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Observation XXXI (Dévé, thèse Paris 1901.)
Cette observation provient de l’autopsie d’une femme cachec-
tique, présentant des kystes hydatiques multiples du foie, Le foie contenait 10 kystes. La veine cave d’une part et la veine sus-hépatique gauche d’autre part étaient complètement oblitérées. Pour ce qui est la veine cave, elle se Houvaitiécmee sur une longueur de 5 centimètres entre;2 Rite dont l’un occupait le lobe de Spiegel l’autre le bord postérieur du foie. Sur des coupes de la veine oblitérée on voyait que la lumière était remplie par une mince bande de tissu conjonctif dans lequel couraient des vaisseaux de nouvelle formation. La malade n’avait , cependant jamais présenté ni œdème, ni ascite. Quant à la veine sus-hépatique elle était pincée entre 2 kystes du volume du poing sur le bord postérieur du lobe gauche : Le plus antérieur ‘de ces kystes était pendant 2 à 3 centimètres au contact direct de la veine cependant perméable ; il eût donc pu se rompre à ce nivéau.
Les RuPTURES ont été plusieurs fois bien étudiées, notamment par Dévé ; nous n'avons pas à y insister dans cette étude. Leur mécanisme et leurs conséquences sont les mêmes que dans les kystes simples. Elles sont seulement toutes plus fréquentes que dans les kystes simples, et peuvent se faire dans les voies digestives, la plèvre et le poumon, les voies biliaires, les veines, absolument comme dans les cas simples. Un point qui nous a particulièrement frappé est l’extréme fréquence dé la ruplure périlonéale dans les
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kystes multiples. La thèse de Dévé qui traite de l’échinococcose secondaire est fort instructive à cet égard ; elle relate 45 observations d'échinococcose péritonéale coexistant avec l’'échinococcose hépatique, et sur ces 45 observations 17, soit 37,7 °/,, ont trait à des kystes multiples du foie. Dans sa thèse sur l’'échinococcose pelvienne, Lemaire relate 17cas analogues sur lesquels nous avons relevé 6 cas de kystes hépatiques multiples soit 35 °/. Qu'elle soit accompaguée ou non d'accidents aigus qui marquent la complication, la rupture péritonéale d’un kyste du foie s'accompagne soit d’un cholépéritoine hydatique, soit de greffes d'éléments échinococciques donnant lieu ainsi que l’a très bien démontré Dévé à l’échinococcose secondaire péritonéale. Ces faits sont trop connus pour que nous y insistions ; c’est leur fréquence dans les kystes multiples qui nous a paru intéressante à signaler, nous n'en eciterons que quelques exemples, dont l’un personnel, qui nous a donné l’idée de ce travail.
Observation XXXII
(Personnelle inédite, n° 5.)
Mre D..., âgée de 30 ans, mariée, entre à l’hôpital Cochin dans le service de M. Quenu, le 28 mai 1911, salle Terrier. Il y a deux ans et demi elle a eu un enfant actuellement vivant. Aucun antécédent personnel ni héréditaire.
IT y a sept ans début de la maladie actuelle par douleurs
dans le flanc gauche, survenant après un effort et irradiant dans
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tout l'abdomen, Ces douleurss’accompagnent de vomissements ; durée deux ou trois jours. Ces douleurs se répètent par crises à intervalles assez rapprochés, sans causer jamais de fièvre niictère.
En 1905, un an après le début des accidents, apparut dans la région inguinale gauche une tumeur qui augmenta peu à peu,on la prit pour une hernie. Un mois plus tard accès de douleurs violentes durant un mois,calmées par la glace. On pensa à une affection ganglionnaire et on envoya la malade à la mer. Depuis meilleur état, douleurs irrégulières calmées par le repos.
