TUMEURS
OBsErvATION LXXV (résumée)
par le Docteur Thorburn (1)
Tumeur de la queue de cheval enveloppant successivement plusieurs racires nerveuses.
J. D..., âgé de 31 ans, entre, le 15 avril 1886, à l'hôpital, dans le service du docteur Jones.
SIX ans avant, douleurs dans la partie inférieure du dos, s'irradiant jusqu'aux talons, avec miction diflicile, suivie, pendant une semaine, de rétention d'urine. Les troubles vésicaux s’amendèrent pour réapparaître plus tard sous forme de rétention qui durà trois semaines. Constipation huit mois avant l'admission, douleurs dans la partie antérieure des cuisses, aux hanches, aux genoux, faiblesse marquée dans les membres inférieurs, au-dessous du genou. Érections et pollutions nocturnes. Cinq mois après, aggravation des sympômes précédents et suppression des érections,
A l'examen du malade, on constate de l'atrophie museulaire ; une tendance à la paralysie des muscles fléchisseurs du pied; de la constipation; de la rétention d'urine.
Anasthésie complète nulle part, elle est diminuée sur toute la face postéro-interne des fesses, la face postérieure des cuisses et des jambes, sur le dos du pied, moins son bord interne, sur les faces antéro-externes et postéro-internes des jambes.
(1) Iojury ot the lombo dorsal region. Contribution to the Surgery of the spinal cord. 1889, p. 137,
Anesthésie du pénis, du scrotum, du périnée, de la partie interne des cuisses. En somme, la sensibilité n'est conservée que dans le domaine du nerf crural. Les testicules sont sensibles à la pression. Hypéresthésie de l’urèthre. Pas de réflexe plantaire ni fessier. Abolition des réflexes rotuliens, le droit d'abord, puis le gauche.
Il n'y a pas de doute, pour l'auteur, qu'il s'agisse ici d'une lésion de la queue de cheval, provoquée par une tumeur. Cette tumeur avait d’abord englobé le quatrième nerf sacré (symptômes rectaux et vésicaux); et ensuite les trois premières branches sacrées postérieures. Elle aurait plus tard intéressé les nerfs érecteurs (second nerf sacré) et déterminé une irri-. tation des cinquième, quatrième et troisième nerfs lombaires.
L'auteur en conclut que cette tumeur était située entre le bord supérieur de la seconde vertèbre lombaire et son bord
Inférieur.
OBsERvVATION LXXVI
par Lévpold Laquer. Ueber compression der Cauda equina (1).
Lymphangiome caverneux comprimant les nerfs de la queue de cheval.
L..., 19 ans, ressent, en septembre 1888, des douleurs lombaires s’irradiant jusqu'aux genoux; douleurs surtout mar” quées la nuit. Au commencement de décembre 1889, l'examen faisait encore constater des douleurs siégeant juste au milieu du ‘sacrum et empêchant le malade de dormir. Il y avait également des irradiations à la face postérieure des cuisses.
La position assise ou couchée sur le dos ne pouvait être supportée longtemps. Amélioration en janvier 1890, qui fit porter le diagnostic de névralgie du plexus sacré. Alternatives d'augmentation et de diminution les mois suivants dans les symptômes précédents.
En septembre 1890, constipation, miction diflicile, abolition du réflexe rotulien droit, diminution à gauche. Marche difficile ; pas d’incoordination, pas de troubles de la sensibilité. Légère
(1) Neurologisches Centralblatt, 1891, avril, no 7, p. 195.
atrophie musculaire au quadriceps des deux cuisses. Douleurs à la pression au niveau du sacrum. Légère cyphose de la région lombaire. Les mouvements du tronc sont douloureux; audessus du trochanter droit, tendance à l’eschare; par le toucher rectal, la pression sur la partie antérieure du sacrum était très douloureuse.
Diminution des fonctions sexuelles.
Opération pratiquée par le docteur Louis Rehn qut enlevait une tumeur molle, de la grosseur du petit doigt, située hors de la dure-mère, à l’intérieur du canal lombo-sacré. Cette tumeur n'était pas soudée aux racines de la queue de cheval ni à la dure-mère, mais avait repoussé celle-ci en avant. Cette tumeur fut déclarée être un lymphangiome caverneux.
L'opération avait eu lieu le 14 octobre 1890; quinze jours après, le malade n’avait plus de douleurs et pouvait dormir. I quittait l'hôpital le 14 novembre 1890.
Le malade, revu en janvier 1891, était en très bon état. Il souffrait quelquefois de légères douleurs dans le nerf sciatique gauche. Les réflexes du genou sont maintenant facilement obte nus et de même intensité des deux côtés.
OgservATION LXXVII par le docteur Benjamin, de Hambourg (1). Virchow’s Arch, XI, 1857, p. 87.
Névrome des Méninges rachidiennes
Malade âgé de 60 ans. Pendant 7 ans, douleurs parcourant les membres inférieurs qui se paralysèrent bientôt ainsi que la vessie et le rectum. Cet état persista sans modification jusqu'à la mort ; la paralysie motrice n'eut aucune influence sur les douleurs, dont l'intensité, au contraire, augmenta toujours, et atteignit même à la fin un degré presque insupportable.
Autopsie. — Cerveau sain ; arachnoïde spinale épaissie, Au dessous d’un gonflement de la paroi postérieure des méninges du canal sacré, on découvrit, après avoir sectionné ce gonfle-
(1) Traité clinique des maladies de la moelle épinière, Leyden — Traduction française, 1878.
ment, une tumeur piriforme située à 0" 06 de la terminaison de la queue de cheval et couchée sur elle. Cette tumeur était comme une olive, longue de 003 environ. Plusieurs troncs nerveux passaient sur elle, tandis que d'autres la traversaient ; elle était dure, d'un éclat nacré ; la surface de section offrait une structure analogue à la moelle et creusée de cavités ; le microscope y montrait des cellules de pus, de fines fibres nerveuses, des corpuscules amyloïdes et des granulations graisseuses.
OgsEervaTioN LXXVIIL (résumée)
par le docteur Lancereaux. Atlas d'anatomie pathologique. Texte 1871, p. 449.
Tumeur gommeuse de la protubhérance annulaire et strabisme convergent des deux yeux. Contracture des membres. Polydipsie et polyurie. Névrome médullaire de la queue de cheval.
A l’autopsie d’un malade de 38 ans, syphilitique, on voit sur six des faisceaux nerveux qui constituent la queue de cheval, à un ou deux centimètres de l’extrémité de la moelle, des renflements fusiformes grisâtres assez analogues aux ganglions spinaux et qui ont depuis le volume d'un grain de blé jusqu'à celui d’un noyau de prune. Vus au microscope, ces renflements ont une structure qui se rapproche de celle des ganglions nerveux. Sur une coupe microscopique longitudinale, on y reconnaît la présence de nombreux tubes nerveux dispersés sous forme de faisceaux entre des amas de corps arrondis ou ovoides, bruns, pigmentés, en possession d'un noyau relativement considérable d'environ omor de diamètre. Une coupe transversale montre, de la façon la plus nette, que ces corps sont compris dans des espaces formés par des travées conjonctives; et bien qu'il soit difficile de leur trouver des prolongements, néanmoins ils me paraissent devoir être considérés comme des cellules nerveuses. Aïnsi les tumeurs en question seraient de véritables névromes,
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