MÉTHODES POUR OBTENIR LA SPORULATION
L'étude de la sporulation des levures nécessite une technique spéciale et assez compliquée sur laquelle nous devrons insister.
Conditions essentielles : pour qu’une levure sporule il faut que ses cellules soient jeunes et bien nourries ; il est nécessaire qu’elles aient accumulé dans le protoplasme des réserves suffisantes pour assurer la formation des ascospores. Il faut donc commencer par cultiver la levure que l’on veut faire sporuler, pendant environ 48 heures, dans un milieu nutritif que l’on renouvelle deux ou trois fois. Pour cela, on emploie avec succès le moût de bière.
CRE DIEES
La levure rajeunie, le meilleur moyen pour l’amener à sporujer est de la soumettre à l’inanition. De cette façon, la levure se trouvant dans l'impossibilité de se multiplier par bourgeonnement formera dans ses cellules des ascospores. Nous allons maintenant signaler les différentes méthodes pour arriver à ce résultat, Le procédé le plus commode et aussi le plus sûr a été indiqué par ENGEL et perfectionné ensuite par HANSEN ; il consiste à déposer sur un bloc de plâtre la levure rajeunie par un séjour de quelque temps dans le moût, On peut se procurer le bloc de plâtre dans le commerce ou encore le fabriquer soimême. Pour cela il est nécessaire de mélanger deux volumes de plâtre en poudre avec 3/4 de volume d’eau. On pétrit le mélange ainsi obtenu et on lui donne une forme eylindrique, à l’aide d’un moule. Il est nécessaire que le bloc présente une surface lisse. On pourrait aussi employer à la place du bloc de plâtre, un bloc d’argile cuite ou encore de la porcelaine poreuse.
Quelles sont maintenant les conditions nécessaires pour assurer la sporulation ? Trois facteurs sont indispensables le libre accès de l’air, une température favorable et un certain degré d'humidité. Pour mener à bien cette opération, on dispose le bloc de plâtre dans un cristallisoir dans lequel on verse une certaine quantité d’eau distillée. Celle-ci doit former au fond du cristallisoir une couche suffisamment épaisse pour atteindre environ la moitié de la hauteur du bloc de plâtre ; mais ii faut éviter que l’eau pénètre jusqu’à l’extrémité du bloc, de manière que les levures que l’on dépose sur la surface plane ne soient jamais recouvertes d’eau. Le bloc de plâtre doit simplement s’imbiber d’eau ; ainsi la levure trouvera les conditions d'humidité qui lui sont nécessaires pour assurer la formation de ses ascospores.
Le cristallisoir est fermé à l’aide d’un couvercle non rôdé afin que l’air pénètre librement dans le cristallisoir. L'appareil ainsi préparé est stérilisé à lPautoclave à 115° pendant 1/2 heure.
Les levures rajeunies sont ensuite recueillies et déposées sur ie bloc de plâtre. L'opération est un peu délicate. Si le moût dans lequel elles se trouvent est liquide, on le filtre ; on râcle ensuite à l’aide d’un scalpel ou d’un fil de platine flambé la levure qui reste déposée sur le filtre et on la place sur Ia surface du bloc de plâtre. Si le moût est gélatiné, il suffit de râcler avec un scalpel une portion de la culture et de la disposer sur
ie bloc, On ferme ensuite le cristallisoir à l’aide de son couvercle et on place l’appareil à l’étuve entre 25 ou 30° suivant le cas. Nous avons pu voir au cours de nos études sur plusieurs levures isolées par nous que chaque espèce de levure a une température optimum de sporulation qui généralement se trouve située aux environs de 25 à 30°. Au bout d’une trentaine d’heures la plupart des cellules ont généralement sporulé.
Pour la levure que nous avons isolée des exsudats pharyngés et des expectorations la température optimum de sporulation se trouvait aux environs de 25 à 28°.
Il est nécessaire d’éviter Pinfection du cristallisoir par les bactéries ; c’est pourquoi HANSEN a proposé récemment de remplacer le cristallisoir par l’emploi d’un dispositif spécial qui a reçu le nom de flacon de HANSEN. C’est un flacon cylindrique dont le col est fermé par un capuchon rôdé à l’émeri et surmonté d’un tube que l’on bouche par un tampon de coton qui permet l’aération. Un tube latéral inséré sur un côté du flacon est fermé par un tampon d'amiante. On introduit dans l’iritérieur du flacon en ouvrant le capuchon, une couche de plâtre en bouillie sur laquelle on scelle un bloc cylindrique de plâtre. On stérilise ensuite le flacon dans un autoclave à 115°.
L'opération terminée on ouvre le capuchon, et à l’aide d’un fil de platine on introduit rapidement un fragment de la levure aüe l’on veut étudier. On referme le capuchon et on introduit ensuite de l’eau stérilisée dans le fond du flacon, au moyen du tube latéral. Nous avons obtenu de très bons résultats en employant le flacon de HANSEN. Notons en passant que parfois certaines bactéries aident à la formation des ascospores ; c’est ainsi que À. SARTORY a pu obtenir des ascospores dans le genre WIiLLia par la symbiose d’une bactérie avec une levure.
Mademoiselle GORODKOWA [90] a indiqué un procédé qui a l'avantage d’être beaucoup moins compliqué que la méthode d'ENGEL-HANSEN et semble donner dans beaucoup de cas d'aussi bons résultats, Il consiste simplement à ensemencer des levures jeunes et actives dans le mélange gélosé suivant
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La levure se développe assez rapidement pendant les premieres heures qui succèdent à l’ensemencement, mais la très fai-