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HISTORIQUE

L'histoire des kystes séreux congénilaux ne remonte, d’après les auteurs classiques, qu’à 1839. En cette année, César Hawkins en publia sept observations et sépara nettement ces Lumeurs des autres malformations congénitales. En effet, on a dû confondre, pendant des siècles, ces productions pathologiques avec les monsiruosités, pour qu'aucun observateur ne les ait signalées avant l’auteur anglais. C’est la remarque que fait Boucher dans sa thèse ; il attribue, en outre, ce silence, à la rareté de ces lumeurs.

Au cou, leur siège de prédilection, on les a confondues avec des kystes de la glande thyroïde. Ainsi, c’est probablement une observation de kysle séreux congénital du cou, que publie Nicod d’Arbendt en 1840, sous la dénomination de goître des nouveau-nés.

Boyer en 1821 réagit le premier contre celte erreur ; il affirme qu'il se forme quelquefois « entre l'os hyoïde et le cartilage thyroïde, sur la membrane qui les unit, derrière le peaucier et le muscle thyro-hyoïdicn, une tumeur contenant une matière visqueuse. »

Redenbacher, en 1828, dans sa « Disserlatio inaug. de ranula sub lingua congenila » rapproche ces kystes des grenouillettes.

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C’est donc Boyer et Redenbacher qui ont les premiers signalé celte entité morbide. |

A la suite du travail de Hawkins, les observations se

multiplièrent, citons celles de Wernher 1843, de Joseph Gilles 1853, de Virlet 1854.

Lorain publiait, en 1853, la première observation française qu'il avait recueillie dans le service de Nélaton. L'année suivante, il communiquait une autre observation avec un examen histologique dû à Robin.

P. Boucher en 1868, donnait le travail le plus complet, jusque-là, sur cette question.

Cependant, à la suite des études faites en Allemagne, sur les lymphangiomes, surtout par Wegner el Middeldorpf les analogies entrevues entre les kystes que nous décrivous et ces productions, firent entrer dans une voie nouvelle et très féconde, l'hisloire de ces tumeurs et leur étude est devenue selon la remarque de MM. Lannelongue et Achard l’un des sujets les plus intéressants parmi les affeclions congénitales.

Dans leur travail, MM. Lannelongue et Achard passent en revue tous ces travaux, en discutent les résultats, puis, à l’aide de 27 observations personnelles, ils donnent la description anatomique et clinique de ces tumeurs, mettant écalement en lumière les problèmes de pathogénie qui s'y rattachent. Les observations et les examens histologiques de MM. Hélary, Walther, Broca, Thiéry, Pilliet, ont fait avancer considérablement cette question.

En résumé, l'histoire des kysles séreux congénitaux peut être divisée en rois périodes :

Première période. — De 1821 à 1839. De Boyer à César

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Hawkins : on sépare les kystes des autres malformations congénitales. 2E:

Deuxième période. — De 1839 à 1870. De César Hawkins à Boucher : Etude clinique, accumulation d’observations, premier examen histologique par Robin.

Troisième période. — De 1870 à nos jours. De Boucher à MM. Lannelongue et Achard : Examen histologique des parois kystiques. Recherches sur leur pathogénie. Examen bactériologique du contenu et des parois.

Examinons les plus récentes acquisitions.

Dans la séance de l'Académie des Sciences, du 27 décembre 1888, M. le professeur Verneuil et M. Clado communiquaient quatre observations de kystes dermoïdes dont l'examen microscopique fit décéler la présence dans leur contenu de microbes de formes diverses. MM. Lannelongue et Achard à leur tour publiaient en 1890 une étude microbiologique de dix kystes: dermoïdes congénitaux, dans laquelle is concluaient à l'absence, dans ces productions pathologiques, de tout microorganisme, en cas d’intégrilé absolue des poches. |

On n’a pas encore, à notre connaissance, répété ces examens pour les kystes séreux. Cependant, M. Achard nous dit avoir fait deux analyses bactériologiques de kystes séreux avec un résultat négatif.

De notre côté, nous avons essayé d’obtenir.des cultures en ensemençant le contenu d’un kysle séreux dans divers milieux mais nous n'avons vu se développer aucune colonie.

Notre résultat serait donc le même que celui obtenu par MM. Lannelongue et Achard, pour les kystes dermoïdes.

DIVISION. — ÉTIOLOGIE

On divise habituellement les kystes séreux congénitaux, en kystes simples ou uniloculaires et en kystes composés ou multiloculaires.

Cette distinction parut s’imposer dans une discussion qui eut lieu en 1859 à la Société de Chirurgie, sur la thérapeulique à suivre dans le traitement de ces néoformations congénitales.

