‹ Contribution a l'étude des Lésions des Nerfs de la Queue de Cheval et du Cone TerminalChapitre 54 sur 60 · SYPHILIS · texte numérisé non relu

SYPHILIS

OBsERvATION LXXI (résumée)

par le docteur Bechterew

Sur la lésion du cône médullaire et de la queue de cheval (1)

Un négociant de Sibérie, ancien syphilitique, âgé de 35 ans, s'aperçoit depuis trois semaines d’une faiblesse croissante dans

(1) Vrach, St-Pétersbourg, 1890, n° 39, p. 881,

les deux jambes. Troubles dans l'émission de l'urine, Constipation opiniâtre. Abolition des fonctions génitales. Pas de signe de Romberg. La force musculaire dans les membres inférieurs est diminuée. Les muscles des faces postérieures des cuisses sont flasques et amaigris. Le réflexe rotulien est normal ainsi que le réflexe du crémaster. Anesthésie profonde à la douleur et tactile du pénis, de l’urèthre, des bourses, du périnée, des fesses, des faces interne et postérieure des deux cuisses et des deux jambes. Emission involontaire fréquente de l'urine et quelquefois des matières.

La partie supérieure du sacrum est douloureuse à la percussion.

L'auteur pense qu'il s’agit d’une lésion de la queue de cheval ou du cône médullaire.

OBsERVATION LXXII (résumée)

par le docteur William Osler (1)

Cas de syphilome de la moelle et de la queue de cheval.

Histoire clinique. Alcoolisme, syphilis. Pendant neuf mois, douleurs dans les jambes, particulièrement dans la gauche, qui s’atrophie rapidement, et présentent des troubles vaso-moteurs. (Rougeur et œdème des genoux et du pied gauche). Réflexe rotulien existe à droite, il est très diminué à gauche. De même pour le réflexe crémastérien. Eschare sacrée et sur la fesse gauche. Anesthésie des deux jambes.

Deux mois avant la mort, incontinence de l'urine et des matières. Plaies nombreuses aux membres inférieurs. Mort avec Les symptomes de myélite.

A l’autopsie, en plus d'une gomme dans le cordon antérolatéral dans la moelle cervicale, il y avait une abondance de gommes syphilitiques enveloppant les 3:, 4° et 5° racines sacrées antérieures et les 2° et 3° racines sacrées postérieures du côté gauche. Il existait une dégénération ascendante du cordon pos-

(1) Journal mensuel des maladies nerveuses et mentales, no 8. Vol. 14. 1889.

térieur gauche et une atrophie partielle des nerfs sciatiques, marquée à gauche.

Dans ce cas, l’auteur pense qu’on peut rapporter la paralysie de la vessie et du rectum aux lésions des 3° et {4° nerfs sacrés et placer par suite les centres ano-vésicanx dans la région sacrée de la moelle et non dans la régiou lombaire.

Les lésions des 2° et 3° racines sacrées postérieures expliquent la dégénération ascendante du cordon postérieur du côté gauche et les lésions des trois racines sacrées antérieures expliquent la dégénérescence du sciatique gauche.

OBsEervATION LXXIII (résumée)

par le docteur Westphal (1).

Femme, syphilitique, 32 ans, présentait une anesthésie absolue de la peau des organes génitaux externes depuis le mont de Vénus, de l’anesthésie du vagin, du périnée, de la partie interne des cuisses, avoisinant le périnée, du sacrum et de la région fessière.

Elle avait une paralysie de la vessie et du rectum et une eschare au sacrum ; mais rien d’autre dans les membres inférieurs.

À l’autopsie, on a trouvé une carie superficielle du sacrum, avec une méningite d'origine syphilitique gommeuse dans la région sacrée, qui comprimait les racines du plexus sacré.

OBsERvATION LXXIV

par le docteur Eisenloha, de Hambourg (1).

Méningite spinale chronique de la queue de cheval avec dégénérescence secondaire de la moelle, probablement d’origine syphilitique.

Homme, 30 ans, entre à l'hôpital fin mai 1856, pour une paralysie des membres inférieurs. Onze ans avant, syphilis

(1) Charité annalen, 1" année.

