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Ce qui nous fait une statistique générale de :
Nombre
de cas [Multiples] Pourcentage
Statistique Allemande . , .| 1.430 174 12,24 of
Statistique Argentine. . .° .| 6441! 52 8,7 — Statistique Australienne. . . 131 23 LOER— Statistique Française. . . . 444 Ja 7 0e
HotaRRenet 2049/1352 13,720
Nous obtenons ainsi par réunion de ces diverses statistiques Allemandes, Argentine, Australienne et Française un total de 2649 cas avec 352 kystes multiples, soit 13,7 °/,.
En parcourant les chiffres, et surtout le pourcen-
tage, des statistiques particulières que nous avons relevées, nous avons été frappé par la divergence de ce pourcentage suivant les pays et aussi, suivant les auteurs d’un même pays. En Argentine, Wegas et Crauwell n’ont que 8,7 °/, de cas multiples ; alors qu'en Allemagne, on a une moyenne de 12,24 ; en Australie Mac Laurin trouve 18 °/,, chiffre sensiblement supérieur ; en France enfin, la moyenne est de 22,8 °/,. À quelles causes peuvent être attribuées ces divergences ? Nous ne pensons pas que le nombre global pour 100 des kystes multiples varie beaucoup Suivant les pays ; l'infection échinococcique reste la même, se fait dans les mêmes conditions ; elle est
ur # seulement plus fréquente dans certainesrégions.Rien
ne permet de supposer, dans la nature de celte infection, quelque particularité expliquant une plus grande tendance à la multiplicité dans un pays que dans un autre.
Si d’ailleurs dans un même pays, en Allemagne par exemple, nous considérons les statistiques particulières ; nous constatons des divergences aussi grandes entre les auteurs ; ainsi Erlich ne signale que 7,14 °/, alors que Konitzer arrive au chiffre de 16,6 °/,, Furbinger à celui de 21,7 °/; et Kærte, dans sa statistique personnelle, à 25 ‘/,. Evidemment certains auteurs peuvent avoir observé des séries plus ou moins favorables; nous croyons cependant que deux facteurs prennent ici un intérêt particulier : D'abord la manière dont a été fait le diagnostic ; ensuite le mode de traitement appliqué.
Ainsi dans la statistique importante de Neisser, qui porte sur 451 kystes du foie, et qui donne 12°/, de cas multiples, presque tous les cas multiples proviennent d’autopsie. En 1877 on n’opérait guère les kystes du foie ; la méthode de traitement la plus fréquente à cette époque était la ponetion avec ou sans injection parasiticide. C'est cette année même en effet que Volkmann relata la première inecision en deux temps au VI" Congrès des chirurgiens allemands. Quant à la marsupialisation de Lindemann Landan elle date de 1879 et 1880. Dans la statistique de Neisser par conséquent, tous les cas multiples proviennent d’autopsies, les neuf dixièmes de ceux qui auraient pu se rencontrer chez les malades qui ne sont
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pas morts, ont passé inaperçus. Ceci suffit à expliquer le bas pourcentage de la statistique.
Et si les Kystes multiples échappent au diagnostic lorsqu'ils sont traités par la ponction simple, ce qui saute aux yeux, ils ne sont pas non plus toujours diagnostiqués au cours de l'intervention, il s’en faut de beaucoup. Qu'il nous suffise de dire ici que c’est seulement dans ces toutes dernières années, depuis 1910environ, quela plupart des chirurgiens explorent systématiquement le foie au cours des opérations ; et que même dans ces cas on a vu des kystes oubliés grossir rapidement. Il est donc facile de comprendre les différences du pourcentage des différents auteurs.
Nous croyons done que la majorité de ces statistiques à très bas pourcentage soit au-dessous de la réalité.
Dans les anciennes statistiques tous les cas non autopsiés ont passé inaperçus ; dans les plus récentes, il est fréquent qu'une seconde poche ne soit pas -vue, même à l’opération ; il faut donc une reclierche systématique pour amener à la découverte des cas multiples ; ce fait explique le très haut pourcentage des auteurs prévenus, qui font systématiquement cette recherche comme Kéærte (25 °/,), Broca (26 °/,), Devé (31 °/.).
Le chiffre moyen de 13,7°/, que nous donnent les 2.649 observations que nous avons étudiées nous semble donc faux, très en dessous de la réalité.
La majorité des auteurs français qui ont recherché les kystes ont obtenu dans des statistiques récentes
Ho
de 18 à 30°/, de cas multiples ; plus la recherche est minutieuse, plus la multiplicité augmente de fréquence ; le chiffre de 23°/,, moyenne des statistiques françaises, ne nous semble donc pas exagéré, c’esl celui que nous proposons d'admettre.
Et même ce chiffre est peut-être encore au-dessous de la réalité ; nous croyons que le nombre de cas multiples s’élèvera d'autant plus que les chirurgiens, plus prévenus, rechercheront avec plus de soin les poches secondaires ; nous pouvons en citer personnellement un exemple : Dans le service de M. le professeur Quénu, à l’hôpital Cochin, nous avons eu l’occasion d'observer, depuis le 1° mai 1911, date de notre arrivée comme interne dans son service, jusqu’au mois de mai 1912, 6 cas de kystes hydatiques du foie sur lesquels nous avons eu la chance de rencontrer 3 cas multiples.
II faut certainement que leur fréquence soit considérable pour que dans un seul service nous ayons pu en observer 3 cas en l’espace de douze mois.
Quoi qu'il en soit du pourcentage absolument exact, un fait nous semble se dégager avec évidence de cette étude : la très grande fréquence des kystes hydatiques multiples du foie que les classiques considéraient comme rares. Il semble en effet que l’on rencontre, quand on les recherche, au moins 1 cas multiple sur 5.