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discussion encore actuellement, et le moment n'est sans doute pas éloigné où le nom même des kystes séreux congénilaux pourra disparaître de la nosographie et être remplacé par celui de lymphangiome kystique congénital.
À la question de l’origine des kysles congénitaux, se rattache naturellement l'étude bactériologique qui a été
faite dans ces dernières années pour un certain nombre de cas.
On s’est demandé si les tumeurs dites simples ou bénignes, susceptibles d’nn accroissement local, par extension de proche en proche, mais incapables de se généraliser par le développement à distance de foyers secondaires, pouvaient reconnaître, parfois, une origine parasitaire. Les tumeurs congénitales offraient particulièrement un intérêt considérable car une autre question se posait simultanément : l'organisme, protégé par l’épithélium intact de ses téguments externe et interne, peut-il se laisser envahir par les microbes ?
En 1866, M. Poncet, du Val-de-Grâce, ayant cru rencontrer, dans la paroi et le contenu de diverses productions sébacées, des micro-organismes, pense avoir découvert la cause de la formation et du développement de ces tumeurs. fl nomma microcoque sébacé, le micro-organisme qu'il venait de décrire et il lui attribua la genèse de toutes les productions sébacées sans distinction d’origine et de position. Mais bientôt on s’aperçut que ces microcoques n'étaient que des granulations, colorées par les couleurs d’aniline, comme le démontre M. Garré. De plus, cet auteur ayant essayé, dans quatre cas d’athérome
d'obtenir des cultures vit toujours les milieux ensemencés rester stériles.
Plus tard, en 1838, MM. Verneuil et Clado, dans la séance de l’Académie des Sciences du 27 décembre, communiquèrent quatre analyses bactériologiques de kystes dermoïdes, dans lesquelles on avait constalé la présence de rombreuses bactéries ; trois de ces analyses sont données comme certaines, la quatrième comme douteuse.
Il s'agissait de deux kystes dermoïdes du plancher buccal, et de deux kystes dermoïdes de la queue du sourcil. Ces auteurs se procuraieat le liquide quelque temps avant l'opération, en prenant toutes les précautions possibles, puis, après lui avoir fait subir les préparations d'usage, il élait examiné au microscope.
Les bactéries de MM. Verneuil et Clado étaient « en nombre variable, de formes diverses, susceptibles d'être multipliées par les cultures ». Ces cultures, inoculées à des souris et à des cobayes ont paru parfaitement inoffensives.
Au point de vue de la forme, ces auteurs décrivent « des bâtonnets ressemblant à ceux de la fièvre typhoïde, de 7 y environ, légèrement recourbés et arrondis à leur extrémité, isolés ou réunis en groupes dans l'intervalle des cellules épidermiques ou épithéliales ». Ces bâtonnets liquéfiaient la gélatine et se disposaient en étoile. « La culture sur l’agar glycériné donne une tache d'un blanc grisâtre, un peu exubérante, à bords légèrement relevés ». Ces microbes ont été trouvés dans un kyste de la queue du sourcil. F
Dans les kystes du plancher de la bouche, ils ont
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découvert une grande quantilé de microcoques, mobiles, libres, ne formant ni amas, ni grappes, ni chapelels, ui chaïnettes. La paroi en était dépourvue.
Le résultat obtenu par l'examen du contenu et des parois du quatrième kyste est douteux, car le liquide, recueilli pendant l'opération, a pu être souillé par des germes étrangers. | }
M\. Verneuil et Clado, après avoir exposé le résul-
tat de leurs recherches, n'hésitent pas à affirmer qu’une
conclusion générale serait prématurée, vu le petit nombre de faits produits ; cependant ils font les remarques suivantes :
1° Les kystes, dans lesquels on a rencontré des microbes, bien qu'’indolents comme d'habitude, étaient en voie de progrès manifeste, quand les malades sont venus à l'hôpital. Il serait donc possible que l'invasion microbienne ait élé pour quelque chose dans cet accroissement, dont les causes sont actuellement peu connues, les kystes en question pouvant rester stalionnaires pendant de longues années.
2° Les kysles dermoïdes de la face entièrement développés et clos pendant la vie intra-utérine et dont la cavité n’a jamais été en communication directe avec le monde extérieur, n’ont pu recevoir les microbes qui les habitent, que par l'intermédiaire du système vasculaire qui naturellement les renfermait au préalable.