(1) Neurologishes Centralblatt, 1884.

douteuse. Depuis un an, en plus de la faiblesse des membres inférieurs, constipation opiniâtre. Plus tard, incontinence d'urine avec paralysie vésicale. Cystite. Sensibilité cutanée diminuée aux deux membres inférieurs, surtout à gauche. Elle occupe à droite le coté externe et postérieur de la cuisse et à gauche le côté antérieur et interne. Douleurs dans les membres inférieurs, le rectum; besoin fréquent d'uriner. Amélioration au mois de juin pour la motilité, mais augmentation des douleurs. Eschare sacrée.

En septembre, les orteils du pied droit deviennent plus mobiles ; eschare fessière et trochantérienne. Anesthésie dans le domaine du sciatique du côté droit.

Plus tard apparaissent des secousses musculaires douloureuses. La motilité du membre gauche est relativement conservée.

La sensibilité à la face postérieure des deux cuisses jusqu’au creux poplité est abolie, diminuée seulement au niveau des mollets.

Hypéralgésie sur le dos du pied et autour des malléoles.

Le réflexe plantaire est faible à droite, où il y a de l'hypoesthésie, et manque à gauche, où il y a anesthésie complète.

Le membre droit est plus amaigri que le gauche.

Examen électrique. — Diminution de la réaction faradique dans les nerfs péroné et tibial gauches.

Excitation faradique diminuée dans les muscles de la région antérieure de la jambe et le triceps sural; très diminuée dans les fléchisseurs de la jambe gauche. |

A droite, excitabilité faradique diminuée dans le nerf péronier et abolie pour le nerf tibial, les muscles de la région antérieure de la jambe et les fléchisseurs de la cuisse.

Réaction de dégénérescence dans les muscles antéiieurs de la jambe droite. |

En novembre, les douleurs du sphincter anal et des cuisses deviennent très violentes. La paralysie n’est complète ni à droite, ni à gauche, mais est plus accentuée pour le membre droit.

On note du côté droit (fessier, face externe de la cuisse), des secousses musculaires rythmées. Hypoesthésie dans le

domaine des deux sciatiques. Incontinence des urines et des matières, avec sensation de plénitude du rectum.

En mars 1878, mort. A la fin de la vie, les douleurs étaient devenues intolérables.

Autopsie. — La dure-mère spinale adhérente à la pie-mère depuis le dixième nerf dorsal jusqu'à la moitié de la hauteur de la queue de cheval. |

Les nerfs de la queue de cheval sont accolés les uns aux autres par du tissu conjonctif. Les racines postérieures, au moment de leur entrée dans la moelle, sont grêles et d’une couleur rouge grisâtre.

Dégénération ascendante des cordons de Goll. Les muscles du membre inférieur droit sont très atrophiés.

Sur des préparations microscopiques, les nerfs de la queue de cheval sont reliés entre eux par des adhérences conjonctives partant de la pie-mère, plus épaissis en arrière qu'en avant. Aussi les fibres nerveuses postérieures sont presque complètement dégénérées, sans myéline. Même dégénérescence moins accentuée des fibres antérieures. Dans la région dorsale inférieure, les racines postérieures ne montraient plus de dégénérescence.

Dégénérescence des cordons postérieurs. Dans la région sacrée inférieure les cordons postérieurs sont totalement dégénérés, à l'exception d’un petit champ touchant la ligne médiane qui va en avant à peu près jusqu'au milieu de cette ligne médiane, et aussi à l'exception des parties latérales des cordons postérieurs qui avoisinent la commissure postérieure.

Dans la moelle lombaire, les cordons postérieurs totalement malades (avec conservation de peu de fibres dans les parties antérieures et latérales) dans la partie dorsale inférieure, il s'y ajoute, le long des racines postérieures, une zone parfois étroite qui, vers le haut, devient ‘insensiblement plus large, et dans la région dorsale moyenne, prend la forme d'un triangle dont la pointe arrive à la commissure postérieure. Dans la portion cervicale, la pointe de ce triangle s'approche de la partie postérieure, tandis que sa base dévient plus étroite.

Dans le nerf sciatique droit, on trouve de nombreuses fibres dégénérées, ainsi qu'une atrophie dégénérative des muscles de ce même côté,

L'auteur dit qu’il n’a pu trouver la preuve anatomo-pathologique de la nature syphilitique du processus morbide,

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