‹ Contribution à l'étude des kystes hydatiques multiples du foieChapitre 24 sur 27 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Le pronostic des kystes hydatiques multiples du foie est grave et à ce point de vue diffère notablement de celui des kystes simples. A la Société de chirurgie, de nombreux auteurs, MM. Hartmann, Quenu, entre autres, s’étonnaient de la noirceur des statistiques allemandes qui aceusaient une mortalité de 30°/,; M. Quenu après avoir consulté ses observations personnelles trouvait en 1910 le même pourcentage, 3 morts sur 10 cas alors que 35 observations de kystes simples ne lui avaient donné qu’une seule mort. Le mode de traitement appliqué paraît n'avoir que peu d'influence d’ailleurs ; le pourcentage relevé par procédéopératoire variant fort peu comme nous pouvons le constater.

Erlieh sur 105 cas opérés trouve 30 morts dont (moyenne 30 °/,) :

Ponction 8. cas 3 morts : . . . 36°/ Marsupialisation 61 cas 16 morts . 26,2 °/, Extirpation 5 cas 2 morts. . . . 40°, Réduction 22rcas bimorts. .. LR 22,70) Mixtes 9 cas 2 morts . .. 1. : 22,8°/

Mornard 7

Becker, sur 18 cas, opérés trouve 7 morts, soit 38,8 °/, tous ces cas ont été marsupialisés sauf 1 cas où on a extirpé un kyste, marsupialisé l’autre, avec guérison.

Péricie, sur 8 cas opérés, trouve3 morts, soit37 °/, tous marsupialisés.

A la Société de Chirurgie sur 54cas opérés 14 morts Soit 26.2/4.

Les procédés opératoires ne sont indiqués que 39 fois : it

Marsupialisation 26 cas 8 morts . 34°}, Réduction-Z’cas. 2 morts!) 060290

Wegas et Cranwell, sur 45 cas, n’ont que 8 morts 195%

Dans les 33 cas que nous avons réunis (seuls opérés)nous trouvons 12 morts 36 °/,. Ce qui nous donne 74 morts sur 266 cas opérés dans les pays les plus divers avec une mortalité de 28 Que :

Le pronostic des kystes multiples reste donc grave, et à la réflexion il nous semble difficile qu'il en puisse être autrement. Deux facteurs viennent en effet s’ajouter pour augmenter la mortalité : gravité plus grande de la maladie, gravité plus grande de l’opération.

La gravité plus grande de la maladie est évidente si l’on songe à la diminution considérable du parenchyme hépalique, que peut amener la multiplicité des parasites ; à la fréquence des suppuralions d’une ou plusieurs poches ; à l’éfaf souvent affaibli des ma-

lades. Enfin il faut songer aussi à la possibilité d'une cirrhose hydatique dont Cranwell a démontré l’existence mais dont il reste à établir la fréquence.

La gravité plus grande de l'opération se comprend tout aussi bien ; l’anes{hésique toujours toxique pour le foie est absorbé en quantité d'autant plus considérable qu'il est administré plus longtemps, et peut agir d'autant plus fort que le foie est déjà plus altéré ; l’acte opératoire est long, compliqué de manœuvres multiples qui toutes multiplient les chances d'infection et la gravité du choc; les incisions hépatiques multiples amènent toujoursune hémorragie qui est parfois considérable comme dans l’observation de Lenormant (Progrès Médical, 1910, nov.); enfin l’intoxication hydatique post-opératoire a d’autant plus de chances de survenir qu’elle peut résulter de l’ouverture de chacune des poches considérée séparément. Et de fait elle nous a paru très fréquente dans les kystes multiples. Dévé, dans son article de la Revue de chirurgie, en décrit trois formes : légère, grave et mortelle. Il rapporte 37 observations de kystes du foie, suivis d'intoxication, sur lesquelles dix concernent des kystes multiples,ce qui nous semble une proportion plus forte que même la grande fréquence-des kystes multiples ne pouvait le faire supposer. Nous en avons rapporté un cas personnel grave. Dans notre cas ce n’est qu'après la troisième in- tervention qu'est survenue l’intoxication, bien que la trôisième fois toutes les précautions possibles aient été prises pour éviter le contact du liquide avec les

tissus. Peut-être faut-il penser ici à la possibilité d'un phénomène d'anaphylaæie ; la malade aurait été sensibilisée à la première intervention le 22 mai, et le 6 juin une petite quantité de liquide toxique, insuffisante dans d’autres conditions, aurait suffi à déterminer les accidents. Quinze jours seulement se sont écoulés entre les deux interventions, et c’est justement ce laps de temps qui semble le plus favarable à l’éclosion des accidents, ainsi que l'indique M. Richet. Il semble donc qu'il faille espacer davantage les séances opératoires ; c’est d’ailleurs l’opinion qu'exprimait M. Quenu au sujet de cette malade. Toutes ces conditions, en général réunies sur le même malade, nous semblent suffisantes pour ex-. pliquer la gravité du pronostic de ces cas.

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