‹ Contribution à l'Étude des levures pathogènes: Une nouvelle levure du genre Saccharomyces Meyen Saccharomyces laryngitidis n. spChapitre 17 sur 48 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

PROCÉDÉS DE LABORATOIRE POUR DÉCELER LES LEVURES ET CONSTATER LEUR POUVOIR PATHOGÈNE.

Le diagnostic de la Blastomycose ne peut être effectué que par des recherches de laboratoire. Voici les procédés les plus communément employés pour déceler le parasite incriminé.

1° EXAMEN DES FRAGMENTS OU RACLAGE DES RÉGIONS CUTA- NÉES. — Dans ce cas on emploie la potasse caustique à 40 p. 100, on place les fragments sur un porte objet dans une goutte de solution potassique, on la recouvre d’une lamelle et on chauffe avec précaution jusqu’au voisinage de l’ébullition puis on examine. Les levures se reconnaissent assez facilement grâce à leur volume, leur réfrigence, leur double contour. On se trouve également bien d’une coloration effectuée avec le bleu lactique ou en employant le colorant triple de Guéguen à la place de la solution potassique.

2° EXAMEN D'UNE BIOPSIE. — Cette biopsie peut consister en un fragment d’une lésion cutanée, le plus souvent d’un nodule sous-cutané. Dans ce cas, il faut fixer, faire des coupes à la paraffine et colorer ces dernières. Le fixateur ne semble pas avoir une grande importance. On peut utiliser l’alcool à 70°, le formol à 40 p. 100, le formol picrique.

La coloration à l’hémalun est bonne, mais pour avoir une différenciation bien nette, il faut compléter par la coloration à l’éosine. Les méthodes de Dominicr (éosine-orange, bleu de toluidine), de PRENANT (hématine, eau, éosine-orange, alcool, vert lumière, alcool, xylol), de GRAM donnent de très belles préparations.

3° EXAMEN DU PUS ET DES CRACHATS. — C’est le pus qu’on peut avoir le plus facilement à examiner, pus provenant des bronches, du poumon, d’un abcès, etc... On peut alors exami-

/ ner dans une solution faible de potasse. Le mieux est de fixer et de colorer par l’hémalun ou l’hémalun-éosine. Pour les crachats, on se servira de la méthode de GRAM, et du colorant hématéino-éosine.

4° EXAMEN DU PRODUIT DES CULTURES. — Colorer par le bleu lactique et le colorant triple de Guéguen.

En effet ces derniers colorants sont les meilleurs pour déceler les champignons inférieurs.

Préparation du bleu lactique.

Ce réactif, de conservation indéfinie, s'obtient en dissolvant au mortier dans l'acide lactique pur environ 1 millième de bleu coton CB Poirier ; on filtre après 24 heures. On doit examiner mmicroscopiquement soit à froid, soit après avoir chauffé légèrement (coloration instantanée). Le bleu lactique est d’un emploi absolument général ; il peut servir à examiner tous les champignons frais, secs ou conservés dans l’alcool et beaucoup d’autres organismes de nature végétale et même animale.

Colorant triple de Gueguen.

On se sert communément comme réactif des graisses, du Sudan III (Cérasinroth). Il s’agit d’une poudre insoluble dans l’eau. Pour colorer les globules gras des champignons, GUÉ- GUEN a obtenu de bons résultats avec ce produit en solution dans l’acide lactique.

Voici comment se prépare ce sudan lactique.

Le colorant, préalablement réduit en poudre fine, est broyé au mortier avec 1000 fois son poids d’acide lactique pur, ajouté peu à peu. Le mélange versé dans un petit mortier, est chauffé doucement jusqu’à dissolution complète et obtention d’un liquide limpide rouge cerise qu’on filtre après complet refroidissement et que l’on conserve en flacons bien bouchés. En dissolvant à froid au mortier dans le sudan lactique 1/1000 de son poids de bleu C;B Poirier et en ajoutant au mélange préalablement filtré une ou deux gouttes de teinture d’iode par cm*, on obtient un liquide violet foncé, colorant triple qui peut servir à localiser simultanément les corps gras, les matières amylacées et certaines inclusions protoplasmiques. Pour colorer un champignon filamenteux par le colorant triple, il suffit, après fixation, de faire tomber sur la lame por- {ant le champignon une ou deux gouttes de colorant, de chauf-

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