‹ Contribution a l'étude des Lésions des Nerfs de la Queue de Cheval et du Cone TerminalChapitre 45 sur 60 · LÉSIONS DU CONE TERMINAL · texte numérisé non relu

LÉSIONS DU CONE TERMINAL

Autopsie Sans autopsie

Traumatismes 3 cas | 3 cas Pachyméningite 1 cas Hématomyélie meas Tumeurs 2 cas

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CAS TRAUMATIQUES

OBSERVATION VI par le docteur Kirchoff (1)

Zur localisation des centrum ano-vesicale in menschlichen Rückenmark. Compression du cône terminal à la suite de traumatisme.

Pierre G..., paysan, 30 ans; chute de cheval en mai 1881. Immédiatement après, violentes douleurs dans la colonne vertébrale et dans les jambes. Garde le lit trois mois, avec impossibilité de marcher. Tout à fait au début, rétention d'urine. Au bout de trois semaines, incontinence d'urine et des matières. Seuls, les phénomènes douloureux et l'impuissance motrice s’améliorent. Il entre à l'hôpital le 26 octobre 1882 pour l'incontinence d'urine et des matières.

Au niveau de la première vertèbre lombaire, légère difforrité et douleur à la pression. Pas de paralysie musculaire, pas d’anesthésie; les réflexes tendineux sont légèrement augmentés. Mort le 1° décembre 1882, avec phénomènes de cystite.

Autopsie. — La première vertèbre lombaire est aplatie de haut en bas en forme de coin, la pointe dirigée en avant, sa base proémine en arrière dans le canal vertébral dont elle rétrécit la lumière, comprimant l'extrémité inférieure de la moelle épinière environ 3 centimètres au-dessus du filum terminale.

Kirchoff attribue, au début, les troubles de la miction à une paralysie des fibres musculaires de la vessie, suivie trois semaines après de la paralysie du sphincter de la vessie.

L'examen microscopique de la moelle montrait des lésions

(1) Archiv, für Psychiatrie und Nervenkrankheïiten, 1884, p. 607.

banales de compression au niveau lésé. Les nerfs sacrés étaient altérés. Le cône terminal présentait des lésions considérables. Atrophie des cellules de la substance grise. Atrophie très marquée correspondant au point de sortie du troisième nerf sacré du côté droit. De ce même côté, les cordons blancs sont très aplatis, si bien qu’au-dessous du troisième nerf sacré, la substance blanche manquait dans le cordon latéral du côté droit.

La corne antérieure du côté droit, sur toute sa hauteur, ne présentait de cellules que dans le groupe antéro-médian. Il en était de même de la corne postérieure du même côté.

Kirchoff attribue la paralysie ano-rectale à la lésion du cône terminal; elle dépendrait d’une lésion du noyau sacré de Stilling, correspondant à la région d’origine des troisième et quatrième nerfs sacrés.

OBsERvVATION VII Par le docteur Arthur Sarbo (1), de Buda-Pesth

Contribution à l’étude de la localisation du centre de la vessie, du rectum, et de l'érection chez l’homme. Compression du cône médullaire à la suite d’un traumatisme.

H..., 49 ans, entré le 30 mai 1891 à l'hôpital, avec un cancer primitif du poumon, dont il mourut, et une paralysie isolée de la vessie et du rectum.

En 1876, chute, sur le dos, d’un cinquième étage, suivie d’une paralysie totale des membres et d’anesthésie. Au début, soubresauts dans les membres inférieurs et paralysie du muscle vésical avec incontinence des matières. Dix semaines après, ischurie paradoxale (c’est-à-dire rétention d'urine avec incontinence).

Dans la suite, marche pénible; l'émission de l'urine peut être, jusqu’à un certain point, volontaire,

A l’examen, à l'hôpital, en juin 1891, incontinence des urines et des matières fécales. Les orteils sont en extension pour la première phalange, dans la flexion pour les deux dernières (pied en grille, plus prononcée à droite). Les mouvements des autres

(1) Arch. für Psych. und Nervenkrank., XXV. Bd, 1898.

articulations du membre inférieur sont libres. Pas d’atrophie musculaire. Réflexes patellaires conservés ; pas de clonus du pied.

Hyÿpoesthésie à la région fessière et à la face postérieure du tiers supérieur des deux cuisses.

Immédiatement autour de l'anus, la sensibilité est complètement abolie ainsi que celle de la muqueuse anale. Pas de réflexe anal, Les muscles fessiers des deux côtés sont atrophiés avec contraction fibrillaire. Eschare sacrée sèche.

Percussion douloureuse sur la ligne médiane du sacrum qui fait crier le malade.

Anesthésie légère du scrotum et plus profonde du pénis.

Réflexe crémastérien conservé.

Anesthésie de l’urèthre. Suppression des érections.

23 août, mort par cancer du poumon.

Autopsie. — La moelle montre macroscopiquement une altération de forme à sa partie inférieure où le conus terminal est aplati - d'avant en arrière. Adhérence de la dure-mère à la moelle, au niveau de la sortie des nerfs sacrés.

Depuis le premier nerf sacré jusqu’au cinquième, la substance grise ne peut être différenciée de la substance blanche. La plus grande altération existe dans le domaine des troisième et quatrième nerfs sacrés.

Examen microscopique. — Au niveau des troisième et quatrième nerfs sacrés, on ne reconnaît plus ni la substance grise ni la substance blanche. Les éléments nerveux sont complètement détruits. Gliomatose au niveau des troisième et quatrième nerfs sacrés. Plus haut, au niveau des premier et deuxième nerfs sacrés, les cornes antérieures sont déjà visibles, bien que la moelle ait subi un changement de forme.

