OBSERVATION LXXIX
Par M. Joffroy, interne des hôpitaux. Bullelin de la Société Anatomique, 1871.
Fibro-sarcome de la région lombaire ; pénétration de la tumeur dans la colonne vertébrale ; paraplégie complète par compression de la moelle, sans myélite ; généralisation de la tumeur.
K., forgeron, 58 ans, entré le 9 juin 1871 à l'hôpital Lariboisière. Symptômes importants: Paralysie des membres inférieurs, avec soubresauts dans les jambes, surtout la nuit. Douleurs vagues et passagères au même niveau, liminution de la sensibilité dans les membres inférieurs. Absence complète de mouvements réflexes. Tendance à la constipation.
En juillet, eschare au sacrum. Rétention d’urine, puis incontinence. Augmentation des douleurs.
A l'autopsie. — Fibro-sarcome ayant pénétré dans le canal rachidien, envahissant d’abord les corps des deuxième et troisième vertèbres lombaires et ensuite atteignant la dure-mère entièrement dégénérée à ce niveau. La dure-mère dégénérée forme ainsi un manchon complet à la moelle lombaire et à la queue de cheval, qui sont ainsi fortement comprimées.
L'examen de la moelle n'a révélé aucune lésion.
Les filets nerveux de la queue de cheval et les nerfs sciatiques ne sont ni enflammés ni dégénérés.
L'examen microscopique a montré que toutes les tumeurs sont des fibro-sarcomes.
OBsERvATION LXXX (résumée)
Par Roth, de Berlin, rapportée par Moëli. Centralblalt Neurologisches, 1884, p. 105.
Sur un cas de compression de la queue de cheval par un fibro-sarcome avec dégénération secondaire de la moelle.
La malade, deux ans avant la mort, éprouve des douleurs violentes dans les reins et dans la région des sciatiques. Après une tentative d'empoisonnement, apparaissent une paraplégie et une paralysie de la vessie et du rectum. Mort par cystite et
eschare sacrée.
A J’autopsie, fibro-sarcome dans le canal vertébral, dans la région du promontoire. La tumeur, adhérente aux éléments nerveux, avait occasionné une compression des nerfs de la queue de cheval. Les racines nerveuses étaient minces, transparentes, manquaient d'éléments nerveux, et étaient formées seulement de tissu conjonctif lâche. Dans la moelle épinière, dégénération considérable des cordons postérieurs qui, an niveau de la moelle lombaire, respectaient, à peu près, les parties adjacentes au sillon médian postérieur et le bord de la corne postérieure.
OBsEervATION LXXXI (résumée)
par le D' Thorburn (1)
Tumeur de la queue de cheval
Joseph Davis, entré à l’hôpital en mai 1882, avec des douleurs très vives dans le dos, les cuisses, les jambes et les pieds. Le malade marche en traînant péniblement les jambes. Les membres inférieurs sont très amaigris. Il y a de lexagération des réflexes rotuliens et de la rétention d'urine. Les muscles fessiers sont paralysés. Il y a de l’anesthésie au niveau du sacrum, du périnée, le côté gauche du scrotum, la partie postérieure des cuisses; les douleurs dans les membres et au pourtour de l’anus sont très vives.
L'excitabilité électrique est, en géneral, plus diminuée à gauche qu’à droite, et surtout dans les muscles jumeaux, extenseurs du pied et du genou, biceps et grand fessier. Eschare au-dessus du grand trochanter droit, au-dessus du sacrum.
À l'autopsie, on trouva un fibro-sarcome, environ de la grosseur d’un grain de chènevis, situé sur l'une des racines nerveuses de la queue de cheval. On a noté, de plus, d’autres lésions sur les racines nerveuses avoisinantes,
(1) Brain, 1888.
Ares
OBsERvATION LXXXII (résumée)
par MM. Cornil et Martineau. Société de Biologie, 1866, p. 88.
Tumeur à myélocythes des nerfs de la queue de cheval; altération de ces nerfs et dégénération secondaire des cordons postérieurs de la moelle dans toute sa hauteur.
P. Paul, 53 ans, porteur aux Halles, né à Montfort.
Il y a un an, douleurs le long du rachis; au bout de 4 mois, le malade marchait en fauchant, éprouvait de la difficulté à uriner et allait rarement à la selle. Hémiplégie droite; eschare au sacr um,
Autopsie. — Tuberculose pulmonaire; tumeur de la grosseur d'un œuf de pigeon au niveau de la dixième vertèbre dorsale en dehors de la dure-mère.