D'un commun accord on reconnaissait que la ponction suivie d'injection iodée réussit complètement dans les kystes uniloculaires et échoue, le plus souvent, dans les kystes composés. De là, la nécessité de cette division, très importante en clinique, au point de vue des indications opératoires.

Boucher essaye de donner une raison anatomique de cette classification. Il croit, en effet, pouvoir affirmer, d’après ses observations, que les kystes simples ne contiennent que de la sérosité, tandis que les kystes composés peuvent contenir, soit de la sérosité, soit du sang plus ou moins altéré, mêlé souvent à des substances organiques solides, de nature cartilagineuse et osseuse. Mais celte asserlion ne nous paraît pas répondre à la réalité, car, dans nombre d'observations de kystes uniloculaires, on a trouvé le contenu sanguinolent dont parle cet auteur. Nous en donnons nous-même un exemple.

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Du reste, la simplicité des kystes n’est souvent qu’apparente. Plus d’une fois, on trouve, après la ponction, une masse indurée, une véritable tumeur que la collection liquide dissimulait. PRÉSAR

Enfin, l'étude histologique des parois kystiques n’a laissé aucune base anatomique à cette division. Nous rapportons textuellement ce passage important du travail de MM. Lannelongue et Achard, qui prouve combien est peu naturelle la division des kystes, basée sur la quantité de leurs loges. ci k . « Les examens anatomiques montrent qu’une loge, supposée simple, n’est pas loujours unique, qu'il y a, en réalité, souvent plusieurs poches communiquant entre elles ou que la paroi présente des cavités secondaires incluses, des cloisonnements incomplets, ou une disposition trabéculaire semblable à celle qu’on observe dans les loges principales des kystes composés. Enfin, dans une observation de Cazin, un kyste simple envoyait des prolonge-. ments diverticulaires dans les parties profondes. La distinction n’est donc pas nettement tranchée entre les kystes simples et les kysies composés ; on observe Loutes les variétés intermédiaires entre les uns et les autres. »

M. Lannelongue et M. Achard rapprochent ensuite ces kystes des tumeurs analogues de l'ovaire et font remarquer que ceux-ci ne forment pas deux espèces différentes, selon qu’ils sont composés d’une ou de plusieurs loges, cetle disposition n'élant qu’une forme d’un même ordre de tumeurs.

M, Walther, dans le Traité de chirurgie de Duplay et Reclus, reconnaît aussi que « Ja division des kysles en

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uniloculaires et multiloculaires importante en clinique, et au point de vue des indications thérapeutiques, n’est justifiée anatomiquement par aucune différence de structure suffisante. » Il compare les kystes séreux cougénitaux aux kystes de l'ovaire et les masses indurées des premiers aux gâleaux de kystes que l’on rencontre fréquemment dans les tumeurs ovariques de cette nature.

La seule notion étiologique précise de cette variété de kystes est leur origine congénitale.

Ils se développent pendant la vie intra-utérine, et le plus souvent ils sont reconnus au moment de la naissance de l'enfant. Quelquefois ils peuvent rendre l’accouchement difficile, leur développement est assez précoce : MM. Desprès el Lelong les ont rencontrés chez un fœtus de cinq mois. Guillaumet a publié une observation de kyste séreux chez un fœtus de quatre moiset demi, on les atrouvés sur des fœtus de quatre mois (Morgan et Lorain).

Maintes fois on ne remarque ces tumeurs que quelque temps après la naissance. Dans une de nos observations le kyste n’a attiré l'attention qu’à l’âge de deux ans.

Le sexe, l'hérédité, les accidents de la grossesse, l’état

e général des parents ne paraissent pas avoir une influence

appréciable dans l’étiologie de ces kystes. Cependant le sexe aurait, pour Wernher, une certaine importance au point de vue de la disposition topographique des tumeurs kystiques. Ilsemble croire que les kystes de la région antérieure du cou sont plus fréquents chez les enfants mâles

et ceux de la région postérieure chez les enfants de sexe

féminin. Cette opinion n'a pas été confirmée par les obser-

vations ultérieures.

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. La coïncidence de vices de conformation n'est pas plus fréquente pour ces tumeurs que pour les autres affections congénitales (Lannelongue el Achard). Par contre, à la suite des études modernes sur le lymphangiome el des aperçus nouveaux sur la pathogénie des kystes congénilaux, on attache aujourd’hui la plus grande importance à la coexistence d’autres anomalies, angiomes, hypertrophies congénitales, états éléphantiasiques par ectasies lymphatiques, qui paraissent avoir plus d’un point de contact avec. la pathogénie des productions qui nous occupent.

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