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lieu qui réalise les conditions les plus favorables pour le développement de ce champignon ; il est utilisé aussi pour la culture d’un grand nombre de moisissures. Il n’en est pas de inême pour beaucoup de levures qui s’y acclimatent mal et souvent même pas du tout. Notons cependant que le liquide RAULIN est très favorable à la végétation de certaines espèces spéciales de levures.
Examinons maintenant quels sont les meilleurs milieux pour cultiver ces organismes.
Les levures se cultivent très facilement aussi sur les décoctions de graines ou d’embryons d'orge (moût de bière, eau de malt, eau de touraillons), ainsi que sur les décoctions de fruits (moût de raisin, jus de pruneaux), de tubercules (carotte, pomme de terre, navet).
Dans bien des cas le moût de bière constitue l’aliment de prédilection des levures. C’est certainement le milieu le plus utilisé pour leur culture. On peut se le procurer chez les brasseurs ou encore l’obtenir au laboratoire. Pour le préparer, on procède de la manière suivante : on délaye 200 g. de malt moulu (c’est-à-dire d'orge germée que l’on a préalablement broyée) dans un litre d’eau froide, puis on porte doucement à la température de 69°. On maintient cette température pen- : dant 3/4 d'heure en agitant, puis on ajoute 4 g. de houblon. On fait bouillir une heure environ ; on filtre et on dose le maliose avec la liqueur de FEHLING. On étend ensuite le liquide avec la quantité d’eau suffisante pour ramener le litre de maltose à 3 p. 100. Le moût est enfin filtré et stérilisé à 115° pendant 20 minutes.
L'eau de malt se prépare en délayant 100 g. d'orge germée (ou malt), préalablement broyée dans un litre d’eau. On chauffe pendant 1 heure à 55-58° en ne dépassant jamais cette température, afin que l’amylase ne soit pas détruite, finalement on fait bouillir pendant 5 minutes, on filtre et on stérilise.
L'eau de touraillons s'obtient en mélangeant dans un litre d’eau 100 g. de touraillons (embryons desséchés d’orge en voie de germination), débarrassés par un lavage à l’eau de leur farine. On ajoute un peu de malt broyé pour dissoudre les dernières parties d’amidon, on chauffe à 55-58° 1/2 heure, on porte à l’ébullition pendant 5 minutes, on filtre et on stérilise.
Le moût de raisin est facile à préparer : on exprime des grains de raisins dans une certaine quantité d’eau, on porte à
l’ébullition le jus ainsi obtenu, puis on le filtre et on le stérilise en chauffant pendant 20 minutes à 150°.
Les décoctions de fruits et de tubercules peuvent être préparées de manière analogue.
Un autre milieu qui est très employé également est ce qu’on appelle l’eau de levure que l’on obtient en faisant bouillir en agitant pendant 5 minutes 100 g. de levure fraîche dans 1 litre d’eau distillée. On filtre ensuite et on stérilise. L’eau de levure est constituée de sels ammoniacaux, de peptone et d’asparagine qui sont de très bons aliments pour les levures. Mais ce liquide par lui-même est le plus souvent insuffisant, aussi pour obtenir un développement plus abondant de levures, il est nécessaire d’y ajouter un sucre.
Les décoctions de viande et les bouillons de peptone sont très souvent utilisés ; ils conviennent spécialement pour la culture des levures pathogènes, La levure que nous avons isolée et dont nous allons faire l’étude se comporte fort bien sur ces milieux.
Les levures s’accommodent très bien également des milieux solides, dont on se sert beaucoup, parce qu’elles s’y développent souvent sous des aspects macroscopiques caractéristiques pour chaque espèce, et utilisés dans leur détermination. Les tranches de pomme de terre, de betterave, et surtout de carotte, de même que les fruits stérilisés (cerises, raisin), placés dans des tubes de Roux ou dans des boîtes de PETRI sont d’excellents milieux de culture pour les levures. Enfin le moût de bière (ou de raisin) est surtout employé comme milieu solide. Il suffit pour cela de le mélanger à 8 p. 100 de gélatine ou de gélose.