‹ Contribution à l'étude des kystes hydatiques multiples du foieChapitre 20 sur 27 · Â SL TO · texte numérisé non relu

 SL TO

Observation XXVII

(Decser, in thèse Baraduc.)

M. T..., 29 ans entre à Laënnec le 5 mai 1894 pour une tumeur de l’hypochondre gauche. Elle fut opérée, le 11 octobre 1893 par Perrier, d’un kyste hydatique ayant débuté trois ans auparavant, siégeant dans le lobe droit ; il fut marsupialisé, Fistule depuis cinq mois;la malade la porte encore à son entrée. On constate, dans l’hypochondre gauche,une tumeur de 15 centimètres de haut, dépassant de 5 à 6 travers de doigts les fausses côtes, mate, non fluctuante, très douloureuse, accompagnée de fièvre et de râles aux bases pulmonaires. Le 15 mai ouverture d'un gros kyste suppuré du lobe gauche qui avait passé inaperçu à la première intervention. Mort le 15 juillet de tuberculose

pulmonaire.

Observation XX VIII

(Quénu, in thèse Cauchoix.)

R..., comptable, entre le 19 décembre 1894 à l'hôpital Cochin;

il se plaint depuis 1893 de douleurs abdominales violentes, avec

diarrhée, et depuis deux mois environ d'accès fébriles intermittants, avec vomissements et point de côté irradiant dans l’épaule drôite. Depuis un mois, les douleurs et la fièvre ont accru leur intensité s’accompagnant d’ictère et de décoloration des matières. Diagnostic: kyste hydatique du foie.Opération le 26 décembre 1894. Laparotomie, kyste hydatique suppuré, marsupialisation.

Au bout de deux mois il ne persistait qu’un trajet peu impor-

tant, quand le malade ressentit de nouveau des douleurs avec

tuméfaction à la base droite du thorax,

Le 10 mars 1895 ouverture d’un sécond kyste suppuré par voie transpleurale. Marsupialisation, drainage. La plaie était presque comblée, quant au bout de trois semaines, se produisit une forte cholerragie avec décoloration des matières, affaiblissement général, hypothermie.Tamponnement de l’orifice. fistuleux; le quatrième jour la bile reprend son cours normal. La fltiie se tarit en deux mois. Oaze ans après, octobre 1905,le malade

rentre pour être opéré d’une éventration de sa plaie antérieure.

Dans ce cas enfin que nous venons d'observer dans le service de M. Quénu, c’est l'hypertrophie persistante du foie qui a mis sur la voie du diagnostic de

poche oubliée.

Observation XXIX

(Personnelle inédite, n° 4.)

La nommée L..., cartonnière, âgée de 55 ans est passée salle Lorain dans le service de professeur Quénu par le professeur Widal le 31 mai 1911. Elle était entrée à Cochin pour une tuméfaction siégeant dans leflanc gauche sans aucun autre trouble.

La malade a eu 10 enfants, 5 sont morts en bas âge, les autres sont bien portants. Elle a eu à 35 ans un érysipèle, La maladie “actuelle a débuté il y a trois semaines, ou mieux, la malade s’est aperçue il y a trois semaines, parce qu’elle ne pouvait plus agrafer ses robes, qu’elle avait une tumeur siégeant dans le flanc gauche, au-dessous des fausses côtes. Jamais elle n’a eu d’ictère ni d’urticaire, de troubles digestifs, de douleurs ni d’hémorra-

gles.

PRE: de à

À l'examen on voit à l'inspection, une tumeur grosse comme un œuf saillante sous la paroi à trois travers de doigts sous les fausses côtes. La tumeur est lisse, régulière, rénitente, ferme et élastique, donnant bien la sensation d'un liquide sous tension. La région épigastrique est ferme, mate sur une hauteur de six travers de doigts. On y perçoit sur un plastron uniforme trois bosselures assez bien séparées par des sillons. A la partie infé-

- rieure on perçoit une sorte de frémissement hydatique.

Le foie est énorme, descend à droite de la 5° côte à cinq travers de doigts au-dessous des fausses côtes ; la matité se prolonge moins franche vers la fosse iliaque droite.

La rate est grosse, mais sa matité ne paraît pas absolument

continue avec la tumeur. À

En résumé : foie énorme, irrégulier, bosselé, non douloureux,

Mornard 6

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présentant une consistance élastique tendue ; on pensé à un kyste hydatique et même probablement à des kystes multiples. Pas d’éosinophilie, Weinberg positif. La radioscopie permet de supposer une grosse masse multilobée appendue à la face inférieure de lobe gauche du foie.

