‹ Contribution a l'étude des Lésions des Nerfs de la Queue de Cheval et du Cone TerminalChapitre 46 sur 60 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

par le docteur Valentini (1).

Compression de la partie inférieure de la moelle et du cône terminaïî à la suite d’un traumatisme.

Homme, chute d’une voiture ; douleurs dans la région lombaire ; paralysie, insensibilité des pieds. Au début, rétention d'urine à la quelle succède l'incontinence, et des selles involontaires. A l'examen, on sentait une saillie au niveau de l’apophyse épineuse de la première vertèbre lombaire; paralysie flasque et atrophique des muscles du bassin et des jambes. Abolition des réflexes. Anesthésie remontant jusqu’au ligament de Poupart en avant, et en arrière jusqu'à la cinquième vertébre lombaire. Au-dessus, hypéresthésie.

Eschare sacrée guérie ; abolition des fonctions sexuelles.

OBsERVATION XI

par le professeur Schultze, de Bonn (2)

Contribution à l’étude du diagnostic différentiel des lésions de la queue de cheval et du renflement lombaire

F. G., 2r ans, reçu le 4 novembre 1893. Chute, il y a trois ans, d’une hauteur de huit mètres, sur les hanches. Tout de suite après, douleurs sacrées, s'irradiant dans les membres ; paraplégie ; incontinence d'urine et des matières. On supposa une fracture de la colonne vertébrale.

Etat actuel : marche avec l’aide d'une canne; genou en rotation externe ; les pieds équins (Steppage). Oscillations survenant rapidement dans la station debout.

Musculature : Quadriceps de la cuisse presque normaux. Jambe gauche : tibial antérieur, jumeaux, soléaire et tibial postérieur complètement paralysés. Long péronier et extenseur

(1) Zeitschrift für Klinische med., Berlin, 1893, p. 265. (2) Deutsche Zeitsch. für nervenheil. 5 Bd, 2 et3 H, 1894.

commun des orteils seulement parésiés. A la jambe droite tous les muscles sont complètement paralysés. Les quadriceps et adducteurs des cuisses sont normaux. La contraction des fléchisseurs de la jambe est diminuée. L’âabduction et la rotation des cuisses sont normales. Région fessière et muscles fessiers très atrophiés.

Donc, altération du nerf sciatique et des nerfs supérieurs et inférieurs avec intégrité du crural et de l’obturateur.

Les muscles des jambes sont très atrophiés et agités de secousses fasciculaires ainsi que les deux grands fessiers.

Réaction et dégénéreseence dans la région des péroniers, des muscles du mollet ; fessier, simple diminution de l’excitation électrique.

Cicatrice d’eschare fessière. Les réflexes rotuliens manquent des deux côtés; cependant, en percutant l’un des tendons rotuliens, il se produit chaque fois une rotation interne dans le membre opposé.

Suppression du réflexe des tendons d’Achille, ainsi que des réflexes plantaires. Réflexe crémastérien faible des deux côtés. Incontinence du sphincter vésical, plus prononcée par la fatigue ; faiblesse du sphincter anal. Erections et éjaculations normales. La sensibilité dans les deux jambes n’est conservée que dans le territoire du nerf saphène interne, du crural et du nerf obturateur.

L’anesthésie est plus marquée à droite qu'à gauche. Anesthésie de la région fessière, de la partie postérieure des cuisses, du périnée, du scrotum et du pénis. Au-dessus des régions anesthésiées existe une légère zone d’hypéresthésie. Dans le trajet du plexus lombaire, on ne trouve de l’anesthésie que dans les régions innervées par le spermatique externe et le fémoro-cutané postérieur.

L'auteur suppose qu'il s'agissait d’une fracture de la deuxième vertèbre lombaire ayant déterminé une lésion du cône terminal plutôt que de la queue de cheval.

PACHYMÉNINGITE

OBsERVATION XII

par le D Rendu, interne des hôpitaux (Bulletin de la Société Anatomique, juillet 1874).

Pachyméningite spinale antérieure, comprimant le renfiement lombaire et les nerfs de la queue de cheval: myélite diffuse, surtout périépendymaire.

