‹ Contribution a l'étude des Lésions des Nerfs de la Queue de Cheval et du Cone TerminalChapitre 18 sur 60 · ET · texte numérisé non relu

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Seules, les complications par eschares, cystites, etc., sont à craindre pour l'existence du malade et fournissent une bonne part de la mortalité dans ce premier groupe. Les douleurs, vives dès les premiers moments, s’amendent rapidement, les fonctions musculaires se rétablissent et la grande majorité des malades se lèvent et marchent au bout de quelques semaines ou de plusieurs mois. Il subsiste une certaine impotence qui, se localisant à quelques muscles, peut durer toute la vie. Doit-on dans ce cas recourir à l'intervention chirurgicale ?

La réponse est fort difficile étant donné le grand nombre des améliorations spontanées.

Bien souvent, dans les cas opérés, le bénéfice, au point de vue moteur, est nul ou si éloigné (18 mois dans un cas de Thorburn), qu’il y a lieu de se demander la part qui revient réellement à la thérapeutique chirurgicale.

Dans ces derniers temps, les malades de Byle, d’Arnison n’ont pas retiré, de l'intervention, une amélioration qui compense les dangers que font courir les opérations rachidiennes (hémorrhagies, blessures des éléments nerveux, mort quelques heures après l’intervention).

Aussi, n'ayant pas l'intention d'étudier la partie chirurgicale de cette question, nous contenterons-nous de rappeler ici les indications fournies par Thorburn (1).

Opérer au bout de six semaines :

S'il n’y à pas eu d'amélioration ; Ou si l’amélioration est très légère ; Ou si l'amélioration s'arrête.

En regard des cas traumatiques, viennent les tumeurs

(1) Thorburn, British medical journal, p. 1348, n° 23. Juin, 1894.

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qui, quelle que soit leur nature, maligne ou bénigne, ont presque toujours amené une terminaison mortelle.

L'évolution de la maladie est nettement progressive; les douleurs qui en marquent le début sont continues et accompagnent la paralysie jusqu’à la terminaison fatale. Il est vraisemblable que, dans l'avenir, l'intervention dans les cas de kystes hydatiques, sera suivie de succès ; mais malheureusement, sauf quelques cas où le kyste a fait son apparition à la paroi, on n’a jusqu'ici aucun élément qui permette de le reconnaître. L’extrême rareté du cas de Laquer, où l’on put enlever un lymphangiome extra-dural, ne constitue qu’une exception heureuse; enfin, il faut ajouter quelques faits où, avec l’absence de cause bien déterminée (froid) on a noté la disparition complète des accidents.

En résumé, il y a deux évolutions bien différentes : l'une, s’accompagnant d’un pronostic favorable (trauma-

tisme); l’autre, conduisant presque toujours à la mort (tumeur).

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTTEL

Les principales affections avec lesquelles on peut confondre les lésions des nerfs de la queue de cheval, et qui, par conséquent, se manifestent par des paralysies ou des douleurs, relèvent presque toutes des névrites non plus radiculaires, mais périphériques.

En premier lieu, viennent les néorites de causes internes ou toxiques (alcool, plomb, oxyde de carbone, etc.).

Dans ce premier groupe, la notion étiologique a une grande importance, et si, comme pour l'alcool, la cause peut être quelquefois cachée par le malade, il est d’autres signes, tels que les troubles gastriques, les cauchemars, le tremblement, qui permettent de suppléer au défaut de renseignements. De plus, la prédominance de la paralysie au groupe antéro-externe des muscles de la jambe, et la démarche toute spéciale du malade impriment à l’affection un cachet tout particulier.

Le saturnisme affecte presque exclusivement les membres supérieurs. La généralisation est presque la règle dans les maladies infectieuses où l’on observe des paralysies.

Il est une affection très importante qui, au début, se localise avec prédilection, sinon exclusivement, sur les racines postérieures, c’est le {abes; mais les phénomènes douloureux, bien qu’exagérés aux membres inférieurs, et

les phénomènes vésicaux s’accompagnent d’un ensemble symptomatique du côté des yeux, des réflexes, de la coordination, tel qu'il est difficile de rester longtemps dans le doute. L'erreur cependant n’a été rectifiée qu’à l’autopsie, dans un cas où il s'agissait de sarcôme comprimant les nerfs de la queue de cheval.

La sciatique simple présente sur son trajet des points connus douloureux à la pression, et nous avons déjà insisté sur l’absence de cette douleur provoquée dans les formes de névrites radiculaires qui simulent la sciatique.

La sciatique double est certainement celle qui prêterait le plus à la confusion, étant donné que dans les affections radiculaires les troubles sont presque toujours bilatéraux.

En plus de l'absence des mêmes points douloureux, comme dans le cas précédent, la présence du sucre dans l’urine, la cachexie rapide, la découverte par le toucher rectal ou la palpation du ventre, d’une tumeur abdominale, permettent souvent de rattacher les symptômes soit au diabète, soit à un néoplasme intra-abdominal, agissant par compression sur le nerf sciatique ou le plexus sacré. Les névriles sciatiques s’accompagnent assez rapidement d’atrophie musculaire (Fernet-Landouzy), mais l’unilatéralité, ainsi que la localisation aux muscles innervés par le nerf sciatique peplité externe dans les cas signalés par Guinon et Parmentier, absolument identiques aux paralysies qui succèdent dans les accouchements laborieux, suffiront à éclairer le diagnostic.

M. le professeur Raymond appelle également l'attention sur deux affections, arthrite rhumatismale dorso-lombaire et lumbago d’origine musculaire, auxquelles il suflira de penser. L'amyotrophie, décrite sous le nom de type Charcot Marie, localisée aux membres inférieurs, diffère

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