‹ Contribution à l'Étude des Kystes Hydatiques du Poumon: Leurs Modes d'Infection et de SuppurationChapitre 15 sur 24 · III. PATHOGÉNIE DE L'INFECTION PÉRIVÉSIGU LAIRE · texte numérisé non relu

III. PATHOGÉNIE DE L'INFECTION PÉRIVÉSIGU LAIRE

Serait-1l possible que le ver vésiculaire n'eut sur le parenchyme pulmonaire de voisinage que l’action banale d’un corps étranger aseptique ? I] faut tout au moins remarquer que l'hydatide constitue un élément actif ayant tendance à se développer, et dont l'action compressive — alors même qu’elle serait seule en jeu — croîtra toujours avec le temps.

Nous n'insisterons pas, en tout cas, sur les conséquences de ces phénomènes mécaniques, les compressions exercées par le kyste sur le parenchyme pulmonaire, celles des vaisseaux de voisinage et des bronches qui sont plus rares en réalité. Nous avons déjà montré combien l’ulcération était plus fréquente

: parait mettre en évidence la réalité d’une action irri-

rcée p par de rue Fe L'étude histogénétique du kyste qu’a faite M. Dévé

tatite simple du parasite, puisque, lors de la fixation

de l'embryon hexacante dans un parenchyme, il se fait un appel de lymphocytes bien apparent dans son voisinage immédiat et qu'il se constitue bientôt une

légère capsule fibreuse périvésiculaire qui croîtra avec

l’âge. + :

Pourrait-on interpréter autrement . par des phénomènes irritatifs l'apparition de la pleurésie expérimentale qui fut observée chez le singe? Alors même qu'avec Escudero, on n’admettait pas en cli-

nique humaine — où l'échynococcose est toujours

moins.intense et moins généralisée — l'existence de cet épanchement pleurétique stérile, faut-il laisser à l'infection microbienne seule la faculté de provoquer des réactions pleurales fébriles que rapporte le mé: decin argentin? Nous ne le pensons pas. D'ailleurs le kyste peut se fissurer, laisser échapper dans les tissus voisins un peu de liquide hydatique plus ou

moins toxique qui amènera une légère réaction locale.

En dehors même de cette fissuration, si la dyalise des toxines endovésiculaires à travers la membrane hydatique — possible d'après les expériences de Chauffard et Widal — est capable de produire un re:

tentissement général sur en à ts forte = raison doit-elle provoquer l'apparition de. phéno-

mènes locaux, accidentels et intermittents aussi, qu'il serait intéressant de constater histologiquement, mais qui sont certainement l’origine de ces MURS pleurales fébriles. | |

* Le mécanisme de l'infection périvésiculaire a des

tissus de voisinage paraît très simple. Il n'est pas

besoin de démontrer que dans l’immense majorité des cas elle reconnait comme agents les microbes venus du dehors par les voies respiratoires.

M. Letulle a bien émis l'hypothèse d'infection par voie sanguine, ayant observé un cas de suppuration bruyante de kyste hépatique, survenue à la suite d’un

abcès amvedalien. L'examen microscopique à semblé W

vérifier cette opinion en mettant en évidence la

présence d'un seul agent pathogène : le streptocoque.

Nous avons recherché minutieusement dans les observations françaises publiées jusqu'à ce jour la possibilité de ce mode d'infection, aucun cas ne nous a paru démonstratif. À peine pourrions-nous citer l'observation de MM. Delbet et Braquelaye (1892) que ces auteurs n'ont pas du tout interprété dans le sens que nous indiquons. À la suite d’une résection intestinale notable pour cure d’anus contre nature, leur malade

présenta, au bout de quelques jours, d'une part des.

signes pulmonaires assez vagues, en particulier de la toux, mais surtout des symptômes d'infection assez marqués, poussées fébriles, amaigrissement. Le tout s’est terminé par une vomique purulente fétide, très abondante, qui fut reconnue plus tard comme d’ori-

| yet a ancien eh “ha AN de kyste? AL est nécessaire, pour l’affirmer, que des cas E BE probants viennent à l'appui de cette thèse. | __ Sidonc nous considérons l'infection périvésiculaire ; de façon générale, nous sommes frappés de ce que certains kystes se développent longtemps sans qu'il se produise d’inflammation de voisinage et que d’autres en présentent rapidement ; de ce que le plus souvent cette infection présente une bénignité relative et parfois se manifeste d'emblée par des phénomènes généraux graves, pouvant même amener la mort.

