‹ Contribution à l'Étude des Kystes Hydatiques du Poumon: Leurs Modes d'Infection et de SuppurationChapitre 19 sur 24 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Déductions thérapeutiques.

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Nous nous sommes surtout intéressé au cours de ce travail à l’étude que nous avons tentée des modes d'infection et de suppuration des kystes pulmonaires et de leurs phases évolutives. à

Il est indispensable, avant de terminer, d'exposer les idées thérapeutiques actuellement en cours, émises par médecins et chirurgiens autorisés, dont l’expérience clinique est infiniment plus considérable que la nôtre. Aussi n'avons-nous pas le moins du monde l'intention d'en faire la critique, mais il est à remarquer que ces divergences de vue, basées sur des principes très différents, n'entrainent pas dans la pratique une ligne de conduite bien opposée.

Nous voulons attirer l'attention sur la façon dont se posent en clinique les indications opératoires pour kystes du poumon, d’après les quelques faits que nous avons pu observer, et sur celles d’entre ces indications qui nous apparaissent comme formelles, alors qu'il s’agit souvent de vaincre une opposition vive du malade à l'intervention.

Depuis Trousseau, qui en 1862 se déclarait partisan de « s'abstenir et rester spectateur attentif des

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efforts de la nature », Héarn, dès 1875, dans sa thèse classique, à préconisé l'opération de l’empyème, lorsque le malade se cachectise par suppuration d'un kyste dont l'évacuation ne se produit pas, ou reste insuffisante.

Bezou, en 1893, affirmait que le traitement chirur- gical donnait de beaucoup les meilleurs résultats.

Pasquier, 1899, tout à fait absolutiste, s’est montré d’une telle partialité en faveur du traitement chirurgical que Tutfier lui-même, l’inspirateur de sa thèse, a du rectifier un certain nombre de ses statistiques touchant les résultats de la ponction et l’évolution des cas abandonnés à eux-mêmes (Revue de Chirurge 1910)).

Les médecins australiens pratiquaient depuis longtemps la ponction du kyste, suivie d'injection d’un liquide parasiticide (liqueur de Van Swieten, nitrate d'argent en solution de 1 à 5°/). Ils s’en sont montrés fervents défenseurs, sans avoir obtenu du reste de brillants-résultats.

En France, Moutard-Martin et Galliard la proposaient encore en 1903 (Société Médicale des Hopitaux de Paris) pour évacuer les kystes non suppurés.

Mais la critique de cette méthode paraît faite définitivement de nos jours; on redoute plus encore ses dangers immédiats qu'on nenvisage ses résultats thérapeutiques éloignés. Elle n'a été pratiquée au cours de ces dernières années que par suite d'une erreur de diagnostic, a provoqué presque toujours des accidents graves (hémoptysies à vacuo, œdème aigu du poumon, grande intoxication hydatique).

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On ne se trouve donc actuellemeut qu'e en à présence -de deux alternatives : la pneumotomie ou l’abstention.

En réalité, tous les auteurs admettent bien l'utilité du traitément chirurgical dont les beaux résultats

sont incontestables, mais il s'agirait de savoir S'il convient de l'appliquer indistinctement à tous les cas de kystes pulmonaires et c’est sur ce point que l’ac-

cord n'existe pas entre chirurgiens et médecins.

MM. Tuffier et Martin qui ont publié en 1910 une

belle monographie des hydatides pulmonaires dans la Revue de Chirurgie, résument bien l’opinion chirurgicale admise de nos jours par les classiques, en concluant à la nécessité de l'intervention dans la majorité des cas de kystes diagnostiqués.

Ils ne veulent point abandonner l'affection à ellemême, ne reconnaissent en effet aucune valeur curative à la vomique pulmonaire. Ses complications infectieuses survenant dans la caverne hydatique ou à sa périphérie, étudiées par nous au chapitre précédent, leur apparaissent comme singulièrement redoutables et presque toujours fatales.

Ils opposent au traitement médical abstentionniste le nombre imposant de succés opératoires, obtenus par M. Tuffier, dont les cas ont été communiqués au cours des années précédentes à la Société médicale des hôpitaux de Paris.

Guimbellot, dans sa thèse sur le « Traitement chirurgical des hydatides du poumon et de la plèvre », Schwartz et Souligoux dans les traités classiques se montrent également partisans absolus de l’intervention précoce.

te groupe sous le nom de Rs Rs les D ue de petit volume, bien tolérées, qui demeu-

ee rent en général ignorées du malade et ne On dé-

couvertes qu'à la radioscopie.

De même, les cavernes produites. par la suppuration des petits kystes centraux qui souvent guéris-

sent spontanément « ne doivent pas être opérées dans les premières semaines de leur évolution ».

La présence d'une maladie chronique concomitante, telle que la tuberculose, constitue encore une contre-indication à l'intervention.

C'est M. Devé qui, le premier, dans un article de la Normandie médicale, 1911, puis dans la thèse de son élève Lepicard, a attribué catégoriquement une valeur curative à la vomique hydatique pulmonaire. L'auteur apporte du reste à l'appui de sa théorie une dizaine de cas relevant de son expérience personnelle, les statistiques intégrales d'un certain nombre de praticiens landais, et les statistiques classiques ellesmêmes, comme nous l'avons fait remarquer au cha-

-pitre précédent.

Aussi bien, M. Devé, qui avait écrit dans sa monographie des kystes hydatiques : © Il n'y a pas de

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