AO DEL
Nettoyage complet, fermeture de chaque poche au tour d’un drain comme pour un drainage de vésicule. Les drains sontsortis par une contre-ouverture, Fermeture de la paroi. Le soir très bon état. Le 7 juin au contraire P. : 160, facies anxieux. Urines, 300 grammes. T.: 383. Suintement dans le pansement, ventre souple. À midi crise de suffocation violente, dyspnée, cyanose des extrémités. Sérum, huile camphrée, glace præcordiale, Spartéïne. Ces accidents d'intoxication hydatique grave continuent avec affolement du cœur, cyanose, Ho vomissements, fièvre et bon état local, se prolongent jusqu’au 8 au ne Grande amélioration, on continue le traitement. Les drains donnent un mélange de sang, pus et bile, qui laisse place à une suppuration verdâtre avec de temps à autre élimination de débris de vésicules. Le 24 juin congestion desbases, du 28 juin au 1er juillet apparition d’urticaire. La malade sort le 29 juillet avec une petite fistule purulente qui se ferme le 20 août jusqu’au 5 septembre où elle serouvre, on remet un drain par où s’écoulent bile et pus.
Elle rentre le 12 octobre, on dilate le trajet fistuleux dans lequel le 27 on met de la pâte de Beck ; la malade sort le 29. Elle a présenté quelques signes d’insuffisance hépatique et ovarienne mais elle va bien et engraisse. La malade a été revue en février
1913 en excellent état avec foie normal et abdomen absolument
normal.
Nous avons rapporté tout au long cette observaon qui nous semble intéressante à plus d’un titre :
nl
dystocie par kyste hydatique, présence de frémisse-
ment dans la poche inguinale, kystes multiples du :
foie ayant vraisemblablement donné naissance à des
kysles secondaires du péritoine de l'ovaire de l'utérus.
Extürpation en trois séances de cette multitude de kystes suivie la troisième fois d'intoxication hydatique grave. Enfin cependant guérison définitive de la malade.
Il nous serait facile de citer de très nombreuses observations de kyste multiples abdominaux, succédant à la rupture d’une des poches de kystes multiples hépatiques, dans lesquelles la poche rompue a été retrouvée, soit à l’opération, soit à l’autopsie : observation de Brom dans la thèse de Dévé — d’Arischutz dans les Bulletins de la société de médecine de Kiel 1911 — de Rohde dans la thèse de Dévé par exemple. Nous ne les relatons pas ici car la démonstration de ces faits a été suffisamment faite expérimentalementet cliniquement par Dévé. Nous citerons seulement cette observation de Quenu ; cholipéritoine hydatique par rupture d’une poche de kystes multiples du foie ; le malade vient en effet d’être réopéré pour kystes secondaires de péritonie et nouvelle rupture :
Observation XXXIII
(Quenu, in thèse Cauchoix observation 30 (résumée. )
Auguste P..., âgé de 32 ans, entre le 20 février 1906 dans le service du professeur Widal pour une bronchite qui guérit ; le malade accusant des douleurs abdominales on diagnostique une péritonite à pneumocoques et on le passe dans le service du
professeur Quenu Îe 25 février.
OR
À l'examen, tumeur du volume d’une mandarine douloureuse limitée ayant débuté sous le rebord costal droit ily aun an. Cette tumeur est séparée du foie par la sonorité côlique. Matité mobile dans les flancs. |
Ascite abondante, T 37°5. L'’ascite augmentant avec ventre tendu, œdème de la paroi, peau luisante, avec douleurs sans urticaire ni signes de péritonite, ponction : 6 litres de liquide mousseux verdâtre contenant de l’albumine des pigments biliaires de l’urée, du sang, on diagnostique une rupture péritonéale de kyste hydatique.
Opération le 2 mars. Evacuation de 2 litres d’ascite : à l’incision on tombe sur un kyste hydatique de la paroi gros comme une mandarine, ponction, formolage, incision, suture. A l’ouverture du ventre on constate que tout est à gauche, fermeture. Laparotomie gauche on trouve un premier kyste rompu,rempli de bile, à côté duquel saille un autre kyste qui est ponctionné, formolé, incisé, vidé.
