DIAGNOSTIC DE LA CAUSE
S'il s’agit de traumatisme, la question est à peu près résolue, sauf à attribuer à l’abondance de l’hémorrhagie une part quelquelois assez grande. |
Dans d’autre cas, la syphilis pourra être soupçonnée si les douleurs sont nettement exagérées la nuit et si l’on retrouve cette aflection dans les antécédents.
Pour les tumeurs, bénignes ou malignes, l’évolution est rapide, et très douloureuse.
Les hémorrhagies méningées ou intra médullaires (hématomyélie) auront l’une et l’autre un début brusque, quelquefois avec ictus, les premières accompagnées de soubresauts des muscles bien plus considérables.
Nous donnons ici une observation très intéressante dont on peut tirer quelque instruction au point de vue du diagnostic, quelquefois difficile, des maladies qui nous occupent.
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OBsERvATION I (Personnelle)
Hèmatomyélie probable du renflement lombaire et du cône terminal. — Symptômes objectifs analogues à ceux d’une lésion de tous les nerfs de la queue de cheval.
Ernest Sm..., 55 ans, ébéniste, entre, le 14 mai 1894, salle Prüss, à la Salpêtrière.
Antécédents héréditaires. — La grand-mère est morte, à la Salpêtrière, d'une paralysie, à 55 ans. Le père du malade était alcoolique ; il mourut de cause inconnue. Rien d'autre à noter. E. S.. est marié, a perdu deux enfants en bas-âge, mais en a cinq qui sont bien portants.
Antécédents personnels. — Dans les années antérieures, on ne trouve, pour ainsi dire, aucune maladie, sauf la blennorrhagie, mais pas de syphilis, un léger degré d’éthylisme.
Début de la maladie. — Le 6 décembre 1894, à huit heures et demie du matin, le malade se trouvait sur un tramway, lorsqu'il fut pris brusquement de douleurs lombaires très vives. Il dut descendre et put, malgré ces douleurs, faire une longue course à pied. Rentré chez lui, le malade déjeune debout, dans l'impossibilité de s'asseoir à cause de ses souffrances. Un peu plus tard, dans l'après-midi, après avoir traversé la rue pour se rendre chez des amis, les jambes se dérobent sous lui et le malade doit s'asseoir pour éviter une chute.
Dès ce moment, paraplégie complète; on ramène le malade chez lui; on le couche, et on lui fait aux pieds, sans qu'il les sente, des brûlures profondes avec des fers trop chauds.
En résumé, début brusque, marqué par des douleurs, de la paraplégie et de l’anesthésie des membres inférieurs.
Rétention d'urine dans les deux premières heures qui suivent le début de la paraplégie; puis miction volontaire et, dès le lendemain, incontinence d'urine, qui dura plus ou moins
Dufour, — 5,
complètement pendant quinze jours, au bout desquels ces symptômes disparurent,.
A aucun moment, on ne peut constater de l’anesthésie de l’urèthre lors du passage des urines.
Du côté du rectum, on note de la constipation.
Huit jours après le début, la sensibilité était revenue dans les jambes, la motilité en partie, surtout du côté gauche; Île malade se levait et n'éprouvait plus qu’un peu de gène dans la région lombaire, et quelques secousses musculaires dans les jambes plus marquées la nuit que le jour.
L'état général était bon, d’ailleurs, et au bout de deux mois environ, le malade, alors guéri de ses brûlures, put sortir, s'aidant d'une canne pour suppléer à la faiblesse de la jambe droite.
Rechute. — Dans les premiers jours du mois de mars 1895, mêmes accidents qu’au début de la maladie, ictus, dérobement des jambes, chute. Cette deuxième atteinte est moins grave, et, au bout de trois jours, le malade peut se mettre sur ses jambes et marcher à peu près de la même facon qu'à son entrée à l'hôpital.
État actuel. — Malgré un léger amaigrissement, l’état général est bon, et l’on n'’observe ‘rien d’anormal, si ce n’est aux membres inférieurs.
La station debout n’est possible que si le malade s'appuie sur une canne .et porte le poids du corps sur la jambe gauche. La marche ne peut être longtemps soutenue; la jambe droite, qui peut cependant être soulevée au-dessus du sol, ne présente aucune force.
Dans le lit, si l'on fait asseoir le malade, quelques douleurs lombaires apparaissent; sur la peau, rien de spécial, sauf les cicatrices de brûlures sur le dos des deux pieds; refroidisse ment du pied droit, qui est couvert de sueur et violacé.
L'examen du rachis ne fournit aucun renseignement.
Réflexes. — Les réflexes rotuliens sont conservés, mais diminués du côté droit; les réflexes crémastériens sont abolis ;