SIGNES CLINIQUES DE L'INFECTION TUBERCULEUSE DU TESTICULE
L’infection tuberculeuse du testicule n’a pas, au début, une individualité clinique propre et décrire ses symptômes revient à esquisser le tableau de l’orchiépididymite tuberculeuse banale. Nous le ferons très rapidement, car à cette période la lésion épididymaire prime toutes les autres, mais au fur et à mesure que la lésion testiculaire progresse, son existence s'affirme en clinique par des signes suffisamment nets, quoique variant avec les diverses formes d’orchite tuberculeuse, pour que nous en donnions ici les caractères essentiels.
L’orchiépididymite bacillaire frappe, en général, des sujets en pleine activité sexuelle, âgés de 20 à 50 ans; rare
. chez le vieillard, elle est assez fréquente chez l’enfant'
avant la puberté. Mais ses mamifestations cliniques sont, pensons-nous, assez analogues aux différents âges de la vie pour qu’on puisse les décrire en un même paragraphe, en ayant soin toutefois de faire ressortir, le cas échéant, les différences qui les séparent.
Dans sa forme commune, forme chronique et subaiguë, la tuberculose s’installe insidieusement dans la glande séminale. Le malade n’éprouve que peu ou pas de douleur, une simple sensation de gêne et de pesanteur au niveau des bourses en sont les premiers symptômes. Parfois, des poussées fluxionnaires viennent, à intervalles variables, rendre plus sensible cette affection, maïs elles sont généralement vite calmées par le repos. La douleur, lorsqu'elle existe, siège au niveau du testicule, s’irradiant dans les aines, le long du cordon, parfois même jusque dans les
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lombes. L'état général des sujets atteints reste souvent bon jusqu’à une période avancée de la maladie. Cependant, il n’est pas rare de rencontrer chez eux des antécédents héréditaires chargés et certains signes de ce que l’on nommait autrefois le tempérament scrofuleux.
Les signes physiques sont variables avec la date d’évolution de la maladie. Au début, il ne sera pas rare de voir un scrotum en apparence normal, et ce n’est qu’au palper que l’on sentira l’épididyme augmenté de volume, irrégulier, présentant une ou plusieurs nodosités siégeant le plus souvent du côté de la queue.
Le testicule est-il lésé à ce stade? Les pièces opératoires montrent généralement des lésions discrètes. Peut-on les soupconner cliniquement? Nous ne le croyons pas. A l’examen, le testicule, parfaitement mobile, n’est pas augmenté de volume. Souvent une mince lame d’hydrocèle viendra masquer le testicule et en empêcher l’exploration. Par contre, assez rarement on verra se créer des adhérences entre les deux feuillets de la vaginale.
Il semble donc qu’à ce stade l’examen clinique soit impuissant à préciser l’atteinte ou l’intégrité du testicule. Souvent même,'au cours de l’opération, après ouverture de la vaginale, l’aspect de la glande paraîtra normal et il sera nécessaire de pratiquer l’orchidotomie exploratrice, préconisée par Delbet, pour déceler les premières granulations tuberculeuses situées profondément dans le parenchyme glandulaire.
Mais plus tard les lésions tuberculeuses du testicule vont, en évoluant, devenir plus manifestes. Elles seront certes toujours en retard sur l’évolution des lésions épididymaires. C’est lorsque les tubercules de l’épididyme seront en pleine fonte purulente qu’on pourra sentir, em palpant soigneusement la glande, des points de résistance
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dans son parenchyme, de petites indurations correspondant à des tubercules crus. Les tubercules intra-testieulaires subiront, eux aussi, la transformation caséeuse. L'examen peut révéler de véritables foyers de fluctuation correspondant à des abcès intra-testiculaires, mais il y aura déjà, depuis longtemps, fistulisation des abeès épididymaires. C’est l’évolution habituelle, mais on pourra voir, par exception, dans cette forme chronique, les lésions testiculaires et épididvymaires évoluer parallèlement.
Dans sa forme aiguë, l’orchite tuberculeuse se distingue par sa soudaineté; la douleur est vive et s’installe rapidement. La moindre pression, le simple contact des vêtements l’exaltent au point de rendre la marche impossible. Les bourses sont le siège d’une tuméfaction généralement assez intense. Le testicule semble, ici, plus nettement augmenté de volume. La réaction de la vaginale est souvent plus marquée et-l’hydrocèle plus abondante que dans la forme chronique. Les lésions ont une évolution rapide, souvent interrompue par des périodes . d’accalmie, maïs aboutissant progressivement et dans un temps assez court à la fistulsation. Les fistules siègent encore à la face postérieure et à la partie inférieure du scrotum.
Dans cette forme aiguë, la réaction du testicule à l'in fection tuberculeuse est très nette. [Les observations de Duplay, celles nombreuses rapportées dans la thèse de Javelly montrent, presque toujours, une augmentation de volume considérable du testicule, à côté des lésions classiques de l’épididyme. Dans un cas même, celui de Terrillon, le testicule seul était atteint.
Ce fait de la fréquence des lésions du testicule dans j’orchiépididymite aiguë de l’adulte nous paraît intéressant à rapprocher de celui de la prédominance des formes aiguës chez l’enfant, où l’affection est surtout une orchite,
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et semble nous autoriser à dire: À forme aiguë, lésions testiculaires précoces.
Si, dans les formes que nous venons de décrire, il est souvent diffcile de se rendre compte de l’existence des lésions testiculaires, il est des formes, par contre, où l’atteinte du testicule saute aux yeux.
Dans la tuberculose hyperplasique, la réaction conjonctive est si intense que le testicule et l’épididyme sont transformés en une masse dure, irrégulière, bosselée et assez volumineuse. Il est souvent impossible de retrouver les traces de l’épididyme perdu dans une gangue fibreuse, si bien que la tumeur semble, ici, prédominante sur le testicule; son aspect est celui des tumeurs malignes de cet organe, avec lesquelles elle est d’ailleurs souvent confondue, d’où le nom de forme pseudo-néoplasique, sous lequel on la désigne souvent.
Dans sa forme inflammatoire, la tuberculose du testicule se traduit par un gonflement douloureux de la glande, s’accompagrant de vaginalite. C’est une fluxion testiculaire. Ces phénomènes sont généralement de courte durée, mais réapparaissent par poussées successives, plusieurs mois d'intervalle, et il n’est pas rare de voir un noyau induré de la queue de l’épididyme leur succéder ou pius souvent une atrophie scléreuse, progressive du testicule.
Dans le cas que nous rapportons, la lésion du testicule était manifeste et avait donné lieu à un tableau symptomatique assez particulier pour que nous y insistions À nouveau.
L'’affection débute, chez un homme de 37 ans, par des
douleurs vives et du gonflement de la bourse droite. Le malade est contraint de garder le lit dix-neuf jours, tant la gêne est considérable. C’est là le début de l’orchite tuberculeuse de Duplay. Puis les phénomènes douloureux
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