‹ Contribution à l'étude des lésions du testicule dans l'orchiepididymite tuberculeuseChapitre 4 sur 17 · RARE · texte numérisé non relu

RARE

FREQUENCE DES LESIONS DU TESTICULE DANS L’ORCHI-EPIDIDYMITE BACILLAIRE

Il est généralement admis que l'appareil testiculo-épididymaire atteint de tuberculose présente des altérations qui ont pour siège initial et prédominant l’épididyme ; le testicule ne réagit que secondairement et après un temps plus ou moins long. « Il est absolument exceptionnel, dit- Reclus, de voir le testicule pris en dehors de l’épididyme. » Mais la lésion du testicule est-elle fréquente, quand se produit-elle? T'elle est la question qui nôus occupera ici, question à laquelle nous voudrions nous efforcer d’apporter les quelques renseignements qu’ont pu nous donner nos recherches.

La tuberculose génitale de l’homme ayant des localisations variables avec l’âge du sujet, nous l’étudierons séparément chez l’enfant, chez l’adulte et le vieillard.

Chez l’enfant, ainsi que le disent Hutinel et Deschamps, a point de vue pathologique, épididyme et testicule semblent à peu près indépendants l’un! de l’autre, et il n’est pas rare de voir l’infection bacillaire les atteindre séparément.

Souvent le testicule est lésé profondément, sans que l’é- ‘ pididyme soit touché; de même on peut trouver des noyaux caséeux dans l’épididyme, le testicule étant absolument sain; mais, si l’on, cherche à établir la fréquence des lésions, on arrive à cette conclusion que le testicule est plus souvent touché que l’épididyme.

Mais c’est chez l’adulte que la tuberculose de l’appareil génital atteint son maximum de fréquence. Des diverses statistiques faites, il résulte, en effet, que cette maladie évolue, le plus souvent, de 20 à 50 ans, la majorité des cas se trouvant chez des sujets de 25 à 35 ans. Les vieillards sont plus rarement atteints; chez eux, d’ailleurs, les lésions évoluent comme chez l’adulte; nous croyons donc pouvoir étudier, en un même paragraphe, la fréquence de la tuberculose testiculaire à ces deux âges de la vie.

Ïl existe à ce sujet deux opinions bien tranchées. Certains soutiennent, et c’est là la théorie allemande, que les. lésions tuberculeuses du testicule apparaissent en même temps que celles de l’épididyme. D’autres pensent, au contraire, que ce n’est que secondairement que le testicule subit une atteinte plus ou moins profonde, et c’est là la théorie généralement admise en France.

Les observations que nous avons rencontrées dans la littérature signalent presque toutes, à l’examen des pièces de castration, une atteinte plus ou moins intense du testicule. Peut-être faut-il en rechercher la cause dans la marche insidieuse de l’affection, qui n’éveille l’attention du malade qu'après une évolution assez longue.

D'autre part, les lésions du testicule frappé de tuberculose étant à leur début discrètes et profondément situées, le plus souvent voilées par une lame d’hydrocèle, sont, par là-même, assez difficilement appréciables en clinique, et dans bien des cas elles peuvent échapper aux investigations d’observateurs expérimentés, si bien que Reclus pense que, dans les trois quarts des cas, testicule et épidi: dyme seraient atteints simultanément. Nous avons cru devoir attirer l'attention sur ces faits qui semblent, en effet, montrer que, dans les affections bacillaires de l’appareil séminal, le testicule est plus souvent lésé qu’on ne

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ie croit généralement, ce qui, pensons-nous, doit avoir une importance capitale dans les indications thérapeutiques.

Lorsque la lésion bacillaire a son siège initial dans l’épididyme, elle n’y reste généralement pas cantonnée, elle gagne plus ou moins rapidement le testicule. Il serait intéressant de savoir au bout de combien de temps se fait la contagion. Les statistique sont, Zci, malaisées à établir; les malades, en effet, ont rarement une notion exacte du début réel de la maladie. Parmi les recherches faites à ce sujet, les chiffres de Bruns, se rapportant à 111 cas, suivis parfois durant une période de trente-quatre ans, ont attiré

notre attention; nous croyons devoir les citer ici:

Le testicule est pris deux mois après l’épididyme dans 18 p. 100 des cas.

Trois mois après dans 24 p. 100 des cas.

Quatre mois après dans 40 p. 100 des cas.

Enfin, plus tard, on trouve le testicule envahi dans 60 p. 100 des cas. :

Dans deux observations, dues à l’obligeance de M. je professeur Tédenat, observations que nous résumerons à la fin de ce travail, le testicule était toujours nettement pris. Le début de la maladie remontait à six semaines dans un cas, à deux mois dans l’autre.

L’atteinte du testicule se fait done. dans un laps de temps assez court, et elle doit exister fréquemment chez les malades qui viennent au médecin, car il s’agit d’une affection presque toujours chronique qui peut passer inapercue durant de longs mois.

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