‹ Contribution à l'Étude des levures pathogènes: Une nouvelle levure du genre Saccharomyces Meyen Saccharomyces laryngitidis n. spChapitre 4 sur 48 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Mycoses buccales et pulmonaires [1].

L'action pathogène des levures observée chez les animaux et surtout chez l’homme se manifeste de bien des façons. Nous ne nous occuperons ici que des mycoses buccales et pulmonaires.

En 1853, RoBIN [2] désigne sous le nom d’Oidium albicans le microphyte qui forme sur la muqueuse des premières régions du tube digestif des plaques blanchâtres ou jaunâtres, désignées vulgairement sous le nom de muguet.

Mais la première relation bien observée de levure pathogène chez l’homme a été faite en 1893 par ACHALME et TROISIER [3] dans un cas d’angine rappelant cliniquement le muguet. Un enduit blanchâtre recouvrait le pharynx, les amygdales, les piliers du voile du palais, la luette, la face interne des joues. Examiné au microscope cet enduit révélait la présence d’une levure qui fut étudiée et décrite très soigneusement par les auteurs. Elle a été dénommée Saccharomyces anginaäe par VUILLEMIN en 1901.

Le premier cas américain de Blastomycose généralisé fut observé par WALKER et MONTGOMERY [4], maïs sa véritabel nature ne fut reconnue que à ans plus tard par l’exainen histologique des pièces.

En 1895 MarFrucci et SIRLEO [5] observent une levure qu’ils nomment Cryptococcus niger chez un cobaye qui avait succombé au marasme après avoir été inoculé sous la peau au moyen d’un embryon provenant d’une mère tuberculeuse. Elle était pathogène pour des cobayes neufs.

En 1895 RoxcaLr [6] remarque dans un adenocarcinome de l’ovaire, dans un épithélioma de la langue, dans un ganglion de l’aisselle chez une femme atteinte d’un sarcome du sein, et dans un adenocarcinome du colon transverse, une levure qu’il nomme Blastomyces vitrosinile, RONCALI (1896) — Cryptococcus degenerans (VUILLEMIN).

Toujours la même année, FERNI et ARNCH [7], TOKISHIGE [81 en 1896 décrivent le « Farcin d'Amérique » et le « Farcin du Japon », maladies endémiques des chevaux et des mulets au Japon et en Afrique, dues également à des levures du genre Cryptococcus. Dès lors, le rôle pathogène de ces organismes devient de plus en plus manifeste chez l’homme et chez les animaux.

En 1896 BrazzoLAa [9] décrit également une levure pathogène pour les animaux trouvée dans les fausses membranes d’un enfant mort de diphtérie grave. On n’obtint pas de bacilles diphtériques, mais une culture pure d’un Saccharomycète qui avait la plus grande analogie avec celui décrit par BUSSE,

Par inoculation à des animaux, BRAZZOLA provoqua une maladie qui ressemblait complètement à celle observée chez l’homme et qui consistait en une inflammation, une nécrose et une intoxication générale.

SIMONI [10] en 1897, dans 20 cas d’hypertrophie des amygdales pensa pouvoir démontrer la présence de levures. Il ne trouva pas de Blastomycètes dans les amyÿgdales normales.

Dans les années 1896 et 1897 GoTTi et BRAZZOLA [11] décrivent un Blastomycète spécial qu’ils ont rencontré dans le produit du jetage chez une jument soupconnée d’être atteinte de morve. À l’autopsie, on constate chez la jument une tumeur de nature myxo-sarcomateuse, siégeant dans la partie supérieure de la fosse nasale gauche.

Signalons en passant les travaux de SAN FELICE, RONCALI, KAHANE, Rossi-DORIA, BINAGHI, AIVEOLI, D’ANNA, CORSELLI et FRisco, MAFFUCCI et SIRLEO, PLIMMER, sur la théorie blastomycétienne du cancer, battue en brèche par BORREL [12] en

En 1898, SAN FELICE [13] observe dans le poumon d’un pore renfermant de nombreux nodules de dimensions variables, une levure, le Cryptococcus granulomatogenes, syn. Saccharomyces granulomatogenes, SAN FELICE 1898, pathogène pour le porc, non pathogène pour la poule, le rat blanc, le cobaye et le lapin.

En 1899 S. ARTHAULT [14] décrit une levure, qu’il aurait rencontrée dans une caverne pulmonaire. Cette levure pousse très bien sur les milieux solides usuels : carotte, pomme de terre, navet, etc. en donnant des cultures humides, épaisses, de coloration vermillon. Elle est constituée par des éléments

ovalaires de 8 à 12 u de long se reproduisant par bourgeonnement. Cet organisme a été dénommé par ARTHAULT Cryptococcus cavicola.

En 1900 VuizLEmiN et LEGRAIN [15] décrivent la même année un Saccharomyces nouveau, Saccharomyces granulatus, qui existait à l’état de pureté dans le contenu séro-sanguinolant de tumeurs apparues dans la région du maxillaire inférieur chez un homme.

En 1901 LucET [16] observe dans un cas de langue noire une levure qu’il nomme Cryptococcus linguae pilosae.

GiLCHRIST [17] signale une blastomycose généralisée qui débute par une sorte de furoncle sur l’abdomen. Le malade guérit en 6 semaines par l’iodure de potassium. Des cultures pures de Blastomycètes (avec croissance mycélienne et hyphes aériennes) furent obtenues et un abcès non rompu du dos et des lésions du sein et de l’aisselle droite. Les cultures du sang furent négatives. Dans les coupes, l’organisme mesurait environ 1 w de diamètre. Un chien, à la suite d’injection intraveineuse de pus d’un abcès non ulcéré présenta des nodules tuberculoïdes caractéristiques dans le poumon.

Toujours en 1902 OrRmsBY [18] signale chez un homme de 38 ans fermier dans l’Indiana, une blastomycose généralisée qui débuta par une amygdalite suppurative ; à celle-ci succéda une pneumonie (toux, expectoration). On aperçut ensuite un gonflement douloureux du genou gauche, puis une autre tuméfaction en arrière, qui donna du pus. Le blastomycète fut décélé dans le pus et obtenu en culture pure.

Egalement en 1902 S. W. WALKkER et MONTGOMERY [19] isolent une levure chez un homme pour lequel on fit le diagnostic de tuberculose miliaire aiguë quelques jours avant la mort. A l’autopsie, les poumons, le foie, la rate, les reins furent trouvés farcis de nodules miliaires que l’on pensa être des tubercules. Ce n’est que plus tard que l’examen histologique des zones pulmonaires infiltrées montra la structure typique du nodule blastomycétique, avec un grand nombre de formes bourgeonnantes. La coupe des lésions cutanées montra une infiltration caractéristique de blastomycose cutanée avec cellules géantes, abcès miliaires, hyperplasie épithéliale, éléments bourgeonnants. On ne fit malheureusement pas de cultures. Quelques cobayes inoculés avec les tissus des lésions cutanées et, au moment de l’autopsie avec les tissus des organes profondément situés, n’eurent aucun accident tuberculeux.

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