C’est avant tout la pneumotomie que nous allons étudier maintenant.
Le
Mais pour la rendre possible, pour éviter les opérations « bredouilles » dont parle Dévé, il est absolument nécessaire d’avoir fait préalablement, par la radioscopie, la radiographie et même la stéréoradiographie. On peut ainsi déterminer avec précision la voie d’abord la plus appropriée: voie antérieure, postérieure ou axillaire. Il faut de préférence utiliser anesthésie locale, l’anesthésie générale pouvant être dangereuse en cas dé rupture brusque du kyste, ce qui est fréquemment observé au cours des opérations, et ce qui entraîne une asphyxie d’allure souvent dramatique. Certains chirurgiens, tels Posadas, de l'Ecole d’Argentine, opèrent le kyste en un temps, Mais, dans ces conditions, il faut redouter les accidents dramatiques du pneumothorax, qu’il faudra aussitôt traiter s’ils se sont produits par les inhalations d'oxygène, par les tonicardiaques. Puis, plus tardivement, cette méthode risque d’être l’origine d’un pyothorax, d’une échinococcose secondaire.
C’est pour cela que Lamos et l’Ecole de l’Uruguay cherchent à créer d’abord des adhérences pleurales, lorsque celles-ci ne sont pas préexistantes. On opérera en deux temps:
Dans un premier temps, on résèque une seule côte sur une longueur de 6 à 8 centimètres, et l’on cherche à créer des adhérences à l’endroit où l’on devra faire plus tard la pneumotomie. Pour arriver à ce résultat, on peut frotter la plèvre avec des compresses, ou la
badigeonner à la teinture d’iode.
Dans un deuxième temps, c’est-à-dire dix à douze
jours après, on ponctionne, avec une aiguille fine, de