‹ Contribution à l'étude des leucémies à monocytesChapitre 37 sur 60 · AUTRE · texte numérisé non relu

AUTRE

La leucémie à monocytes pose les mêmes problèmes que toutes les autres leucémies mais il existe certains faits qui — au moins à propos de cette leucémie spéciale — apportent de nouveaux arguments en faveur d'une origine infectieuse.

Nous allons voir quels sont ces faits, les discussions auxquelles ils ont donné lieu et les conclusions qu’on

peut en tirer.

1° La leucémie à monocytes évolue comme une septicémie et — pour employer l'expression de Gilbert et P.-E. Weiïll — elle sent à plein nez l'infection; la fièvre élevée, l'atteinte extrême de l'état général, le syndrome hémorragique et même l'hypertrophie ganglionnaire et la splénomégalie, sont autant de signes

justifiant cette opinion;

2° Beaucoup d’autres affections infectieuses et certaines parasitaires, les oreillons, le paludisme, le Kala-azar, la variole, le typhus exanthématique, la fièvre récurrente, la dysenterie amibienne, etc. s’accompagnent de monocytose et dans certaines, comme au cours de l’endocardite maligne, le chiffre des leucocytes peut être considérable, 20 à 40.000 par mmc., la rate est augmentée de volume et les examens histologiques montrent une prolifération endothéliale et réticulaire parfois considérable témoignant de la sensibilité du tissu histiomonocytaire aux infections.

Peut-on faire un rapport quelconque entre ces monocytoses infectieuses et les leucémies à monocytes ?

Certains auteurs pensent que oui; les leucémies à

Leon

monocytes représentent pour eux une réaction exagérée d’un tissu réticulo-endothélial — peut-être prédisposé — aux infections banales ou spécifiques. Mais si en effet le tissu réticulo-endothélial subit des modifications anatomiques sensiblement correspondantes à celles que l’on découvre dans les cas d’infections graves, la preuve — existence d’un germe qu'on obtient par culture des tissus atteints, ou du sang, ou par

inoculation — n'a jamais été obtenue;

30 Les angines et stomatites sont quasi la règle et le plus souvent très précoces. Comment expliquer leur fréquence et quelle est leur signification ?

Pour certains auteurs elles ne constituent qu’une coïncidence dont la fréquence s'explique facilement. La leucémie est une infection qui anéantit les moyens de défense de l’organisme, il n’est pas surprenant que les germes nombreux qui se trouvent dans la bouche aboutissent à créer ces lésions.

Pour d’autres cette précocité, cette fréquence et les caractères toujours les mêmes, ne peuvent pas être qu’un seul hasard. Les angines seraient la porte d’entrée, le chancre d’inoculation de la maladie. Et en allant plus loin encore ils cherchent le germe.

Certains auteurs et entre autres Dias, Fontanna constatant l’habituelle présence des spirilles se demandent s'ils ne font pas la liaison entre l’angine et la monocytémie et à ce propos ils rappellent l’observation (Sicard, 1918) d’un malade qui paraissait atteint de spi-

rochétose ictéro-hémorragique et chez lequel l’autop-

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