‹ Contribution à l'Étude des Kystes Hydatiques du Poumon: Leurs Modes d'Infection et de SuppurationChapitre 20 sur 24 · A RE · texte numérisé non relu

A RE

traitement médical des kystes hydatiques du foie », se

montre beaucoup moins catégorique en matière de

kyste du poumon. Il im:orte toutefois de bien connaître pour quelle série de faits cliniques le professeur de Rouen se déclare partisan de l’abstention. Il prend soin en effet de distinguer les kystes périphériques parapleuraux des kystes centraux parabronchiques. ES

Pour les premiers, il préconise l'incision chirurgicale dans tous les cas, qu'il s'agisse d’un kyste ouvert ou fermé, bien toléré ou accompagné d’une symptomatologie pleurale ou broncho-pulmonaire.

Ce n’est que pour les kystes centraux qu’il recommande l’abstention, et seulement pour les cas de kystes ouverts dans les bronches, lesquels ne donnent pas, du fait de leur éloignement de la paroi, de symptomatologie cavitaire nettement perceptible à l’auscultation. ù

Un certain nombre de médecins et de chirurgiens n'ayant lu que superficiellement l’article paru dans la Normandie médicale, où peut-être ne l'ayant pas lu du tout et s'en rapportant à quelque analyse, ont prétendu que l’auteur se déclarait partisan systématique de l’abstention opératoire en présence de tout hydatide pulmonaire, quelle que soit son allure clinique. In réalité, il préconise l’expectation, au moins provisoire pour les kystes centraux de petite taille déjà spontanément rompus dans les bronches, ce qui ne constitue qu'un nombre évidemment restreint de. faits cliniques.

N'est-ce pas la même ligne de conduite adoptée

ra spontanément au bout de deux ou trois mois?»

re on Sn aute Fe +. nn droa

Nulle part. M. Tuffier, qui redoute au plus haut point les complications infectieuses consécutives à la: vomique, n'a écrit de conclusion analogue. Ce- : pendant, tout à la fin de son étude sur les kystes pulmonaires, il prend soin de faire remarquer qu'il n’est pas dans son intention d'opérer systématiquement « dès diagnostic fait, les hydatides petits qui ont jusqu’à ce jour échappé au sens du clinicien. »

Il est vraisemblable aussi que peu de GR une se hasarderont d'intervenir aveuglément, à travers une épaisse couche de parenchyme pulmonaire, sur les petites cavernes centrales difficilement repérables par l'examen clinique et pour lesquelles la radioscopie elle-même ne donne que des résultats inconstanis. \

En tout cas, d’après les faits que nous avons pu observer dans le service du D' Cordier, nous nous sommes rendus compte combien il est difficile de faire accepter du malade l'idée d'intervention, lorsqu'il n'éprouve que des troubles subjectifs frustes et intermittents. La lecture des travaux de M. Dévé et des nombreuses observations qu'il apporte à l'appui de sa théorie, nous montre qu'il ny a pas lieu en somme d’être trop inquiet du sort de ces malades,

6 Bo

Age

auxquels il reste encore des chances de guérison

spontanée, lorsque l’hydatide est bien toléré où que

le kyste est ouvert par vomique.

Il semble donc qu'il faille tenir aie pour la ligne de conduite à adopter en face des kystes pulmonaires de deux catégories de faits : |

La bonne tolérance et les vomiques curatives d’ une part;

Les symptômes de souffrance du poumon et d’infection au voisinage du kyste, de l'autre.

Deux militaires hospitalisés à lHôtel-Dieu de Lyon étaient porteurs de kystes pulmonaires restés absolument silencieux, pendant une longue période du moins. Chez l’un, une bronchite purulente fébrile bien caractérisée, sans signe net d'hépatisation, est apparue brusquement au cours de son séjour à l'hôpital. La persistance de la toux pénible, accompagnée d'expectoration et de douleurs thoraciques vives, ont fait accepter au malade l'intervention chirurgicale. Celle-ci, pratiquée par le D' Albertin, a donné les plus brillants résultats, puisque le sujet, tout à fait remis, est sorti de l’hôpital au bout d'un mois et demi.