Le canal rachidien est rempli, au niveau de la colonne lombaire, par une tumeur diffuse qui entoure la dure-mère, se prolonge dans les trous de conjugaison des vertèbres et englobe les nerfs qui émanent du renflement lombaire. Cette tumeur siège à la partie antérieure du canal rachidien et comprime seulement les racines antérieures émanées du plexus lombaire.
La masse de la tumeur est constituée par un tissu grisâtre, semi-transparent.
Au microscope, elle renferme, comme éléments prédominants, des noyaux arrondis ou ovoïdes finement granuleux. Ces élé-. ments sont situés dans une trame vasculaire au milieu de fibres lamineuses extrêmement fines.
Les nerfs de la queue de cheval, englobés dans la tumeur précédente, sont altérés; leurs fibres nerveuses présentent un état granulo-graisseux de la substance médullaire.
L'étude de la moelle épinière a montré que partout les cordons postérieurs étaient altérés en totalité ou en partie. Dans la partie inférieure jusqu’au milieu de la portion dorsale de la moelle, les cordons postérieurs étaient altérés dans leur totalité. A partir de ce point jusqu’à la partie supérieure de la moelle, la lésion se bornait aux faisceaux médians et postérieurs des cordons postérieurs.
Dufour, — 12
On reconnaissait que la lésion des faisceaux postérieurs consistait dans la disparition de la substance médullaire des tubes nerveux et la formation nouvelle d'un nombre considérable de corps granuleux de Gluge. Il n'y avait pas d'augmentation d'épaisseur du tissu conjonctif ni de corpuscules amyloïdes en quantité plus considérable qu’à l’état normal.
En outre, elle établit ce fait auquel nous ne connaissons pas d'analogue, qui, à la suite d’une altération par compression des nerfs de la queue de cheval, les cordons postérieurs peuvent subir une dégénération secondaire dans toute la hauteur de la moelle.
OBsERVATION LXXXIIL (résumée).
par le Dr Rostan (1).
Paraplégie fort ancienne survenue à la suite d’une vive colère, abolition du mouvement et non du sentiment. Symptômes d’hémorrhagie cérébrale. Mort. Tumeur cancéreuse comprimant les
nerfs de la queue de cheval. Tumeur analogue et ramollissement sur un point plus élevé de la moelle ; foyer apoplectique à la partie supérieure et antérieure de l’hémisphère cérébral gauche. Dégénérescence stéatomateuse des artères cérébrales.
Ti..., 56 ans, artiste dramatique. A la suite d’une violente colère, faiblesse et engourdissement dans les extrémités inférieures, douleurs lombaires. Au bout de 6 mois, paralysie complète. Soigné à la Pitié, où il est entré le 8 mai 1833.
Incontinence d'urine, constipation. En novembre, atrophie des membres inférieurs ; pas de troubles de sensibilité. Sur ces entrefaites survint un ictus apoplectique suivi de mort.
Autopsie : Dans l'hémisphère gauche, foyer hémorrhagique.
Au niveau de la 4e vertèbre dorsale existe, au dessous de la pie-mère et près du côté droit de la moelle, une petite tumeur paraissant formée d’un tissu lardacé rougeûtre.
Au niveau de la 3 vertèbre lombaire, le canal vertébral est
(1) Archives générales de Médecine, septembre 1834. Tumeur cancéreuse comprimant les nerfs de la queue de cheval:
occupé par une tumeur de même nature que la précédente, grosse comme deux pois environ. Elle est située au milieu des nerfs qui forment la queue de cheval, adhérente à l'un d'eux, et semble s'être développée dans son épaisseur.
Il s’agit de production de tumeur cancéreuse.
OBseRvATION LXXXIV (résumée).
par M. Blondet. Bulletin de la Société anatomique. Mars, 1859.
Epithélioma des enveloppes de la moelle trouvé à l’autopsie d’une femme de 28 ans, paraplégique depuis 16 mois, et qu'on avait toujours considérée comme étant atteinte d’un ramollissement de la moelle.
En plus d’un épithélioma comprimant la partie inférieure de la moelle, cinq ou six des cordons nerveux qui forment la queue de cheval présentaient sur leur trajet un petit renflement ovoïde, blanc, résistant, du volume d’un pois, ayant exactement l’apparence des névromes fibreux. Ils étaient constitués par des cellules identiques de tous points avec celles développées sur la moelle épinière elle-même (épithélioma).
