‹ Contribution a l'étude des Lésions des Nerfs de la Queue de Cheval et du Cone TerminalChapitre 4 sur 60 · ANATOMIE · texte numérisé non relu

ANATOMIE

Nerfs de la queue de cheval. Cul-de-sac dural. — Sa disposition explique certains faits cliniques.

Dès le premier mois de la vie intra-utérine, la partie inférieure de la moelle occupe toute la longueur du canal sacré. Quelque temps après la naissance, elle correspond définitivement au corps de la deuxième vertèbre lombaire et quelquefois à l’union de cette vertèbre avec la première, présentant ainsi dans ses rapports des différences individuelles. Il existe, par suite de cette ascension apparente de la moelle, un défaut de concordance entre l'émergence des dernières racines médullaires et les trous de conjugaison lombaires et sacrés. A partir de la troisième lombaire, les racines auront un trajet d'autant plus long qu’elles correspondront à une vertèbre plus bas placée; c’est au groupement de ces racines, à l’intérieur du canal rachidien, qu’on donne le nom de nerfs de la queue de cheval.

Dans ce parcours, ils forment deux systèmes, l’un antérieur (racines motrices), l’autre postérieur (racines sensitives), qui peuvent être lésés isolément. La dure mère, à l’intérieur de laquelle s'effectue leur trajet, ne descend

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pas au delà du corps de la deuxième vertèbre sacrée (Farabeuf) ou de la première apophyse épineuse sacrée (Chipault) (1). Par suite de cette disposition, les neris lombaires sont protégés, à l’intérieur du rachis, par une enveloppe fibreuse qui fait défaut pour la portion terminale des nerfs sacrés et rend ceux-ci plus vulnérables aux traumatismes qui portent sur le rachis. Ce fait anatomique a, selon nous, une grande importance, qui n'a pas été signalée jusqu'ici. Il permet d’expliquer la localisation de certaines paralysies qui se cantonnent dans les branches sacrées, bien que relevant d’une lésion causale (fracture ou luxation) agissant dans la région lombaire. Ne peut-on pas admettre qu’une large part des troubles, surtout dans les cas qui s’améliorent, sont occasionnés par des hémorrhagies extra-durales, qui, devant la barrière opposée par la dure-mère, ne peuvent filtrer qu’à travers les expansions fibreuses et le tissu adiposo-veineux de l’espace épidural? Aïnsi se trouveraient protégés, dans bon nombre de cas, les nerfs lombaires, Cette hypothèse, en accord avec les faits cliniques, est, croyons-nous, tout aussi plausible que celle proposée par Thorburn (1). Cet auteur se contente, comme explication, de constater la situation excentrique des nerfs lombaires par rapport aux sacrés.

Cône terminal. — Le cône terminal, continué par le filament terminal, descend au milieu des nerfs de la queue de cheval jusqu’au coccyx. Il à donc également deux portions, l’une extradurale, l’autre intradurale. Comme son nom l'indique, le cône terminal a une base ou limite

(1) Chipault. Revue neurologique, 145 novembre 1894. Nos 21 et 22, (2) Thorburn. Brain, 1888.

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supérieure répondant au renflement lombaire et une extrémité effilée qui s'attache au coccyx.

Contre le filament terminal sont accolés les nerfs coccygiens, le premier seul accessible à la dissection, les deuxième et troisième, d’après Rauber (1) ne pouvant être décelés qu’à l’aide du microscope, avec exception pour le deuxième, qui serait parfois plus développé qu’à l’ordinaire.

La limite supérieure prête à des interprétalions diverses, même entre les anatomistes. Krause lui assignait le cinquième nerf sacré, Charpy le premier nerf: coccygien. M. le professeur Raymond a justement fait remarquer « que cette démarcation ne saurait convenir au clinicien et qu'il fallait reporter sa limite supérieure au-dessus de l'émergence des quatrième et cinquième paires sacrées ». C'est qu’en eflet, en clinique, la distinction entre les affections du renflement lombaire et celles du cône terminal est de toute nécessité ; la symptomatologie étant toute différente. Il résulte de ces quelques considérations que si le cône terminal ne peut être lésé qu’au niveau de la première vertèbre lombaire, les nerîs de la queue de cheval présentent une très grande étendue vulnérable.

On ne devra jamais oublier que le canal lombo-sacré est presque entièrement occupé par les dernières racines médullaires, et cela sur une longueur presque égale à celle de la colonne dorsale, comme Île prouvent les mensurations que nous avons prises sur quatre cadavres couchés sur le ventre.

(4) Rauber, Morphologisches Jahrbüch, 1893.

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Longueur du rachis depuis la 7e vertèbre Longueur de la colonne lombaire, cervicale jusqu'à la 12e dorsale du sacrum et du coccyx in ete 28 centimètres. . .:, . . . . 25 centimètres S2 céntimietrestL 40. U. M A S0 CENTS \ 31 centimètres. L/4 0 na SO TcenUmEIres

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Si l’on a toujours présent à l’esprit le niveau élevé auquel commence la colonne lombaire, on ne s’exposera pas à attribuer à la moelle des lésions qui n’intéressent que les racines nerveuses.

Notions que peut fournir l’anatomie pour la localisalion des lésions de la queue de cheval. — Les renseignements fournis par l’anatomie sur La distribution motrice, sensitive et viscérale des neris rachidiens ne permet pas de différencier le rôle de chaque racine. Nous voyons, en eflet, que les nerfs crural et obturateur tirent leur origine des deuxième, troisième et quatrième paires lombaires; que le plexus sacré, tout entier, est constitué par les quatrième et cinquième paires lombaires et toutes les paires sacrées, sauf la cinquième; que le plexus sacro-coccygien correspond aux quatrième et cinquième paires sacrées et première coccygienne. :

Au point de vue qui nous occupe si nous voulions grouper de par l'anatomie les parties qui relèvent de la même innervation radiculaire, nous aurions pour la motilité les tableaux suivants :

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