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la castration unilatérale. On fera comprendre à l’intéressé les dangers qu’il court à conserver un organe déjà perdu pour la. fonction, dont le mal peut gagner les appareils voisins, qui, dans un temps plus ou moins long, peut se transformer en une masse purulente nuisible à sa santé. On lui expliquera que l’autre testicule, resté sain, lui permettra d’aecomplir normalement les rapports sexuels et lui conservera sa fécondité. Or, il est bien rare que devant ces explications le malade ne préfère pas l’opération radicale aux aléas de l’opération conservatrice.
Nous croyons done que la castration est l’opération de choix, au cours de la tuberculose testiculaire. En effet, au point de vue fonctionnel, elle n’enlève rien de plus que les opérations partielles et elle a en outre sur celles-ci l’avantage de supprimer un foyer morbide dangereux pour l’organisme, alors même qu’il semble éteint. Quénu cite le cas d’un malade qu'il vit mourir à l’hôpital Ténon d’accidents cholériformes dus à l’extension d’une tuberculose fibreuse du testicule à l’arbre urinaire; cette tuberculose remontait à trente ans.
En terminant, disons un mot de l’avenir des opérés.
La statistique de Bruns nous montre que dans 26 p. 100 des cas, après castration unilatérale, l’autre testicule fut également atteint. Mais 46 p. 100 des malades étaient complètement guéris, de 3 à 34 ans, après l’opération.
Ces résultats nous ont paru intéressants à signaler, car s’il est vrai que, de facon générale, la tuberculose orchiépididymaire devient bilatérale dans la moitié des cas; cette proportion semble diminuer de moitié après l’opération radicale.
ORSERVATION (Due à l’obligeance de M. le Professeur Tédenat)
Tuberculose orchi-épididymaire
À. M..., âgé de 18 ans, cultivateur à Marsillargues, entre dans le service de chirurgie générale du professeur Tédenat, salle Bouisson, n° 26, le 28 juin 1922. Sans aucun antécédent héréditaire ou personnel à noter, il vient à l’hôpital pour une tuméfaction de la bourse droite, dont le début insidieux remonterait à six semaines environ. Sans qu'aucun écoulement suspect ait eu lieu par l’urètre, sans phase aiguë, la bourse a, peu à peu, augmenté de volume, gênant le malade dans la marche et dans ses travaux. Le repos n’amène aucune amélioration.
[I n’y a rien à noter à l’interrogatoire des divers appareils. L'examen montre une bourse droite volumineuse, comme un gros poing: le scrotum est tendre et la palpation révèle en avant du testicule une lame d’hydrocèle. On parvient cependant assez facilement à sentir l’épididyme, dont le globus major est augmenté de volume, dur et bosselé. Avec un peu d'attention, on peut suivre au doigt le conduit épididymaire, qui apparaît irrégulier jusqu’à son extrémité inférieur et comme bourré de nodules durs.
Le testicule droit est indemne. La prostate est normale. Rien aux poumons. Etat général satisfaisant.
Le diagnostic d’épididymite bacillaire était le plus plausible et, étant donné l’étendue des lésions, on décida une intervention qui fut acceptée par le malade. Sous anesthésie à l’éther goutte à goutte, on pratique une incision comme pour une hernie inguinale et on énuclée le testicule. La vaginale, ouverte d’un coup de pointe de bistouri,
donne issue à du liquide citrin, et ainsi on peut explorer le testicule, difficile à sentir au cours de l’examen clinique. [l'est gros et présente des granulations nombreuses, transparaissant sous l’albuginée, avec par endroits des points ramollis par la caséïification. La conservation de l’organe semble contre-indiquée et on pratique une castration. Ligature des paquets veineux et ligature haute du déférent, que l’on sectionne au thermocaustère.
Suites bonnes. Le malade sort guéri quinze jours après son opération.
L'examen des pièces montra une caverne purulente oceupant toute l’étendue de la tête de l’épididyme et des points caséeux échelonnés jusqu’au globus minor, luimême augmenté de volume. Le testicule est littéralement bourré de points granuleux et dans la masse parenchymateuse plusieurs noyaux sont en voie de ramollissement et de transformation purulente.