3 La présence de microbes dans les kystes dermoïdes ne se révélant par aucun signe objectif, nous fournit un nouvel exemple de ce que l’un de nous a décrit sous le
nom de microbisme latenl.
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Deux ans après cette communication à l'Académie des Sciences, MM. Lannelongue et Achard publiaient dans les Annales de l'Institut Pasteur (1890, page 293), une élude microbiologique de dix kystes congénitaux.
Le procédé par lequel ces auteurs recueillaient le contenu des kystes est différent de celui employé par MM. Verneuil et Clado. La poche élait ouverte, après l’extirpation, avec des instruments flambés et le contenu était cultivé sur divers milieux.
Dans les dix cas, huit fois les milieux ensemencés restèrent stériles. Deux fois ils donnèrent des cultures abondantes.
Nous nous dispenserons d'analyser les cas négatifs en insistant seulement sur certaines particularités qu'offraient les kystes congénitaux dans le contenu desquels l'analyse montra la présence de bactéries.
Ces kystes siégeaient tous deux au cou. Le premier, chez un enfant de deux mois, était le type des kystes branchiaux : il envoyait un prolongement dans la direction de l'os hyoïde et, point important, « il communiquait avec l’extérieur, par un petit orifice cutané d'où suintait, avant l'opération, un peu de liquide laiteux ». La culture du liquide contenu dans le kyste fournit plusieurs espèces de microbes, bâtonnets, bacilles et microcoques dont la présence s'explique facilement par l’existence de l’orifice cutané qui faisait communiquer la cavité avec l’extérieur.
La seconde tumeur renfermait un pus jaune verdâtre, crémeux, homogène. On y retrouvait tous les caractères de l’inflammation suppurative. On obtint des cultures d'un
SYRRE microcoque ayant une grande ressemblance avec le staphylococcus pyogene albus.
Mais l'enfant porteur de ce kyste présentait deux particularités qui pouvaient expliquer la présence de bactéries dans son intérieur. C'était d’abord un accident local : l'existence d’une cicatrice manifeste, à la surface de la tumeur. Cette cicatrice témoignait de la présence au niveau de la tumeur d’un trajet plus ou moins ancien qui aurait pu être la porte d'entrée des micro-organismes. La seconde particularité pourrait expliquer l’envahissement de la tumeur par des microbes venant de la circulation générale. En effet, l’enfant en question avait eu une maladie infectieuse, la rougeole, deux mois avant d’entrer à l’hôpital pour son kyste; ce fait suffit pour donner un certain poids à l'hypothèse d’une infection secondaire.
MM. Lannelongue et Achard concluent que les différents kystes qu’ils ont analysés se sont montrés le plus souvent dépourvus de microbes.
« Dans les cas où la présence des microorganismes a été constatée, elle étaitliée à une condition particulière en
laquelle elle trouvait sa raison d’être. »
Leurs recherches leur ont appris que les kystes congénitaux, tant que leurs parois ont conservé les caractè-
res des tissus normaux et que leur cavité n’a pas été mise en communication avec le monde extérieur, ne
renferment pas des microbes, du moins ne renferment
pas des microbes cultivables dans les milieux qui sont
actuellement d’un emploi ordinaire en bactériologie. Nous avons voulu rappeler ces travaux bactériologiques,
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ET Ds
qui ont trait aux kystes dermoïdes, parce que par leur origine congénitale ils se rapprochent de ceux qui nous occupent. Des analyses bactériologiques n'ayant pas été faites pour ces derniers, on pourrait & priori par analogie les estimer dépourvus de microorganismes. C’est en effet ce qui résulte de deux examens bactériologiques de kysles séreux congénitaux que M. Achard nous a dit avoir pratiqué après la publication de l’article des Annales de l’Institut Pasteur.
Nous avons ensemencé le contenu d’un seul des kystes que nous avons pu observer et le résultat a été négalif. &
Après l’extirpation de la poche, nous avions recueilli le liquide avec toutes les précautions habituelles suivant en cela l'exemple de MM. Lannelongue et Achard.
Bien qu’il soit peut être imprudent de vouloir déduire des conclusions générales, d’après un nombre aussi minime d'observations, pourtant, en nous appuyant sur les résultats obtenus par l'étude bactériologiqne des kystes dermoïdes, nous pouvons admettre comme probable l’absence des bactéries dans les poches kystiques congénitales non enflammées et ne communiquant pas avec l'ex
térieur.