Marie G..., 34 ans, le 6 novembre 1873, entre à l'hôpital avec rétention d'urine et constipation opiniâtre. Affaiblissement des membres inférieurs; marche en fauchant, comme les paraplégiques. Sensations subjectives de fourmillement et de picotement dans les orteils. Ni tumeur, ni déviation de la colonne vertébrale. Douleurs vagues et profondes dans la région lombaire. Le début de la paralysie était survenu brusquement quinze jours avant l'entrée de la malade à l'hôpital. L'incontinence d'urine succède à la rétention. Au commencement de décembre, la sensibilité était notablement émoussée, surtout dans le membre inférieur droit, également plus paralysé. Les réflexes persistaient; pas d’atrophie musculaire. A la fin de décembre, eschare sacrée sur la fesse droite. Les jambes, très paralysées, œdématiées, surtout la droite. Incontinence de l'urine et des matières fécales. Anesthésie absolue; mouvements réflexes en partie abolis. Mort le 23 janvier, due à des accidents de fièvre hectique.

Autopsie. — A partir des dernières vertèbres dorsales, sur la dure-mère, on voit une tumeur ovoïde, oblongue, irrégulièrement mamelonnée et bosselée qui adhère intimement aux méninges et paraît faire corps avec elles. Par suite, elle offre des adhérences assez résistantes avec la portion antérieure de la moelle. Cette tumeur est dure et de consistance fibreuse. Elle s'étend sur une longueur de plus de 8 centimètres dans

toute la portion lombo-sacrée du canal rachidien et déborde latéralement la moelle, d'autant plus que l’on s'approche davantage de la queue de cheval. Elle refoule en arrière le renflement lombaire.

Au niveau de la queue de cheval, une partie de la tumeur passe au-devant, une autre en arrière des nerfs, de sorte que ceux-ci forment deux masses latérales séparées par du tissu fibreux. Après durcissement, on voit qu'il s’agit de pachyméningite chronique hypertrophique. Les nerfs de la queue de cheval ont échappé presque tous à la compression.

A l'examen microscopique, la tumeur est exclusivement constituée par du tissu fibreux très dense, infiltré, sur certains points, de nombreux éléments nucléaires, Au milieu des travées fibreuses parallèles, surtout vers les portions les plus rapprochées de la moelle, serpentent des vaisseaux de formation récente. On voit mème de petits foyers purulents.

Altérations de mryélite inflammatoire. Il n’y a en aucun point dé la moelle de la sclérose des faisceaux antéro-latéraux.

Les cellules des cornes antérieures et postérieures sont d'apparence normale. Les racines nerveuses ne sont pas atrophiées et ne paraissent pas avoir subi d’altérations sensibles.

HÉMATOMYÉLIE

OBSERVATION XIIL (résumée).

par M. le professeur Raymond (1).

Hématomyélie du cône terminal.

Homme, 35 ans, maçon, épileptique, ressent brusquement, en août 1893, une violente douleur dans la région lombaire, suivie de perte de connaissance pendant cinq ou six heures.

La région lombaire est le siège d'une hyperesthésie extrême

. (1) Sur les affections de la queue de cheval. Nouvelle Iconographie de la Salpétrière, 1895. No 3, p. 149.

avec souffranees intolérables. Dès le début, constipation et rétention d'urine. Au bout de six semaines, grande amélioration des douleurs, mais la rétention d'urine fait place à l’incontinence qui persiste depuis lors. La constipation originaire subsiste alternant parfois avec de l’incontinence des matières.

Examiné en 1893 et en avril 1894, à la Salpêtrière, ce malade avait une démarche absolument normale. On ne note chez lui ni affaiblissement musculaire, ni atrophie, ni incoordination motrice, ni signe de Romberg. Le réflexe rotulien est diminué à droite, presque aboli du côté gauche. Les réflexes du tendon d'Achille sont affaiblis des deux côtés.

Douleurs localisées à la région lombaire et provoquées, soit par la pression, soit par la percussion, s’irradiant aux aines et à l'hypogastre, paroxystiques, mais très tolérables. Anesthésie de la région fessière inférieure et de la partie moyenne de la face postérieure de la cuisse. |

L'anesthésie occupe un territoire qui se rétrécit de haut en bas et se termine en pointe vers le creux poplité (domaine cutané du nerf petit sciatique et des nerfs sacrés. L’anesthésie se prolonge sur la face interne des deux cuisses jusqu’à la racine des bourses.

Hypoesthésie du pourtour de l'anus, du périnée, du scrotum et de la verge (nerf honteux interne). Anesthésie complète des muqueuses ano-rectale et uréthro-vésicale. Erections normales, mais perte de la sensation voluptueuse dans le coït et perte de la conscience de l’éjaculation.

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