Les cellules des cornes antérieures sont atrophiées, celles des cornes postérieures sont invisibles. La substance blanche est repoussée par la névroglie en prolifération, il n°y a encore que peu de fibres notamment dans les cordons antéro-latéraux et point du tout dans les cordons postérieurs.

Les racines, à ce niveau, ont moins souffert. À la hauteur du cinquième nerf lombaire, les lésions de compression destructive

Dufour, — 8,

sont moins accentuées. Les cellules des cornes antérieure et posté rieure commencent à réapparaître. Il y a encore adhérence des racines postérieures à la moelle.

Au niveau du quatrième nerf lombaire, la moelle reprend son aspect normal, sauf pour les cordons de Goll, où les fibres manquent.

Il résulte de l'examen microscopique, que les fibres, qui pénètrent dans la moelle, entre le quatrième nerf sacré et le cinquième nerf lombaire, se dirigent d'abord vers la commissure postérieure et se rapprochent, plus haut, de la périphérie.

Les troisième et quatrième nerfs sacrés ne présentent pas d’altérations microscopiques.

Dans le nerf petit sciatique, on observe, par endroits, le gonflement de la myéline avec intégrité des cylindres-axes.

OBsERVATION VIII

par le docteur Valentini (1)

Compression de la partie terminale de la moelle et du cône terminal par un traumatisme.

Le malade fait une chute sur la poitrine après laquelle il y a douleurs de reins, impossibilité de marcher, insensibilité des jambes, selles involontaires et rétention d'urine. Plus tard, eystite, eschare sacrée et au talon.

La première vertèbre lombaire est douloureuse. Paralysie flasque des jambes. Atrophie des muscles, surtout du quadriceps et des gastrocnémiens.

Réaction de dégénérescence, sauf pour le grand fessier. Anesthésie en avant jusqu’au pubis, en arrière jusqu'à la quatrième vertèbre lombaire.

Sensibilité intacte à la face interne des deux cuisses.

Anesthésie du scrotum et du pénis. Les testicules sont douloureux à la pression.

Hypéresthésie au-dessus de la zone anesthésiée. Incontinence

(1) Zeitschrift für Klinische medicin. Berlin, 1893, p. 245.

d'urine, cystite. Tous les trois jours, évacuation non sentie des matières fécales.

Mort par infection de la vessie.

Autopsie. — Cône terminal et renflement lombaire sont intéressés ; la compression siège au niveau de la douzième vertèbre dorsale et des deux premières vertèbres lombaires.

La troisième paire nerveuse lombaire ne présente presque plus de fibres normales. Au niveau de la compression, dégénération complète des cordons postérieurs et des cordons antérieurs. Dans les cordons antéro-latéraux, le faisceau cérébelleux direct est le plus intéressé ; on y voit des corps granuleux et des boules de myéline en grande abondance.

Sur les coupes plus élevées, on voit le type de dégénérations secondaires ascendantes dans les cas semblables. Au niveau du cône terminal, il y a peu de filets nerveux dégénérés, beaucoup moins que dans la partie immédiatement inférieure à la compression; sauf au niveau de la partie comprimée, les cellules des cornes antérieures étaient intactes.

OBsERVATION IX

Par le docteur Eulenbourg (1)

Contribution à l'étude des maladies du cône médullaire et de la queue de cheval chez la femme.

Femme 36 ans, ressent, depuis 8 ans, des faiblesses et des douleurs lancinantes dans les jambes. En 1887, à la suite d’une chute, légère paralysie de la jambe droite. L'année suivante, douleurs violentes dans les reins, les fesses et la partie postérieure des cuisses. Puis paralysie de la vessie et du rectum, accompagnée de douleurs dans ces deux organes.

Etat le 6 février 1890. En plus des douleurs, le sacrum est très sensible à la pression, surtout à sa partie supérieure. Anesthésie occupant les régions postéro-internes des cuisses, le tiers moyen des jambes à la région postérieure ; la plante

{1) Zeitsch. für Klinische med., 1891, vol. 18, p. 547.

des pieds et le bord externe de la face dorsale des pieds ; la région supéro-interne des cuisses, l’anus, le périnée, les grandes lèvres. L’anesthésie, quoique symétrique, est plus marquée du côté droit. L’analgésie n’est absolument complète qu'à la partie inférieure des fesses des deux côtés. Marche diflicile. Le pied gauche traîne. Debout, la malade vacille. Les muscles de la partie postérieure de la cuisse et ceux du mollet gauche sont légèrement atrophiés. Les trois derniers orteils sont en griffe.

Les extenseurs, les adducteurs des cuisses, les péroniers sont intacts. Réflexes rotuliens normaux du tendon d'Achille, abolis, plantaire très affaibli, fessier aboli. Pas de clonus du pied. {l n’y a nulle part de réaction de dégénérescence, mais l'excitation au courant faradique était très diminuée dans les fléchisseurs de la cuisse; le nerf tibial paraissait inexcitable à tous les courants. |

Incontinence passagère de l'urine et des matières ; le rectum était insensible dans sa partie la plus inférieure.

A la suite d’un traitement électrique et du massage, on nota de l'amélioration au bout de 4 mois 1/2. L’analgésie n'existait plus qu’à la partie tout inférieures des fesses, à la partie médiane du creux poplité et à la partie supéro-externe des pieds. Les douleurs spontanées étaient beaucoup moins vives ; les troubles vésicaux êt rectaux moins accentués. La marche était plus aisée. Les réflexes fessiers manquaient toujours. Le nerf tibial était devenu excitable au courant électrique.

Dans la discussion qui suit l'exposé de son cas, l’auteur pense que rien n’est incompatible avec l’idée d’une lésion du cône médullaire allant du dernier nerf lombaire jusqu’à environ le 4° nerf sacré.

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