Pour essayer de donner de ces faits cliniques une interprétation vraisemblable, il faut tenir compte paralèllement de la situation topographique du kyste, de ses rapports bronchiques, de l’état anatomique du poumon, comme aussi de la résistance de l'individu à toute injection.

Les petite kystes centraux, appendus à une grosse bronche, se terminent précocement par rupture avant que l'infection ne soit apparue en général. Lorsque celle-ci survient, elle se se manifeste par une suppuration abondante, mais qui disparaît rapidement par suite de la facilité avec laquelle se fait l'évacuation.

Les kystes de volume moyen, parapleuraux, peuvent s'être développés sans retentissement infectieux, car dans leur « zone décollable » périvésiculaire, ne s’abouchent que des bronches de petit calibre, ou même pas de bronche du tout lorsque l’adventice leur constitue une membrane d’enveloppe

bien homogène. Ce n’est que tardivement que se pro-

duira l'infection, lorsque leur accroissement de volume aura déterminé une ulcération bronchique, à l’occasion aussi d'une infection banale des voies respiratoires.

Il est à craindre, dans ce cas, que la suppuration ne

révèle des caractères de gravité, parce que le drainage de l’espace périvésiculaire ne pourra s'effectuer que très incomplètement. ;

Il est nécessaire de tenir compte aussi de l'état anatomique du poumon au voisinage du kyste.

Lorsque l'organe se trouve atélectasié par compression bronchique ou vasculaire, il offre une zone de moindre résistance aux microbes habituels de l'infection (pneumocoques et pyogènes). Une hémoptysie d’ailleurs qui entraine de l'encombrement bronchique et alvéolaire agira dans le même sens.

On conçoit facilement comment la suppuration de l'espace périvésiculaire puisse entraîner la désintégration progressive de la cuticule feuilletée, son envahissement par les microbes et la rupture de l'hydatide. De même, la propagation de l'infection au poumon de voisinage, aux feuillets pleuraux, à l'espace interlobaire, comme c'était le cas dans l'observation que nous rapportons, se fait par simple contiguité. Il est inutile enfin d'expliquer comment la suppuration périvésiculaire peut constituer un foyer de réinoculation pour les voies bronchiques créant ainsi des poussées de bronchite purulente à répétition. |

L'examen microscopique de l’expectoration n’a été pratiqué en général que dans le but d'y rechercher:

- yocytes, es pneumocoques et ‘e nn

Escudero, d’autre part, rapporte les très intéressantes constatations de Vinas qui a étudié systé-

matiquement la « bactériologie des kystes hyda-

tiques ». Faisant l'examen microscopique de la séroëité obtenue par raclage de l’adventice, en cas de vésicule claire, l’auteur argentin y constata dans les

trois cas observés la présence du staphylococeus, et

en plus celle du coli communis dans un, qui seul

devint pathogène pour le cobaye.

(1) Marseille Médical, 1905, p. 525-529.

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De

L'infection de la caverne hydatique. :

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Se

Nos ne nous attarderons pas à l'étude de lin- .

. fection de la caverne hydatique dont la pathogénie

est très simple et la description clinique aujourd'hui classique Un certain nombre de ses complications

pulmonaires, d’ailleurs, sont identiquement” les mêmes que ces formes décrites précédemment de réactions inflammatoires au voisinage du kyste en cas de suppuration périvésiculaire. Nous voulons attirer seulelement l'attention sur quelques-unes de

ces complications qui nous paraissent intéressantes. par l'allure spéciale qu'elles donnent à l'affection,

parler aussi de la fréquence relative des accidents graves comme terminaison possible des kystes pulmonaires, point qui reste l’objet d'une divergence d'opinion entre chirurgiens et médecins, exposer brièvement enfin à ce sujet les idées de M. Dévé sur la valeur curative de la vomique pulmonaire.

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