PRONOSTIC ET TRAITEMENT
La leucémie à monocytes nous apparaît comme une maladie ayant une évolution fatale et dans son ensemble cette évolution est plus grave et plus rapide que celle des autres leucémies.
Bien des traitements ont été tentés pour la combattre, mais comme d’ailleurs dans toutes les autres Jeucémies un seul s’est montré particulièrement efficace, non pas pour guérir la maladie, mais pour faire bénéficier les malades d’une prolongation de vie parfois de plusieurs années, c’est la radiothérapie.
Elle doit être mise en œuvre dès le diagnostic posé et alors on voit des rates d’un volume considérable régresser progressivement, jusqu’à retrouver les dimensions normales, pendant que l’état général se relève, que le malade reprend du poids et des forces.
Mais la surveillance hématologique du traitement doit être scrupuleusement répétée à la suite de chaque séance, car la chute des globules blancs s’opère parfois avec une rapidité surprenante et il est bon d’espacer les séances dès que l’on atteint le chiffre de
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8.000 globules blancs par mmc. et de les supprimer à 5.000. On a noté une légère éosinophilie (5 à 10 %) durant les rémissions (Marchal).
Parallèlement on doit lutter contre l’anémie et il semble qu'actuellement on tient dans la méthode de Whipple associée aux extraits de muqueuse gastrique une arme puissante.
Malheureusement avec le temps la radiothérapie devient inopérante et au cours d’une poussée aiguë
ces malades meurent.
ÉTIOLOGIE QUELQUES CONSIDÉRATIONS
La leucémie à monocytes est une affection relativement rare si l’on en juge par le nombre des cas publiés ; cependant il est encore difficile de se rendre compte d'une manière exacte de sa fréquence, car beaucoup de cas sont encore étiquetés leucémie myéloide ou lymphoïde et même certainement un grand nombre sont classées comme maladies infectieuses, de nature mal déterminée.
Une statistique exacte demande des recherches hématologiques aussi précises que possible et un discernement minutieux dans l'interprétation des images. Et s'il faut un argument pour cette hypothèse, le meilleur serait celui fourni par le fait que chaque année les cas publiés vont en augmentant, ce qui prouve non pas que la maladie est plus fréquente, mais simplement qu’elle commence à être mieux connue et plus judicieusement étudiée.
Des renseignements fournis par les observations publiées dans les divers pays, il ne semble pas que dans la leucémie à monocytes il y ait une prédisposi-
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tion suivant la race et le pays. Le sexe masculin est nettement plus atteint ; sur 28 observations, dans 21 cas le sujet était un homme et seulement dans 7 cas il s'agissait d’une femme. L’affection semble plus fréquente entre 20 ét 40 ans; sur nos 28 cas, il s'agit seulement 2 fois d'enfants et 4 fois de sujets ayant dépassé 45 ans. Il ne sémble pas non plus que les saisons aient une influence et on observe des cas à toutes les périodes de l’année.
Elle se développe souvent chez des gens dont les antécédents lointains sont peu chargés, survenant même chez des individus vigoureux et présentant l'apparence d’une bonne santé habituelle. Maïs les cas ne sont pas rares où l’on trouve dans les antécédents immédiats une affection aiguë et surtout une affection buccale.
Quant à sa nature exacte nous l'ignorons. Tout a été dit sur la nature des leucémies mais aucune des théories émises, aucune des recherches expérimentales mises en œuvre ne sont arrivées à des résultats concluants; c’est dire qu’encore aujourd'hui les avis sont partagés et il nous suflit de citer les conclusions de Jolly pour rappeler la complexité du problème : « Les leucémies confinent d’une part aux {ymphadénies, aux processus malins, aux sarcomes lymphoïdes : d'autre part par leurs formes aiguës elles donnent la main aux processus infectieux ou parasitaires : leur pathogénie infectieuse est fort peu précise, leurs accointances avec les affections malignes sont discutables et fort mal étudiées ».
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