LANCE
Professeur Raymond, c’est que jamais on n’observe de troubles de la coordination chez ces malades. »
Réflexes tendineux. — La règle est que les réflexes soient diminués ou abolis; ceux du tendon d'Achille plus fréquemment que les patellaires, un seul pouvant être normal alors que les autres n’existent plus.
De même, disparition souvent notée des réflexes cutanés plantaires, crématérien, fessier, anal.
À peine trouve-t-on mentionnée une légère exagération des réflexes, c'est la plus grande exception; il n’y a jamais de clonus du pied.
Troubles trophiques. — Il y en a de toutes espèces, les plus légers consistent en sensation de refroidissement dans les extrémités, en hypéridrose ou croissance exagérée des poils (Sottas, obs. XCV). Quand ces troubles sont plus marqués, on trouve des œdèmes périmalléolaires ou du serotum et du pénis (M. Donne!l, obs. LIIT), une teinte cyanique des téguments, des marbrures violacées, des érythèmes bulleux des fesses (Souques, obs. CIT) entretenus par les fermentations ammoniacales chez les malades qui perdent leurs urines, des phlyctènes aux talons, des ulcérations de la plante du pied et enfin des maux perforants au niveau du gros orteil (Shaw et Busk, obs. LVIT). Au niveau du genou, hydarthrose. Mais les troubles, de beaucoup les plus fréquents, sont les eschares fessières sacrées et trochantériennes, qui guérissent souvent quand les malades ne sont pas confinés au lit.
Troubles vésicaux et rectaux. — Nous n’envisageons ici que les troubles des fonctions vésico-rectales, les anesthésies de ces muqueuses ayant été décrites plus haut.
Le syndrome le plus important est celui appelé 1schurie
paradoæale, dont nous avons déjà eu l’occasion de parler et qui se manifeste par la rétention d'urine avec incontinence.
On a coutume de dire que dans les lésions dorsales de la moelle, il y a rétention d'urine, et dans les lésions lombaires, incontinences par paralysie des sphincters. Les choses ne sont pas toujours aussi simples. En effet, dans presque tous les cas de lésions de la queue de cheval, ou du cône terminal, le début des troubles de la miction est marqué par de la rétention d'urine. De durée fort variable, elle persiste pendant 24 heures ou 3 semaines (Kirchoff, obs. VI et Raymond, obs. XIII). Après survient l’incontinence.
Nous avons déjà tenté d’expliquer ces faits par la conservation possible de la tonicité du sphincter vésical à fibres lisses, qui peut, par lui-même, supporter chez le chien une pression d'au moins 20 centim. d’eau d’après MM. Courtade et Guyon (1) ou plus pour d’autres auteurs. Bien entendu cela ne suffit pas toujours pour assurer l’occlusion de la vessie surtout dans la station debout, les efforts, etc., et il faut l'intervention du sphincter à fibres striées, dont la paralysie entraine, en même temps que l’incontinence, cette nécessité de vider la vessie toutes les demi-heures par exemple, (Gerster, obs. XXXVI) si le malade veut éviter que l’urine s'écoule spontanément.
Certains malades conservent presque toujours la faculté d'émettre volontairement au moins quelques gouttes d'urine, les uns ressentent la sensation de plénitude de la vessie, chez d’autres, elle fait défaut.
Du côté du rectum, c’est une constipation opiniâtre
(1) Bulletin de la Société de Biologie, 3 août 1895, p. 620.
De —
avec ou sans selles involontaires, qui ne sont pas senties au passage.
Troubles des fonctions génitales. — Ou bien il y a suppression totale de ces fonctions, ou le plus souvent les désirs et les sensations sont affaiblis; mais, malgré cela les érections subsistent et l’éjaculation n’est pas sentie (obs. Raymond et Valentini), et la projection du sperme est entravée par la paralysie des muscles du périnée (Huber, obs. LXIT.
Complications. — Les affections de la queue de cheval entraînent, à leur suite, deux complications graves : possibilité de méningo-myélite purulente, à la suite des eschares, et danger de cystite avec pyélo-néphrite, consécutive à l'emploi de la sonde pour faire uriner les malades.