Chez le second aléde (observation I de notre travail), l'hydatide avait été découvert fortuitement par la radiographie, à l'occasion d’une blessure de guerre thoracique. Il s'agissait cependant d’un kyste plutôt périphérique, situé à une faible distance de la plèvre. Les signes de réaction inflammatoire de voisinage ne se sont manifestés que très insidieusement, le malade avait eu quelques crachats hémoptoïques et se plai-

À Soit de lens Horatques du côté correspondant, apparaissant sous forme de «crampes » suivant sa propre comparaison. Un examen stéthoscopique mi- nufieux révélait à l'extrême base quelques frottements légers et, par bouffées, des râles crépitants lointains. provoqués par une secousse de toux. Ils dénotaient ainsi l'existence d’une zone de congestion légère périkystique. En raison du beau succès obtenu précédemment, l'intervention fut alors proposée au . malade qui la refusa catégoriquement. Nous avons déjà fait connaître l'issue funeste qui survint deux mois après par pneumonie suppurée périvésiculaire, malgré l'incision chirurgicale pratiquée à la dernière heure en désespoir de cause.

De ces deux faits, nous semble résulter la nécessité de surveiller minutieusement l'apparition des signes de souffrance et d'infection du poumon, que nous avons voulu étudier dans ce travail, afin de poser catégoriquement l'indication opératoire lorsque les réactions inflammatoires ou suppuratives passent à l’état chronique.

Un autre militaire, dont nous ne publions pas l'observation puisqu'elle reste incomplète, porteur d'un kyste pulmonaire parapleural volumineux, mais parfaitement toléré, s’est opposé formellement à l’intervention chirurgicale. Il se trouve actuellement dans son pays d’origine, la Corse, et peut se livrer à quelques travaux pas trop fatiguants, car son état général reste bon.

Une histoire pathologique qu'il nous a paru intéressant aussi de rapporter est celle du malade de

notre observation IL. Cet homme, porteur d'un pyo- | poeumokyste hydatique dont il percevait lui-même

la symptomatologie caractéristique, avait présenté, entre autres accidents, deux grandes vomiques purulentes. La deuxième paraissait avoir amené Ja guérison définitive lorsque, au bout de huit mois, sur-

vint encore une très forte hémoptysie qui mit en

danger l'existence du malade. Quelque temps après. cet accident, le jeune soldats étant hospitalisé à l'Hôtel-Dieu, le D' Cordier s’est démandé s'il ne convenait pas de faire pratiquer l'intervention chirurgicale afin de supprimer le reliquat d’une poche hydatique qui devait être l’origine de cette hémoptysie. L'examen radioscopique, qui à révélé la présence de vastes cicatrices pulmonaires sans caverne apparente, et la lecture des cas significatifs publiés par Escudero, qui font redouter la possibilité d'hémorragles graves secondaires, à la suite d’incision des vieux kystes suppurés, ne portaient pas à conclure à l'intervention, puisque celle-ci n’exclurait pas le danger que l’on aurait voulu précisément éviter.

Le malade fut donc traité médicalement et son état actuel paraît satisfaisant. Il a repris de lembompoint, n’éprouve pas de symptômes subjectifs, tousse très peu et ne présente pas d'expectoration. Seuls ont persisté les signes physiques — frottements antérieurs et postérieurs au niveau de la vaste cicatrice pulmonaire.

Ainsi donc, en pratique, pour adopter une ligne de conduite, il nous paraît nécessaire de faire une disunction entre kystes ouverts et fermés, üne deuxième

to . 8 =

| aussi, entre nétils kystes DO brOne ques ct GES kystes parapleuraux suivant la classification de

M. Dévé. à = Il semble bien que (es Pete te intacts dé-

couverts fortuitement à la radioscopie par exemple, situés profondément en plein parenchyme pulmonaire et ne se manifestant par aucun symptôme fonctionnel

appréciable, doivent être respectés.

L'incision chirurgicale d’une part, qui offre alors de réels dangers, reste parfois vouée à l’insuccès (cas de Hue et Dévé, de Morquio, de Gosset, in thèse de

‘ Lepicard, de Fossati et Escudero). Ce sont d'autre

part, ces kystes qui présentent le plus de garanties pour la guérison spontanée par l'ouverture dans une grosse broche, laquelle constitue une voie d’ évacuation suffisante.

Les kystes de gros volume et les kystes parapleuraux doivent être extirpés rapidement, lorsqu'ils entraînent une gène fonctionnelle appréciable. L'intervention paraît absolument nécessaire, si l'on décèle

des signs°s précis de souffrance du poumon et surtout

d'infection au voisinage de l’hydatide.

Si les grandes cavernes hydatiques et même les cavernes parapleurales infectées conservent encore des chances de cicatrisation spontanée (observation IT de notre thèse), il est bien préférable, en règle-générale, de les inciser précocement afin d'obtenir une guérison rapide, d'éviter ainsi les longues suppurations et les complications qu’elles comportent.

La question ne se discute évidemment pas lorsqu'il s’agit d'un kyste ouvert dans la plèvre, com-

Page 1