OBsERvATION LXXXV Archives de Virchow, XI, 1857, p. 87 (1)
J. W., soldat de 22 ans, éprouve de violentes douleurs qui, partant du sacrum, s'irradient vers les jambes. Au bout d'un certain temps, apparaissent des signes de parésie qui nécessitent son transport à l'hôpital. Les symptômes paralytiques augmentent jusqu'à constituer une paralysie complète, tandis que les douleurs continuent sans rien perdre de leur intensité. Enfin il survient du décubitus et de la cystite et le malade meurt environ un an après l'apparition des premiers accidents.
(1) Traité clinique des maladies de la moelle épinière. Leyden. Traduction française, 1879.
Autopsie. — Tumeur siégeant au commencement de la queue de cheval, dure et de la grosseur d’une petite noix. Moelle légèrement aplatie au-dessous de la tumeur, mais du reste
parfaitement saine.
OBsERVATION LXXXVI (résumée) Cruveilhier (Atlas d'anatomie pathologique, livraison 32°, p. 17)
Paraplégie par lésion du tissu propre de la moelle que remplace une cellulosité infiltrée. Dégénération gris jaunàtre des cordons médians postérieurs. Tumeur encéphaloïde autour de la queue de cheval.
P., Marie, 52 ans, paralysie des membres inférieurs, longtemps agitée de tressaillements douloureux qui disparaissent au bout de deux ans, en septembre 1832. Incontinence de l'urine et des’ matières. Perte de la sensibilité dans les membres inférieurs remontant jusqu'à l’épigastre. Eschare sacrée; eschare trochantérienne.
Autopsie. — La moelle présente à sa partie inférieure, au milieu des nerfs qui constituent la queue de cheval, une production rougeâtre, molle, bosselée. Cruveilhier considère cette tumeur comme encéphaloïde, développée autour d’un certain nombre de racines des nerfs spinaux et cachée par celles des racines nerveuses qui occupent la circonférence de la queue de cheval. Cette tumeur sous-arachnoïdienne est bien moins apparente en avant qu'en arrière.
OBsERVATION LXXX VIT (résumée)
Par le docteur Lange (1)
Sarcome comprimant la queue de cheval
Homme, 42 ans, après avoir présenté pendant sa vie des symptômes de tabes, douleurs des membres, troubles de la
sensibilité, faiblesse des extrémités inférieures, fut trouvé, à l’autopsie, porteur d’une tumeur sarcomateuse qui comprimait
(1) Schmidts Jahrbücher, 1872, p. 281.
à gauche la partie inférieure de la moelle sur une hauteur de un centimètre environ, et les racines postérieures des nerfs de la queue de cheval du côté gauche. Cette tumeur avait amené une atrophie des racines postérieures. Les racines antérieures et la moelle étaient normales.
On trouvait, de plus, une dégénération partielle du cordon postérieur.
OBsERvATION LXXX VIII par le D' Th, Simon
Tumor im Sack der dura mater spinalis, die cauda equina comprimirend nut fortgeleiteten. Degeneration der Hinterstrange in das, etc... (1) (Sarcome.)
Juliane M... 26 ans, entrée à l'hôpital le 26 février 1873.
Depuis l'automne 1872, douleurs dans les reins et la jambe gauche, s'étendant plus tard à la jambe droite. La malade, lorsqu'on l’examina, était enceinte; dans le lit, les mouvements des membres inférieurs peuvent être exécutés. La marche provoquait de grandes douleurs et ne s’effectuait qu'avec des béquilles. Sensibilité, réflexes intacts.
Au commencement d'avril, rétention d'urine; le mois suivant, douleurs continuelles; paralysie motrice presque complète des membres inférieurs; incontinence d'urine et quelquefois des matières. Eschare sacrée; hypoesthésie des membres inférieurs.
Le 9 août, accouchement normal qui est suivi de l’aggravation des symptômes précédents.
Mort le 16 septembre.
Autopsie. — Après avoir ouvert la dure-mère, on trouve à la partie inférieure de la moelle une tumeur oblongue de 8 centimètres de long, 19 millimètres de large et 15 millimètres d'épaisseur. A la coupe, sa coloration est blanc jaunâtre; elle est constituée par des cellules fusiformes. La tumeur avait comprimé un peu le filum terminale. Les nerfs de la queue de cheval enveloppent la tumeur, et quelques-uns sont même si adhérents qu'il est impossible de les en détacher.
(4) Archiv für Psychiatrie und Nervenkrankheiïten, 1875, p. 108.
Dégénérescence ascendante des cordons postérieurs, qui, au niveau de la partie supérieure de la moelle dorsale et de la moelle cervicale, se localisait au cordon de Goll.
Simon rattache cette dégénérescence ascendante à la compression des racines postérieures par la tumeur sarcomateuse.