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basé sur des documents inédits que je lui ai communiqués etsur des vérifications personnelles (1).
Monsieur Grimbert (2), dans une communication à la Société de pharmacie de Paris, arrive aux mêmes résultats.
Quant à l’acétate mercurique, s’il a, lui, l’avantage de précipiter entièrement les matières protéiques, il a l'inconvénient de fournir un sérum mercuriel qui, d'une part, attaque les garnitures métalliques de cuivre et par conséquent ne peut être examiné que dans un tube doublé intérieurement de verre, et qui, d'autre part, ne se prête à l’examen rigoureux par la liqueur de Fehling qu'après l'élimination du mercure par l'hydrogène sulfuré ; ce qui, dans la pratique, est une assez grosse complication.
J'ai trouvé qu'on évitait les inconvénients résultant de l'emploi des réactifs précités en ayant recours à l'acide métaphosphorique, ou mieux, à cause de la plus facile conservation des solutions, au métaphosphate de soude, qu’on met au moment du besoin en présence d’un acide.
Ce réactif est préparé en chauffant dans une capsule de platine du phosphate sodico-ammonique, d'abord avec précaution, pour enlever l’eau de cristallisation, puis fortement au chalumeau à gaz, jusqu’à fusion ignée tranquille, sans dégagement de
(1) J. Roux. Etude sur les meilleurs procédés d'analyse du lait, p. 36 et37.
Thèse de médecine, Bordeaux, 1890.
(2) Société de pharmacie de Paris; séance du 1er juin 1892.
bulles gazeuses; on coule en fragments de petites dimensions sur une plaque de tôle légèrement chauffée, et quand ils sont à peu près refroidis, on les enferme dans des flacons bien bouchés:
Il est préférable de préparer le métaphosphate comme il vient d'être dit que d'employer le produit du commerce, toujours accompagné d’une forte dose d’orthophosphate, inactif dans le cas qui nous occupe. Si toutefois on voulait s’en servir, il faudrait le fondre et le calciner à nouveau.
On fait à froid une solution à 5 p. °/, de ce sel vitreux,enayant soin d’agiter fréquemment pendant la dissolution ou de tenir Le sel à la partie supérieure du liquide plutôt que dans les couches profondes, car le métaphosphate de soude, bien que trés soluble dans l’eau, ne s’y dissout que lentement.
Je me suis assuré qu'à la température ordinaire la vitesse de transformation, par hydratation, du métaphosphate neutre en orthophosphate acide était extrêmement lente.
Ainsi une solution à 5 p. t/, de ce sel, maintenue pendant quatre mois à une température de 12 à 15° et renfermant au début de l'expérience, 6 c/, de son métaphosphate transformés en orthophosphate, en contenait 10 +/, au bout du temps indiqué, soit une perte dans le titre de 1 °/, par mois.
On peut donc être assuré que la solution à 1/20 de métaphosphate de soude, faite comme il a été dit, est susceptible, même après un an de préparation, d’être utilisée pour précipiter les albuminoïdes du lait.
L'hydratation à chaud est même beaucoup moins rapide qu’on ne pourrait le croire; aussi, dans des cas pressés, peut-on opérer de la manière suivante pour la préparation du réactif.
On met dans un petit ballon 50% d'eau, qu'on porte à l’ébullition, puis on ajoute 570 de métaphosphate de soude finement concassé; au bout de cinq minutes d’ébullition, la dissolution est complète; on ajoute aussitôt 50° d’eau froide, on refroidit rapidement le mélange sous un filet d’eau et on complète à 100%; 12 t/ environ de sel sont transformés en orthophosphate; il en reste donc dans la liqueur 5 grammes environ non transformés.
Pour la coagulation des albuminoïdes, on met dans un matras jaugé de 100% : 10° de lait, 85 de la solution de métaphosphate à 5 ‘/, indiquée plus haut, 60 à 70% d’eau, et on agite. Puis on ajoute : 03 d'acide acétique, ou mieux 0%5 d'acide chlorhydrique, (qu'il faut uniquement employer avec les laits de femme, d’ânesse ou de juments); on complète le volume à 100 avec de l’eau; on agite, puis on filtre.
Les premières gouttes sont généralement louches, surtout avec le lait de femme; cependant elles se clarifient assez vite, et lorsqu'elles sont tout à fait limpides, on recueille le filtratum dans une éprouvette. On obtient ainsi à froid, même avec le lait de femme, si difficile à coaguler par les méthodes ordinaires, un petit lait d’une limpidité extrême et
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exempt de toute trace d’albuminoïde, car il est sans action sur les réactifs de Millon, de Tanret et d’'Esbach, et il décolore la liqueur de Fehling comme une solution aqueuse de lactose sans donner la teinte violacée de passage qu'on obtient d'habitude avec les sérums plombique ou acétique et qui empêche d'apprécier exactement la fin de la réaction.
L'examen polarimétrique est aussi très facile. Je me suis assuré d’ailleurs, par des expériences préalables :
1° Que l’acide métaphosphorique et le métaphosphate de soude ne modifient en rien les pouvoirs rotatoire et réducteur du sucre de lait en solution dans l’eau ;
e° Que les acides acétique et chlorhydrique, aux doses employées, étaient également sans action hydratante à froid, même par un contact prolongé; à la température ordinaire, j'ai conservé pendant plus de quinze jours des sérums des laits étudiés, sans variation aucune dans la déviation polarimétrique et le pouvoir réducteur.
Toutefois, lorsqu'il s'agit de l’analyse commerciale des laits de vache qui peuvent avoir été additionnés de saccharose, l'emploi de l'acide acétique sera préféré.
Lorsqu'on voudra pratiquer l'examen polarimétrique, on se servira d’un tube de 50 centimètres de longueur, plutôt que d’un tube de 20 centimètres afin d’atténuer les erreurs de lecture; il convient
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même, dans ce but, de diminuer d2 moitié la dilution.
On a de très bons résultats avec 10% de lait, 15 de métaphosphate, 0®3 d'acide chlorhydrique et eau en quantité suffisante pour 50°; en se servant alors d’un tube de 50 centimètres, toutse passe comme si l’on opérait sur un petit lait normal dilué seulement à 1/2 et examiné dans un tube de 20 centimètres ; les causes d'erreur ne sont plus multipliées dans ce cas que par le coefficient 2.
La dilution préalable du lait, avant la séparation par le filtre des albuminoïdes coagulés et du beurre, compense presque entièrement la différence qui existe entre la proportion de lactose dissoute dans wn litre de lait, quantité cherchée, et la dose qui est directement donnée par l'analyse et qu’on est obligé de rapporter au litre de petit lait.
C'est ce que le calcul suivant démontre aisément :
Supposons 1 litre de lait renfermant A® de petit lait et x grammes de lactose,
La totalité de la lactose sera évidemment répartie dans les A de petit lait; 1% de ce petit lait renfermera donc 2% de lactose.
La différence d, entre la proportion de lactose renfermée dans un litre de petit lait et dans un litre de lait, sera par suite :
1000 1000 — A PARLER Ep ee —————
dd *
D'autre part, et d’après ce qui précède, 10° de
ner
lait contiennent - de petit lait et
nn de lactose.
Après avoir complété le volume, par exemple à 100°° (dilution à 1/10), par addition de 90° d’eau,
le volume du petit lait sera devenu :
A A + 9000 100 Lu = 100
et renfermera toujours —- de lactose.
100% de ce petit lait en contiendront :