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IL — CONFOBMATION DU CORPS

1. * Si la réduction simultanée des deux adducteurs s'observe parfois, lorsque les mouvements des valves deviennent presque ou tout à fait nuls {Galeomma, ChlamydoconcJta, Aspergillum), la réduction de l'adducteur antérieur est infiniment plus fréquente : la cause en réside dans le changement de conformation du corps.

(') Von JliKfiiNG. Ueber Aiioinia, Zctisdir. f. ivisa. Zool. Hd. XXX, sup|)l. |>. '2ti.

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On peut remarquer, en effet, dans de nombreux groupes d'animaux bilatéraux, une tendance générale au raccourcissement antéro-postérieur, rapprochant l'anus de la huche, raccourcissement qui est évidemment une spécialisation (^).

** Parmi les Mollusques, ce raccourcissement s'observe :

1» Chez les Céphalopodes et les 8caphopodes, où il est produit par une flexion ventrale ;

2o Chez les " Gastropodes ,. Anisopleures, où il est produit par une torsion latérale.

2. * Chez les Lamellibranches aussi, cette tendance se manifeste, et le rapprochement de l'anus vers la bouche entraine l'adducteur postérieur vers le milieu de la coquille (réduisant la longueur de l'axe antéro-postérieur). Il en résulte donc une tendance au monomyarisme,])M' réduction de l'adducteur antérieur qui n'a plus d'effet utile lorsque le postérieur est arrivé au centre de figure des valves.

Une preuve de cette tendance assez générale est qu'il y a des monomyaires dans différents groupes : Pecten, Millleria, Tridticna, Teredo (qui est presque monomyaire, tant l'adducteur antérieur est minime), c'est-à-dire (pie les '' Monomyaires „ sont poljrphylétiques.

Une preuve que cette tendance est une spécialisation se trouve dans le fait que l'adducteur antérieur des " Monomyaires „ existe pendant le développement embryonnaire ('^).

** La flexion qui produit ce raccourcissement peut s'opérer dans deux sens :

1° Ventralement, entraînant dans ce sens, en avant, les branchies et les oreillettes et faisant passer le ventricule, du côté dorsal au côté ventral du rectum (voir plus loin : appareil circulatoire);

2° Dorsalement, laissant les branchies et le cœur en arrière (c'est le cas du seul Teredo).

(•) Exemples: Crustacés brachyures; Oursins clypdaslroules; certaines Holoihuries, etc.

(■') Jackson. The development of tlie Oyster, Proc. lioston Soc. \ai. //('av., vol. XXIII, p. 0.34, pi. IV, fig. ±

m. — PIED.

1. Conformation, — Dans les Lamellibranches caractéristiques, le pied est à carène ventrale et plus ou moins allongé dans le sens antéro-postérieur (Najades, etc.) ou dorso-ventralement (Mytilidge, Lucinidae, Solenidae, etc.). Dans certains cas seulement, toute la face ventrale du pied est formée par une surface plane, discoïde {XuciiUdœ, Solenoynyidœ, Pectunculus).

La transformation du disque en carène est le résultat de la production du byssus, dont le développement a rendu l'usage du disque pédieux impossible. La carène, au contraire, n'a pas pu devenir disque : on peut donc considérer cette dernière disposition comme primitive, d'autant plus qu'elle est celle des Placophores, et de tous les Anisopleures les moins spécialisés.

2. Glandes. — L'étude de l'appareil byssogène confirme l'opinion ci-dessus, comme on va le voir:

* Barrois a énuméré différents stades de régression de cet appareil (^); mais il n'en a indiqué aucun stade du développement pliylogénétique en développement progressif, et il a compris, parmi les formes à appareil byssogène en régression, celles qui présentent actuellement l'état primitif de cet organe {Nucula, Malletia).

En effet, le byssus et les glandes byssogènes sont des parties qui disparaissent en premier lieu ; le sillon, la cavité et le canal distincts persistent plus longtemps. Or, j'ai montré que, chez Nucida, dont le pied a une conformation primitive, il n'y a pas de sillon byssal, et qu'il existe à la partie postérieure un orifice menant dans le cul-de-sac sans cavité ni canal distincts, mais présentant des glandes byssogènes et im byssus encore peu développés, il est vrai (voir l^ partie, fig. 6, 12 et G). La même disposition existe chez Leda et Yoldia et vraisemblablement chez Malletia dont le reste de l'organisation ne montre

(V Barrois. Les glandes du pied et les pores aquiferes chez les Lamellibranches, p. 104-103.

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pas de différence avec ces derniers genres. Enfin, Solenoynya aussi montre à la même place un cul-de-sac identique (fig. 17). ** On peut donc tracer comme suit l'histoire du développement phylétique de l'appareil byssogène :

1. Pied à face ventrale plane, discoïde, sans sillon; une invagination postérieure, à diamètre intérieur constant ;

2. L'invagination est encore comme ci-dessus, pas de cavité ni de canal bien distincts l'un de l'autre ; mais au fond du culde-sac, une lame très peu saillante, quelques glandes byssogènes et un byssus peu développé ;

3. Disparition de la surface plantaire du pied ; séparation d'une cavité byssale et d'un canal; accroissement du nombre des glandes et de la force du byssus ;

4. Ultérieurement naissance d'un sillon en avant de l'orifice, c'est-à-dire dans le sens où se dirige le byssus ; production de glandes muqueuses du sillon; déplacement de l'orifice du byssus plus en avant, etc.

*** Parmi les stades de régression, celui de Trigonia (PI. XIII) est assez spécial : les muscles rétracteurs existent encore, mais le byssus a disparu. Le sillon, avec des glandes énormes, est bien conservé sur toute la partie antérieure du pied, mais les glandes byssogènes ont presqu' entièrement disparu ; il y a deux cavités du byssus, l'une postérieure, grande très éloignée de l'orifice, à lames nombreuses, mais sans glandes, l'autre petite, peu plissée, montrant quelques glandes, située assez près de l'orifice. Il semble que la petite cavité antérieure est une formation secondaire qui s'est développée sur le parcours du canal pour suppléer à la grande cavité trop éloignée de l'orifice du byssus.

**** Un certain nombre de genres où l'existence de l'appareil byssogène n'était pas coMa«i» m'a montré ce dernier soit avec un byssus, soit en régression ; cet appareil est donc caractéristique pour la classe.

3. Musculature. — Outre les muscles rétracteurs antérieur et postérieur du pied, qui existent généralement chez les Lamellibranches caractéristiques, il y a presque toujours

un muscle dorsal (élévateur) ; il est particulièrement développé chez les Nuculidœ et les Solenomyidie, où il est très étendu dans le sens antéropostérieur, comme le rétractenr postérieur. Il forme, de chaque côté avec ce dernier, une bande musculaire interrompue seulement vers le " crochet „ de la coquille et qui résulte de la spécialisation d'un faisceau unique s' étendant de chaque côté, entre les denx adducteurs.

Cette dernière disposition est celle du columellaire des " Gastropodes, „ auquel l'ensemble des rétracteurs du pied doit être homologué. La disposition asymétrique du columellaire des Anisopleures se retronve aussi chez des Lamellibranches : Peden et Anomia, où les l'étracteurs du pied (devenus rétracteurs du byssus chez le second genre) s'insèrent seulement sur la valve gauche.

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