ÉVOLUTION ET FORMES CLINIQUES
Le début de la leucémie à monocytes est très variable : le plus souvent il est insidieux et il s'écoule plusieurs jours ou semaines avant que le malade, frappé par l’accentuation d’un trouble qu'il avait cru passager, vienne consulter. Parfois c’est un état de lassitude, survenue sans cause apparente et qui malgré le repos ne fait qu'augmenter, ou une pâleur que l’entourage et le malade remarquent et qui va en s'accentuant, d’autres fois, enfin — et ce fut le cas de notre malade — il s’agit d’une sensation de pesanteur dans l’hypocondre gauche qui finit par inquiéter par sa persistance.
Assez fréquemment il est aigu, et alors très variable, tous les symptômes qu’on trouve à la période d'état pouvant constituer le trouble par lequel commence la maladie.
Une personne en pleine santé apparente esl prise de maux de gorge qui, non seulement ne sont pas influencés par les traitements locaux, mais bien au contraire vont en augmentant. Parfois c’est une hémorragie gingivale à la suite d’une avulsion dentaire, d’autres fois
upe épistaxis abondante, une hématurie, une métror-
ragie, une hémorragie intestinale, une éruption purpurique qui tendent à se généraliser, Parfois enfin un état fébrile que rien n’explique ou qu'accompagne des douleurs osseuses et articulaires faisant penser à une crise de rhumatisme articulaire aigu.
Une fois la maladie déclanchée les signes de la période d'état se complètent plus ou moins rapidement et c’est ainsi qu'après les manifestations bucco-pharyngées et hémorragiques, s’installe progressivement une hypertrophie ganglionnaire modérée à tendance extensive, que la rate et le foie augmentent de volume, que la fièvre — si elle n'existait pas — s'allume et que l'état général s’altère.
L’affection poursuit sa marche inexorable, accélérée par l'apparition de temps à autre de véritables poussées aiguës et c’est habituellement au cours d’une d'elles que le malade épuisé meurt, le plus souvent dans le collapsus et coma, à moins qu’une complication brutale, hémorragie abondante, hémorragie cérébrale, infection surajoutée ou syncope ne vienne hâter l'échéance toujours fatale.
La durée de la maladie est assez variable et à côté des formes dont l’évolution ne dépasse pas 2 À 3 semaines il y a d’autres où elle s’échelonne sur plusieurs mois et même des années. Le traitement radiothérapique modifie d’ailleurs beaucoup cette évolution et amène des périodes d'amélioration parfois de
SN PR durée remarquable, mais malheureusement comme dans tous les états leucémiques, ces améliorations sont transitoires et l’action des rayons X devient inopérante.
Suivant qu'on considère la rapidité d'évolution, la prédominance de tel ou tel symptôme, ou les caractères de la formule hématologique, on peut décrire dans les leucémies à monocytes 3 groupes de formes cliniques :
a) Les formes évolutives.
b) Les formes symptomatiques.
c) Les formes hématologiques.
a) Les formes évolutives. — On en distingue des formes aiguës et des formes chroniques, tous les intermédiaires étant possibles.
1° Les formes aiguës semblent les plus fréquentes si on considère comme aiguës celles où l’évolution peut aller jusqu’à 3 mois. Sur 28 observations que nous publions : 15 en effet ont évolué vers la mort en moins de 3 mois ;
20 Les formes chroniques sont un peu moins fréquentes, durant de quelques mois à un an ou plus, même dans certains cas(Schwirtschewskaya)8ans. Leur
évolution est souvent entrecoupée de poussées aiguës.
b) Les formes symptomatiques. — Suivant l’existence
d'un symptôme qui apparaît longtemps avant les
autres, qui reste plus ou moins isolé, ou qui constitue la note dominante du tableau clinique, on peut dis-
tinguer :
1° une forme angineuse,
20 une forme pseudoscorbutique, 3° une forme hémorragique.
4 une forme anémique,
5° une forme septicémique,
6° une forme pseudorhumatismale, 79 une forme splénomégalique,
8° une forme ganglionnaire.
Mais, assez souvent, ces formes se complètent progressivement, pour aboutir finalement aux formes typiques qui ne sont pas rares, au moins à la période
terminale de l’aftection.
c) Les formes hématologiques décrites d’après les caractères de la formule sanguine nous semblent les plus importantes, car grâce à elles se dessinent les limites du cadre nosologique des leucémies à monocytes et se fixe mieux la séparation d'avec tous les autres types de leucémies.
Nous réservons leur discussion après l'étude de l’hématologie et nous donnons ici seulement leur division telle qu’elle nous semble correspondre au stade actuel des connaissances sur la maladie. C’est ainsi
qu’on peut décrire :
LAINE Vy