Opération le 12 juin 1911 par M. Quénu. Anesthésie à l’éther Incision gauche obliquement parallèle au rebord costal, sur la tumeur, Adhérence à la paroi, libérée par une résection circulaire de péritoine pariétal adhérent,

Ponction, formolage, incision et évacuation d’un kyste contenant, avec 400 grammes de liquide clair, une masse de vésicules et de membranes flétrie, mastic ; volume, tête de fœtus.

Inspection et éclairage de la poche exposée par des valves. On vit alors à la partie supérieure, un autre kyste du volume des deux poings et à la partie postérieure une autre poche, un peu plus grosse, saillante, séparées seulement par un diaphragme fibreux. Ponction, formolage, incision et évacuation des deux poches,

En inspectant on voit que vers la gauche le kyste antérieurest coiffé par la rate dont on prend un morceau ; qu'a droite les 3 kystes sont accollés au foie face inférieure du lobe gauche. Le kyste postéricur descend vers la colonne jusqu’à 25 centimètres de profondeur. Le schéma ci-joint en explique la disposition relative. Les suites opératoires furent normales, la malade expulsa par ses drains des débris d'hydatides à plusieurs reprises. Un des drains est enlevé le 17 juin. Elle sort le 10 août avec encore une fistule. Sen foie reste gros.

Le 27 novembre 1911 la malade présente encore une fistule qui suppure un peu. On constate la persistance de l’augmenta-

tion de volume du lobe droit du foie et on reprend la malade,

Le foie remonte en haut jusqu’à la 6° côte. La radiographie faite à deux reprises montre seulement que la coupole diaphragmatique droite remonte à 1/2 centimètre plus haut que lagauche, fait normal. Le bord inférieur du foie au contraire descend dans l’abdomen jusqu’à trois travers de doigt au-dessus del’épineiliaque, remonte obliquement jusqu’à l’ombilic, puis verticalement vers les fausses côtes gauches. La surface mate du foie est lisse, régulière, On pense, soit à un kyste inférieur constituant cette masse palpable, sort plutôt à un kyste postérieur ayant par son développement abaissé le foie,

Le 25 décembre 1911 opération par M. Quénu. Ether. Nettoyage et oblitération dela fistule par des compresses. Incision verticale latérale droite qui montre un foie abaissé. Cet organe présente des lésions nettes de cirrhose hydatique et quelques adhérences dues à de la périhépatite. La palpation de la face supérieure et inférieure révèlent un gros kyste postérieur qui saille à la fois sur les deux faces, convexe et postérieure.

On branche alors sur l’extrémité supérieure de l’iñcision verticale une autre incision suivant le rebord costal. On tombe alors sur une saillie blanchâte, tranchant sur le tissu hépatique. Ponction 100 grammes de liquide clair seulement. Formolage, Incision d’un kyste gros comme une tête d’enfant et évacuation de nombreuse vésicules et débris de membrane dégénérées, mastic. Asséchement de la poche avec des compresses formolées. On explore la poche par la palpation ; on l’expose à la vue avec 3 val. ves vaginales ce qui permet d'explorer avec la plus grande facilité toute sa surface, Pas d’autre poche. Marsupialisation, Drai-

nage, Fermeture en 3 plans, très difficile, de la paroi.

Cette observation étiquetée d’abord kystes mulliples de la rate semble bien un cas dekystes multiples du foie. La rate coiffait bien comme un bonnet la partie gauche de la poche n° 1 ; mais les 3 kystes s’incrustaient dans le lobe gauche du foie. H est peutêtre difficile de déterminer l'origine première hépatique du kyste n° 1; les deux autres poches 2et 3 semblent bien être hépatiques ; enfinle quatrième kyste ouvert ces jours derniers était en plein lobe droit. Ce dernier a échappé à l'exploration opératoire d’un chirurgien aussi habitué aux opérations de kyste hydatique et aussi prévenu de leur multiplicité fréquente que l’est M. Quénu. La raison en est dans le siège gauche de l’incirion, et le siège postérieur droit du quatrième kyste, hors de portée de la palpation par . l'incision qui avait été faite.

Enfin si rien ne veut révéler pendant plusieurs années un kyste ayant passé inaperçu, lorsque beaucoup plus tard il viendra à manifester son existence par quelque symptôme, ilsera le plus souvent classé

comme kyste récidivant dont rien ne permettra plus de le distinguer.

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