Dans sa cavité saille un troisième kyste à contenu clair qui est traité de la même manière. Marsupialisation et drainage. Nettoyage de la cavité abdominale,
Suites normales, excellentes. Le malade sort guéri le 10 avril, porteur seulement d’une fistule en voie d’assèchement,
Le 1°* mars 1913. — Ce malade rentre salle Cochin, lit n° 2, dans le service du professeur Quenu où nous l’avons examiné,
Le malade est revenu à l'hôpital parce que depuis quelques mois il souffre dans la partie supérieure de l’abdomen à droite comme à gauche, et qu’en même temps il voit son abdomen augmenter progressivement de volume. Depuis l'opération il allait bien et exerçait son métier d’allumeur de réverbères.
Le 26 février 1913.— Le malade eut sans raisons nettes une
= Die)
crise douloureuse violente dans l'abdomen accompagnée de vomissements, de tendances syncopales sans urticaire. À partir de ce jour, son abdomen se mit à augmenter rapidement de volume.
A l'entrée le 1e mars le ventre est tendu, avec œdème pariétal léger, la peau est luisante ; il y a douleurs diffuses. La percussion révèle une ascite libre considérable ; te ventre est trop tendu pour que l’on puisse examiner le foie. :
Le 3 mars. — Mêmes symptômes; la fièvre est montée jusqu’à 39°2 le 1°"; elle oscille ensuite autour de 38. Le pouls rapide est à 110. La respiration est gènée par le refoulement du diaphragme ; l'abdomen surdistendu est globuleux et saillant contrastant avec l’état de maigreur généralisée très marquée du malade. Ponction par M. Quenu qui ramène une ascite bilieuse;
le diagnostic porté de rupture d’un kyste hydatique se trouve
donc confirmé.
Opération immédiate. Laparotomie médiane sus-ombilicaie partant de 3 travers de doigts au-dessous de l’appendice xyphoïde. On tombe sur un épiploon adhérant à la paroi; on prolonge alors l’incision vers le bas jusque mi-distance entre l’ombilic et la symphyse pubienne. Il s'écoule alors un liquide jaune verdâtre, clair, contenant des masses jaunâtres, chamois, effilochées billeuses, molles, grosses comme un pois ou une noisette. Après évacuation de 4 à 5 litres de liquide, il sort une vésicule flétrie de 15 centimètres de diamètre environ, puis plusieurs autres flétries aussi, mais plus petites. On explore alors l'abdomen. La masse intestinale forme une tumeur arrondie, médiane, sonore, englobée par l’épiploon, semblant contenir des kystes. A droite la, main peut atteindre la face inférieure du foie qui ne présente ni kystes ni cavité, mais qui est inégale, grenue, dure ;
ou ne peut contourner le bord antérieur pour alteindre la face
AE CE convexe. À gauche on monte facilement dans l’hypocondre où on ne trouve rien ; dans la fosse iliaque gauche, diverticule péritonéal (éventration) rempli de liquide et de vésicules hydatiques qui sont extraites par une incision et nettoyage de la poche. M. Quenu pense qu’il s’agit à nouveau d’un kyste du foie dont la paroi s’est fissurée et le contenu vidé dans l’abdomen; néanmoins il existait un kyste péritonéal dans un trajet d’éventration. La masse intestinale semble renfermer encore des kystes; le foie “encore gros paraît aussi en contenir. Fermeture sans drainage.
Guérison rapide. Sortie le 22 mars; le malade doit revenir pour
être opéré des kystes qu’il garde encore.
Ces observations sont de beaux exemples des compressions et des accidents de ruptures dus aux kystes multiples du foie ; nous n’en rapporterons pas davantage, ces faits étant connus.
LES SUPPURATIONS sont une autre complication fréquente : nous les avons étudiées déjà au chapitre d'anatomie pathologique, nous ne dirons doncici que deux choses : elles sont beaucoup plus fréquentes que dans les kystes simples ; toutes les poches peuvent être suppurées ; on observe très souvent à côté d’un kyste suppuré un autre kyste a contenu eau de roche, ce qui prouve que chaque kyste évolue pour son compte. La suppuration est un des grands facteurs de gravité.
Quant aux lésions de cIRRHOSE HYDATIQUE; aux iN- TOXICATIONS HYDATIQUES post-opératoires nous n’en parlerons pas, ayant déjà étudié la première, et devant étudier l’autre plus loin.