‹ Contribution a l'étude des Lésions des Nerfs de la Queue de Cheval et du Cone TerminalChapitre 44 sur 60 · NC AVES TT AA · texte numérisé non relu

NC AVES TT AA

Côté droit Côté gauche Fléchisseur commun. Jambier postérieur :

— 85. Cu SE — NFC un peu > PFC, faible et — NFC un peu > PFC faible et assez lente. assez lente.

NFC, 3 1/, XIV. NFC, 5, XML.

PAC, re XNL >: PEC, 6, XVIII.

(En même temps C dans les m.

antérieurs, lente).

Fléchisseur propre :

Cette observation est, croyons-nous, un type de névrite radiculaire lombo-sacrée avec prédominance de phénomènes douloureux.

(La cause peut être mise sur le compte d’une méningite chronique peut-être consécutive à une ostéite lombosacrée ; il semble que toutes les racines soient intéressées, surtout Ics postérieures ; et que les antérieures soient plus atteintes dans les régions inférieures (1'° sacrée à &e sacrée) que les supérieures, si l’on s’en rapporte à l'examen électrique).

Telles étaient les réflexions que cette observation nous avait inspirées lors de l’examen de la malade en nous basant sur l'étude des signes de la sensibilité et de la motilité. Presqu'’au moment de passer notre thèse, dans les derniers jours du mois de décembre 1895, à la suite d’une légère diarrhée, Fon. fut prise subitement d’une douleur abdominale violente s’accompagnant de nausées, de petitesse du pouls, de légère élévation de la température et succombait rapidement avec tous les signes d’une péritonite aiguë.

L’autopsie pratiquée le 27 décembre nous a montré

que le diagnostic du nombre des racines lésées était en conformité avec ce que nous avions supposé, qu’on devait seulement le modifier quant à la cause productrice de la névrite, et qu’en eftet il s'agissait bien d’une ostéite lombo-sacrée.

Autopsie. — Femme tuberculeuse avec des poumons indurés, creusés de cavernes remplies de pus, sans que pendant la vie l’attention ait été attirée de ce côté. Le cœur est petit, le foie gras; les reins, légèrement augmentés de volume, répondent au type de gros reins blancs, l'intestin est semé d’ulcérations superficielles et d’érosions plus nombreuses au niveau du cœcum. Le péritoine est recouvert de pus verdâtre, épais; les ganglions mésentériques sont volumineux.

Le cerveau est sain.

Rachis.— Moelle. — Nerfs de la queue de cheval. — La 4e et la 5° vertèbres lombaires forment un angle saillant en arrière. Le sacrum est ramolli, recouvert sur la face interne des parties latérales du canal, par des fausses membranes blanchâtres, sanieuses par places, plus ou moins adhérentes à l'os.

La moelle, mise à nu, est saine dans les régions cervicale, dorsale et lombaire. La pointe du cône terminal seule se trouve refoulée un peu vers la gauche sans toutefois avoir été comprimée. Une masse volumineuse néoplasique adhérente aux nerfs de la queue de cheval est facilement extraite avec la moelle hors du canal rachidien.

On voit alors que les corps vertébraux des 3°, 4° et 5e vertèbres lombaires sont creusés en cupule, élargis, et ont été le siège d’une ostéite raréfiante par compres-

sion de la masse néoplasique dont nous venons de parler.

Même ostéite, mais beaucoup plus marquée sur la face antérieure du sacrum qui se laisse enfoncer par le doigt.

Les nerfs de la queue de cheval sont réunis à une tumeur solide cellulo-adipeuse, légèrement indurée, bourgeonnante par places et fongueuse, d’un blanc jaunâtre. Cette tumeur est allongée dans le sens de la hauteur, fusiforme, de 17 cent. de longueur et de 4 cent. à l’endroit le plus large. Elle présente deux faces antérieure et postérieure mamelonnées,. Les 4 centimètres supérieurs sont recouverts par la dure-mère qui peut être facilement disséquée sur tout son pourtour (portion intraduremérienne de la tumeur).

Le reste du néoplasme repose directement sur le coccyx et le sacrum, dont il remplit le canal, et n’est que peu adhérent à ces os. À ce niveau la dure-mère a été détruite ou fait corps avec la tumeur.

La moelle est intacte sur toute sa hauteur comme nous l'avons vu. Les nerfs de la queue de cheval se comportent de la façon suivante :

Ner's radiculaires postérieurs. — 1re et 22e racines lombaires saines ;

3°, 4° et 5° racines lombaires ; racines sacrées et coccygiennes deviennent après un trajet de moins en moins long adhérentes aux bords droits et gauches de la tumeur, sur sa face postérieure. Ils sont comprimés par celle-ci, prennent par places un aspect rubané et se fusionnent avec la tumeur. Les dernières racines sont adhérentes à l'extrémité supérieure (Voir la figure 13).

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Nerfs radiculaires antérieurs. — Même disposition, quoique la compression soit moindre que pour les nerfs postérieurs.

En résumé, et d’une façon générale, on peut admettre que chez une femme tuberculeuse, à la suite d’une ostéite tuberculeuse lombo-sacrée, à début sacré, il s’est fait une infiltration de même nature du tissu cellulograisseux du canal rachidien, avec induration consécutive par compression et tassement. D’où une véritable tumeur développée de bas en haut, poussant son prolongement supérieur sous la dure-mère qui a été détruite inférieurement, écartant en avant, en arrière et sur les côtés les racines sans les englober.

Au niveau de la 12° racine sensitive dorsale droite se voit une petite plaque ossifiée de la grandeur d’une pièce de 0,20 centimes, qui recouvre cette racine sans la comprimer.

C'est là un type de lésion isolée des nerfs de la queue de cheval. La nature histologique du néoplasme est particulière; on ne lui trouve aucun des caractères d’une tumeur connue. C’est un feutrage de tissu réticulé conjonctif, englobant des cellules adipeuses. La dure-mère est épaissie et présente par places des amas de cellules embryonnaires. C'est ce tissu cellulo-adipeux, chroniquement inflammé par l’ostéite du voisinage, qui constitue la tumeur.

Quant à l'examen histologique de la moelle, nous le ferons ultérieurement, et donnerons le résultat. Il ne rentre d’ailleurs pas dans le cadre de ce travail.

Vu l'étendue des lésions radiculaires, on ne peut tenter ici une détermination exacte de leur distribution musculaire. Ce n'est pas un cas favorable à cette étude.

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