COMTE
anémiques et fébriles. Mais déjà l'aspect clinique des malades avec leurs énormes hypertrophies ganglionnaires, les divers troubles témoignant d’une compression médiastinale, intra-abdominale, le prurit, etc. font écarter le diagnostic de leucémies à monocytes et d’ailleurs l'examen du sang montre qu'il s’agit de leucocytoses moyennes, 15 à 25.000 globules par mmc., avec polynucléose et parfois augmentation de la proportion des éosinophiles (5 à 10 °/).
Toutefois, on observe dans quelques cas des réactions gigantocellulaires et des poussées monocytaires témoignant de l'existence d’une certaine similitude entre les réactions réticulo-endothéliales des leucémies à monocytes et celles qu’on observe dans quelques cas de Ilymphogranulomatose. Enfin, si un doute sur le diagnostic persiste, la biopsie d’un ganglion avec sa réaction scléreuse, son infiltration leucocytaire polymorphe et la présence de cellules gigantesques à noyaux multiples décrites par Sternberg, le fait disparaître.
c) La leucémie myéloïde, c’est certainement le diagnostic le plus difficile à faire cliniquement car en effet les analogies sont fréquentes et surtout dans les 2 affections la rate et le foie sont hypertrophiés et s’accompagnent d’une petite hypertrophie ganglionnaire. Mais dans la leucémie à monocytes la coexistence d’adénopathies est beaucoup plus fréquente, la rate est moins volumineuse, l’état général est plus atteint, la fièvre plus habituelle et surtout les hémor-
ragies beaucoup plus fréquentes. Enfin, la tendance
RAD OS aux poussées aiguës avec transformation d’un état chronique en état aigu est presque la règle à tel point que lorsque chez un leucémique on assiste à un processus évolutif qui ne relève pas d’une infection intercurrente on est en droit de songer à la leucémie à monocytes. Le vrai moyen de diagnostic reste l’étude du sang qui dans les leucémies myéloïdes montre une leucocytose énorme, les chiffres de 300.000 à 500.000 globules blancs par mmc. sont en effet habituels et ceux au-dessous de 50.000 constituent l'exception. L'élément prédominant est le granulocyte qu'on trouve à tous les stades d'évolution du myéloblasté
au polynucléaire en passant par le promyélocyte et
myélocyte. Les chiffres des globules rouges oscillent
autour de 3.000.000 et les signes de régénération des globules rouges existent, bien que moins accentués que dans les leucémies à monocytes.
Mais la limite entre ces 2 leucémies n’est pas tranchée et nous avons vu qu'il existe des formes mixtes : leucémies myéloïdomonocytiques, des formes à poussées myéloïdes au cours de l’évolution des leucémies à monocytes ou inversement. C’est à propos de ces coexistences que l’on discute encore sur : les rapports entre les monocÿtes et les myélocytes, entre leurs tissus d’origine et aussi entre leur cause.