Mariage en 1906, rien d’anormal pendant les premiers temps. Onze mois après en 1907, début d'une grossesse à évolution normale sans douleurs, Pendant le développementon vit saillirsous la peau de petites tumeurs dont l’une épigastrique plus grosse atteignait le volume d'une tête de fœtus. L'accouchement en novembre 1908 nécessita une opération césarienne pratiquée par M. Boissard due à une distocie maternelle causée par des kystes hydatiques pelviens. Quelques-uns furent enlevés à l’opération mais on préviut la malade qu’elle en avait encore. Suites de couches quelque peu accidentées. Albuminurie pendant trois mois. Phlébite nécessitant quarante-cinq jours de lit débutant dix jours après laccouchement. De temps à autre, crises douloureuses, dont une cinq mois après l'accouchement (avril 1909) nécessita de la glace sur le ventre.
En 1910 les douleurs augmentent, la malade les attribue à des crises d’entérite. Matières normales. Les tumeurs sont stationnaires sauf pour l’inguinale qui augmente progressivement jusqu’à atteindre le volume d’une orange.
À l'examen on relève une tumeur inguinale gauche du volume d'un petit melon mate fluctuante présentant le frémissement
‘ hydatique type. En outre plusieurs tumeurs plus petites siégeant
A OR dans l’abdomen, et perceptibles au travers de la paroi, variant d’une noix à une mandarine. Dans la région ombilicale tumeur du volume d’une tête d’enfant. Toutes ces tumeurs sont molles, fluctuantes, sans frémissement. Le foie est augmenté de volume et sa matité descend à 4 travers de doigt sous les fausses côtes ; au toucher vaginal le fond du vagin est aplati par une grosse tumeur occupant tout le petit bassin.
Première opération par M. Quenu le 22 mai 1911. Anesthésie à l’éther. Laparotomie médiane sous-ombilicale. On enlève d’abord un volumineux kyste de l’ovaire gauche qui est bien hydatique. On extirpe alors un gros et un petit kysteflétrissitués dans le mésocæcum, réparation Déritodéale Du extirpe ensuite 3 ou 4 kystes du ligament largz et de l’ovaire droit : l’un d'eux est disséqué dans la corne utérine. On fait alors par le procédé américain une hystérectomie subtotale de droite à gauche. On extirpe ans kystes du ligament large gauche dont quelquesuns se sont insinués dans le mésosygmoïde. Pour lier le pédicule utéro-ovarien gauche,on dissèque, ponctionne et ouvre un kyste sous-pariétal contigu à l’inguinal ; mais ce dernier n’est pas vidé par cette manœuvre. On enlève par voie inguinale 3 kystes du'canal inguinal gauche. Puis un gros kyste dans le mésocôlon sygmoïde, 3 dans l’épiploon, on gratte et formole un kyste de la base du ligament large droit qu’on ne peut extir- __ per. On a donc extrait par cette opération 14 kystes. Réparation | péritonéale. Toilette du péritoine, En explorant l’abdomen on constate que 2 kystes sous-hépatiques et un pelvien sont laissés en place. Le poids de tous ces kystes : 2 kgr. 700. Durée de l’opération deux heures vingt-cinq. Suites opératoires excellentes.
Deuxième opération le 30 mai par M. Quenu. Ponction après
ro pes anesthésie locale. Formolage, incision, drainage par le cul-de-sac vaginal du kyste pelvien. La poche ne peut être extraite, elle
s’élimine spontanément daus les jours suivants.
Troisième opération par M. Quenu le 8 juin 1911. Réouverture de l’abdomen sur la ligne médiane en passant par l’incision déjà faite que l’on agrandit par en haut, Examen complet de l’abdomen dans lequel on trouve un kyste gros comme une noisette sur le mésocôlon. Au niveau de la face inférieure du foie apparaissent deux kystes, l’un au bord, en dehors de la vésicule biliaire, et l’autre sur la face convexe, contigu au précédent, Traitement habituel du kyste supérieur. (Ponction, formolage, extraction de la membrane, assèchement et inspection) dans sa cavité bombe un autre kyste séparé par une mince membrane on en extrait une masse de vésicules, rien ne venait à la ponction. La cavité du premier kyste sert de puits pour les amener au dehors. Formolage, assèchement,
Le kyste inférieur bourré de vésicules est traité de même. On explore la face convexe et incise une éminence qui n’est que le
fond encore bourré de vésicules du kyste n° 2,